Test de Blasphemous (PC, PS4, Xbox One, Nintendo Switch)

Ce test a été réalisé à partir d’une version dématérialisée, fournie par l’éditeur, sur PC.

Make me suffer

Après nous avoir offert l’un des Point and Click les plus bizarres de ces dernières années, le studio espagnol revient avec un jeu d’action en 2D en hommage au Castlevania d’autrefois, porté par le folklore orthodoxe espagnol. On y incarne le Pénitent, un personnage dont le vœux de silence est symbolisé par ce casque pointu au visage figé (rappelant celui des flagellants de Séville), venu punir et purifier l’ordre religieux corrompu par ce que les habitants de la région de Cvstodia appellent le Miracle.

Blasphemous use d’une narration pas nécessairement simple à appréhender mais ne laisse malgré tout pas le joueur dans le flou comme pouvaient le faire les Souls de FromSoftware. En réalité le jeu de The Game Kitchen est relativement bavard et riche en informations, ce qui permet de bien comprendre la vision du studio de cette église catholique totalement torturée où la douleur et l’humiliation sont des passages obligés pour atteindre le salut. Il n’empêche que malgré cette volonté à vouloir accompagner le joueur et lui raconter une histoire passionnante, Blasphemous aura bel et bien tendance à le perdre parce que la richesse de son univers est tout simplement phénoménale.

C’est assurément sur cet aspect que Blasphemous s’est le plus inspiré des Souls, puisque dès lors que l’on sortira du sentier tout tracé on pourra découvrir une multitude de secrets passionnants qui nous écarteront encore plus du chemin initial. Bien évidemment ces secrets ne seront pas simples à résoudre et il ne faudra jamais oublier ces petits lieux particuliers trouvés ici ou là pour y revenir un peu plus tard une fois une nouvelle capacité ou relique récupérée.

Dark Hollow Knight Souls

L’univers de Blasphemous et sa très grande richesse sont indubitablement les deux piliers de la réussite du jeu de The Game Kitchen. C’est aussi probablement le seul point qui pourrait faire fuir ceux qui n’aiment pas se perdre sans savoir où aller. Car la carte du jeu est relativement impressionnante en taille et offre un grand nombre de zones à explorer. Pour limiter des allers-retours inévitables le studios a opté pour la technique des raccourcis à débloquer et d’un petit nombre de téléporteurs (cinq au total) pour se simplifier la tâche lorsqu’il s’agira de retourner dans un endroit déjà visité.

Dommage en revanche qu’il ne soit pas possible d’annoter la carte en question (qui fait étrangement penser à celle d’Hollow Knight dans sa structure) car avec l’énorme quantité de choses à découvrir il aurait été pratique de pouvoir noter les points de curiosité pour facilement y revenir plus tard. Il en résulte, parfois, une certaine frustration lorsque l’on passe une demi-heure, voire plus, pour retrouver un lieu précis sans arriver à se souvenir exactement de sa position. Notre conseil : une petite capture d’écran de la carte dès lors que vous tombez sur une de ces curiosités vous évitera des heures d’errance par la suite. Quoiqu’il en soit le level design est une vraie réussite avec tout ce qu’il faut de verticalité et de pièces secrètes en tout genre pour offrir un espace de jeu qui semble sans limite.

Chaque zone se différencie des autres par des particularités environnementales. On n’échappe ainsi pas au niveau rempli de poison, aux sous-sols boueux ou encore aux caves bourrées de pics mortels. Le bestiaire, lui aussi propre à chaque zone, est particulièrement maboule et totalement réussi. Le travail réalisé sur ces créatures est aussi intéressant qu’inquiétant et on a bien du mal à ne pas être admiratif face à l’imagination des petits gars de The Game Kitchen qui nous ont pondu des animations gores impressionnantes pour un jeu tout en pixel-art. Un vrai régal visuel.

Chapeau pointu et fouets en cuir

Pour le reste Blasphemous joue la carte du classique à tous les étages. En plus des mouvements de base, le personnage débloquera au fur et à mesure tout un tas d’attaques supplémentaires. Le plus important restant, une fois encore, la parade qui devra très vite être maitrisée pour éviter de se faire occire trop rapidement. Les joueurs pourront trouver des reliques pour acquérir de nouvelles compétences, faire évoluer Mea Culpa leur fidèle épée pour obtenir de nouvelles attaques ou encore débloquer de nouveaux pouvoirs et sortilèges.

Le travail réalisé sur ces créatures est aussi intéressant qu’inquiétant et on a bien du mal à ne pas être admiratif face à l’imagination des petits gars de The Game Kitchen

Tout ceci ce gérant avec des larmes d’expiation que le joueur collecte en tuant des monstres et en remplissant des quêtes. Elles permettront de faire des emplettes chez le marchand, d’améliorer les capacités de Mea Culpa et de remettre à zéro sa barre de ferveur. Cette dernière, située sous la barre de vie, permet de déclencher de puissants sortilèges pour se donner un peu d’air dans les situations un peu compliquées. Elle se remplit au fur et mesure que l’on distribue des pains à nos prochains et est divisée en plusieurs tronçons en fonction du sortilège choisi (un tronçon équivalent à une utilisation du sortilège en question).

La mort vous va si bien

Composante à part entière dans les Souls la mort n’est, dans Blasphemous, pas aussi pénalisante que ce que l’on pourrait penser. Tout au long du jeu on sent bien la volonté des développeurs à faire de leur jeu un vrai titre à l’ancienne qui ne laisse que peu (voire pas du tout) de place à l’improvisation et pousse (force ?) le joueur à connaitre par cœur les mouvements des ennemis. Pour autant, et même si elle arrivera très souvent, la mort du personnage n’est finalement pas très frustrante.

Chaque fois que le joueur périra il retournera au dernier autel de prière et verra sa barre de ferveur sera marquée comme impure et réduite d’une petite portion. On pourra bien évidemment récupérer cette portion en ramassant sa dépouille et ainsi repartir comme si de rien n’était. Là encore difficile de ne pas comparer avec les Dark Souls même si Blasphemous offre beaucoup plus de souplesse. Ainsi si le joueur vient à mourir avant d’avoir atteint sa dépouille, il se retrouvera alors avec deux dépouilles à aller chercher (et une barre de ferveur encore plus impure), la dernière mort se supprimant pas la dépouille précédente.

Et puis si jamais récupérer vos restes vous prend la tête vous pourrez toujours réinitialiser votre barre de ferveur en allant donner quelques larmes d’expiation à une statue et ainsi vous laver de votre culpabilité. Il faut également noter que tant que la barre de ferveur est en partie impure, le joueur collecte moins de larmes de ferveur sur les monstres. Une contrepartie sans trop de conséquence qui fait que finalement mourir dans Blasphemous n’implique principalement qu’une perte de temps.

Sans être totalement vicieux, Blasphemous n’est reste pas moins un jeu un peu plus corsé que la majorité des productions actuelles. On l’a déjà dit un peu plus haut, mais le jeu ne laisse vraiment pas la place à l’improvisation et on sent tout de même parfois le malin plaisir que les développeurs ont prendre à s’imaginer punir gratuitement les joueurs.

Certains boss ont des pattern totalement abusés (on vous déconseille de vous faire toucher par les éclairs du dernier boss), quelques passages sont impossibles à franchir la première fois sans se faire tuer et certaines hitbox sont juste complètement pétées. Des défauts qui auront surement raison de quelques manettes et claviers mais qui ne devraient pas vous empêcher de vous lancer dans l’aventure. Faute de quoi vous passeriez, vraiment, à côté d’un très grand jeu.

Mention HIT jeuxvideo24, les meilleurs jeux

LE VERDICT
Divin
8
Ludo
Rédacteur/Testeur/Râleur tendance sociopathe avec un sérieux penchant pour le troll méchant. A développé une sale dépendance à Rainbow Six Siege #CopperForEver

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