Ce test a été réalisé à partir d’une version dématérialisée, sur Nintendo Switch, fournie par l’éditeur.

1080 secondes

Avec sa superbe cinématique d’intro Black Future ’88 nous présente le monde dans un drôle d’état. L’humanité est au bord de l’extinction, il n’y a plus de jour et la seule monnaie d’échange qui subsiste est le temps. Du temps que nous, les joueurs, n’avons plus puisque notre personnage ne dispose que de dix huit minutes, et pas une de plus, avant de mourir. Le but est donc ici on ne peut plus simple : atteindre le haut de la tour de Duncan (le grand méchant de l’histoire) pour lui péter quelques dents et remettre les pendules à l’heure.

Vous l’aurez compris Black Future ’88 n’est qu’une course contre la montre à travers un ensemble de niveaux générés aléatoirement, qui vous forceront à affuter vos réflexes et abuser du dash pour éviter les nombreux projectiles balancés par vos ennemis. De temps en un temps un boss viendra évidemment vous compliquer la tâche, le tout offrant des affrontements très rythmés et qui ne laissent que très rarement le joueur reprendre son souffle. Cinq personnages sont disponibles ainsi qu’une cinquantaine d’armes et des maléfices (des bonus avec une malheureuse contrepartie systématique) permettant de varier d’un run à l’autre et ainsi tenter de motiver les joueurs à y retourner encore et encore.

Et ça continue encore et encore…

Après les premiers runs le constat semble sans appel. Ça va vite, très vite, le personnage répond parfaitement aux commandes et l’absence de dash en diagonale serait le seul point sur lequel on aurait des choses à redire. L’ambiance cyberpunk parfaitement réussie tout en pixel art soigné immerge le joueur de façon impressionnante et on se surprend assez vite à enchaîner les runs les uns après les autres, au doux rythme de la bande son signée Tremor Low. Un régal.

Ceci dit, on regrette un peu que la direction artistique, aussi soignée soit-elle, se veuille parfois un peu trop généreuse en effets visuels. Elle nuit malheureusement parfois à la lisibilité, même si on est loin de l’insurmontable. Seules les parties à deux en pâtissent vraiment (n’essayez même pas sur la console en mode portable) et vont même jusqu’à faire ramer la console à un niveau insupportable.

Niveau difficulté pas grand-chose redire. Les ennemis ne font pas de cadeau, les boss demandent de bons réflexes et pourtant la progression se fait en relative douceur. Relative car il faut tout de même reconnaître qu’à partir du quatrième monde les choses se corsent de manière importante et mettront à mal les joueurs les plus patients.

Un tour, pas plus !

Mais le véritable problème de Black Future ’88 c’est, aussi paradoxal que cela puisse paraître, sa durée de vie. Il ne faut en effet pas plus de quatre heures de jeu pour arriver à vaincre Duncan (ce qui représente pas mal de tentatives). Une fois le boss vaincu, on débloque alors une nouvelle difficulté et laisse entrevoir de nouveaux runs encore plus furieux. Malheureusement les développeurs ont eu la mauvaise idée de ne laisser que deux choix aux joueurs une fois arrivé à ce stade. Soit recommencer au début soit continuer le run en cours pour profiter de cette nouvelle difficulté (avec le compteur de temps en l’état) et de nouveaux maléfices. En aucun cas cette victoire ne fait office de sauvegarde, ce qui signifie qu’il faudra systématiquement tout recommencer pour accéder à nouveau au contenu end game.

Une aberration, tout simplement. Surtout que des choses plus intelligentes ont déjà été faites dans d’autres productions (Dead Cells pour ne citer que le meilleur). La redite devient alors très vite insupportable surtout que la génération aléatoire des pièces montre également très vite ses limites en nous ressortant un peu trop rapidement les mêmes pièces. Ennuyeux pour un jeu supposé nous donner envie d’y retourner encore et encore.

LE VERDICT
Shorty
5
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Rédacteur/Testeur/Râleur tendance sociopathe avec un sérieux penchant pour le troll méchant. A développé une sale dépendance à Rainbow Six Siege #CopperForEver

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