Ce test a été réalisé à partir d’une version dématérialisée, fournie par l’éditeur, sur Nintendo Switch.

Fait noir là d’dans !

Avec un titre pareil inutile d’attendre de Dark Devotion qu’il vous parle de bonheur et de joie de vivre. Ici tout n’est que noirceur, corruption et lutte contre le mal. Il reste cependant un petit espoir pour renverser la situation et cet espoir c’est vous. Incarnant une demoiselle tout juste initiée à l’Ordre des Templiers votre devoir est de rétablir la lumière divine là où les ténèbres ont pris le dessus. Une tâche qui pourrait s’avérer bien compliquée puisque les forces du mal sont peu conciliantes avec l’idée de se retirer des lieux. Heureusement notre héroïne peut revenir d’entre les morts aussi souvent que cela l’enchante ce qui est, il faut bien l’avouer, plutôt fort pratique.

Voici donc le point de départ de Dark Devotion qui, tout inspiré de Dark Souls qu’il est, se permet une narration des plus obscures, laissant le joueur découvrir les tenants et les aboutissants en mettant bout à bout les quelques morceaux d’information qu’il trouvera ici ou là. Les petites phrases énigmatiques des PNJs et les notes sur un bout de papier qui traîne au fond d’un couloir, bien que bienvenues, ne seront malheureusement pas suffisantes pour bien comprendre cet univers torturé.

Il faut cependant reconnaître que malgré cet aspect un peu obscur, l’univers de Dark Devotion est particulièrement intriguant et offre une immersion de haute volée. Si son pixel-art (forcément) n’atteint pas la beauté et la finesse d’un Children of Morta, il offre au jeu un style particulièrement soigné traduisant parfaitement la noirceur de l’univers imaginé par Hibernian Workshop, le tout secondé par une bande son particulièrement réussie et parfaitement dans le ton. Artistiquement Dark Devotion est une vraie réussite et s’offre même le luxe d’une technique solide lui permettant de tourner sur notre petite Nintendo Switch sans le moindre accroc. Tout au plus on reprochera des contrôles pas toujours très intuitifs, dus à la petitesse des Joy Con. Assurément un jeu que l’on préférera faire avec un vrai PAD en main.

Crise de foi

L’univers en question se divise en plusieurs zones, de taille relativement conséquente, dans lesquelles on trouvera classiquement des sous-boss et des boss en toute fin de niveau. Le personnage se dirige dans toutes les directions mais est dans l’incapacité de sauter et chaque déplacement (hormis la marche évidemment) est soumis à une jauge d’endurance. Du classique qui poussera logiquement les joueurs à appréhender le coût en endurance de chaque arme et ainsi se montrer patients lors des affrontements. Surtout que la maniabilité se veut assez lourde dans l’ensemble et pourra rebuter plus d’un joueur. Après la vivacité d’un Dead Cell ou d’un Blasphemous, il est ici important de bien mesurer la lenteur de son personnage avant de se lancer dans le moindre affrontement.

Les combats contre les boss sont évidemment de grands moments, même si on pourra reprocher un certain manque de cohérence d’un boss à l’autre. Certains peuvent se battre du premier coup quand d‘autres demanderont une certaine maîtrise (et donc plusieurs essais) pour en venir à bout. Un détail cependant puisque les patterns sont parfaitement lisibles et ne demanderont qu’un peu d’apprentissage pour en venir à bout et ainsi récupérer la précieuse foi. Car dans Dark Devotion, toute l’évolution du personnage est basée sur la foi. Chaque ennemi vaincu, boss compris, permet d’en récupérer un peu et se dépense ensuite de différentes façons. La première utilisation se fait sur les autels de prières qui servent de feu de camp. Ils offrent soit des soins soit des consommables ou permettent encore de supprimer les maladies et autres malédictions contractées. Moins classique, la foi permet également d’ouvrir différents passages secrets.

Évidemment la jauge est, initialement, trop faible pour débloquer la majeure partie de ces passages et il faudra revenir une fois la quantité maximum de foi augmentée, par l’intermédiaire de runes. Un petit aspect Metroidvania qui n’est pas pour nous déplaire et qui poussera les joueurs à l’exploration. Avec l’endurance, la foi est d’ailleurs la seule caractéristique que les joueurs pourront améliorer, la santé et l’armure étant conditionnées par l’équipement que l’on porte et non pas par de quelconques points investis dans un arbre de compétence. On débute ainsi l’aventure avec deux points de vie et d’armure, chose que l’on pourra changer en ramassant du matériel de meilleure qualité, du moins tant que l’on restera en vie. Car à l’instar de Dead Cell, chaque mort vous ramènera au point de départ avec votre équipement de base.

Go back to the kitchen beginning

C’est là que Dark Devotion se fait un petit peu rogue-lite à proprement parler. Passer l’arme à gauche signifie pour notre héroïne revenir au point de départ sans rien, ou presque, comme équipement. Ou presque car en réalité lorsque l’on trouve une nouvelle arme dans un donjon il y a une probabilité pour que le plan de cette arme soit ajouté au catalogue du forgeron, permettant ainsi de la sélectionner comme équipement initial. Une idée intéressante qui permet de rendre les choses plus simples lorsque l’on se relance dans un énième run, même s’il faudra se montrer patient tant les plans ont tendance à se faire très rares. De cette rareté naîtra une évidente frustration puisque l’on passera une grande partie du temps à démarrer avec le strict minimum, obligeant à aborder chaque début de run encore et encore de la même manière.

Pour contre-balancer cette relative injustice le jeu permet d’obtenir des bonus permanents. Ainsi chaque boss, une fois vaincu, lâchera des orbes qui pourront être dépensées dans un arbre de talents passifs répartis en cinq catégories, chacune proposant cinq talents différents. Dark Devotion étant relativement pingre, il n’autorise l’utilisation que d’un et un seul talent par catégorie. Il faut donc choisir soigneusement ses bonus avant de se lancer dans un run et, surtout, essayer de choisir des compétences complémentaires qui pourront s’avérer bénéfiques sur le long terme. Notez enfin que le cinquième talent de chaque branche se veut particulièrement puissant mais que son déblocage est conditionné à la mort d’un boss en particulier.

Frustration my good old friend

Hibernian Workshop a donc volontairement fait de son jeu un véritable challenge. Il ne faut pas se voiler la face, on en chie littéralement pour avancer dans Dark Devotion, et la phase d’apprentissage pourra s’avérer douloureuse pour certains. Par la suite le jeu génère une vraie frustration qui vient surtout du fait que les runs sont parfois longs et n’offrent qu’une maigre récompense en retour. Les niveaux n’étant pas générés aléatoirement on affine sa connaissance du jeu (placement des monstres, emplacement des armes etc) au fur et à mesure que l’on avance mais se voir recommencer encore et encore les mêmes passages avec le même équipement basique relève parfois du pur masochisme.

C’est d’autant plus frustrant qu’il est impossible de faire demi-tour une fois lancé dans un niveau et que les différents raccourcis à débloquer ne sont pas toujours judicieusement placés. Même constat au niveau de la carte du jeu difficilement exploitable et qui rend les choses parfois inutilement compliquées. Des petits détails pas bien méchants au final mais qui donnent tout de même le sentiment que Hibernian Workshop a préféré punir volontairement les joueurs plutôt que de les aider à relever le challenge à l’aide d’outils bien équilibrés.

LE VERDICT
SM
6
Ludo
Rédacteur/Testeur/Râleur tendance sociopathe avec un sérieux penchant pour le troll méchant. A développé une sale dépendance à Rainbow Six Siege #CopperForEver

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