Test de Days Gone (PS4)

Ce test a été réalisé à partir d’une version dématérialisée, fournie par l’éditeur, sur PlayStation 4.

Days go by

La vie est rude dans le No Man’s Land, et ce même plus de 700 jours après le début de la pandémie ayant transformé une bonne partie de la population en mutants avides de chair humaine. Malgré tout, Deacon St John et son frère d’armes Boozer parviennent tant bien que mal à survivre, parcourant les routes dévastées de l’Oregon au volant de leurs fidèles motos. Mais tout va (évidemment) changer : alors qu’ils prévoyaient tous deux de partir vers le nord, des Rippers vont prendre à parti Boozer et le blesser, obligeant les deux amis à rester sur place un peu plus longtemps que prévu. L’occasion pour Deacon d’effectuer encore quelques missions de mercenaire, mais aussi d’en apprendre plus sur le NERO, organisme chargé à l’époque de mettre les survivants à l’abri (et qui a lamentablement échoué), et enfin de savoir ce qui est arrivé à sa femme, Sarah.

Dès le départ ou presque, on comprend que Days Gone a décidé d’opter pour une narration un peu particulière : au lieu de se concentrer sur un gros arc narratif, le titre de Bend Studio en propose en fait plusieurs qui ont tous plus ou moins un rapport les uns avec les autres. Au joueur de choisir comment il désire faire progresser tout ça en terminant les missions principales ou secondaires liées à ces histoires. Une bonne idée sur le papier, qui a malheureusement bien du mal à convaincre manette en mains. Le résultat se montre ainsi décousu et le rythme haché, et ce n’est pas la qualité de l’écriture qui va maintenir le bateau à flot. Aussi nombreuses soient-elles, toutes les histoires de Days Gone ont bien du mal à passionner (même si la chose s’arrange un peu sur la seconde moitié de l’aventure), la faute à une mise en scène faisant le strict minimum, des personnages clichés et peu intéressants, des incohérences ou encore des sujets graves trop peu creusés. Le mieux est l’ennemi du bien et ce titre en est le parfait exemple.

Gone with the wind

Pourtant, Days Gone fait tout ce qu’il peut pour lever la malédiction, mais en en faisant trop une fois de plus. Certains arcs auraient ainsi pu être intéressants, comme celui de Lisa ou des chercheurs du NERO, mais rien n’y fait. Et même si l’on essaye de suivre un arc narratif sans s’occuper des autres, afin de ne pas trop diluer l’histoire, les dialogues poussifs n’aident clairement pas à rentrer dedans. Sans parler des transitions entre cinématique et gameplay, qui replongent le joueur des années en arrière en imposant un fondu au noir et quelques secondes de temps de chargement. Une aberration de nos jours, tout comme le fait que certains dialogues se superposent au lieu d’attendre sagement leur tour, voire même soient totalement coupés lorsque l’on arrive à proximité d’une nouvelle mission. Il peut par exemple arriver qu’un PNJ se mette à discuter avec John au talkie-walkie alors que le joueur venait de lancer une bande audio trouvée dans un bâtiment, ce qui sans surprise se transforme en un brouhaha incompréhensible. Frustrant, surtout lorsque l’on veut en apprendre plus sur le background du titre.

Aussi nombreuses soient-elles, toutes les histoires de Days Gone ont bien du mal à passionner

Fort heureusement, le bébé de Bend Studio s’en sort mieux avec ses missions même si, là encore, on était en droit de s’attendre à plus original. Ce n’est pas que c’est mauvais, c’est juste que ça n’a absolument rien d’innovant. Les développeurs ont semble-t-il suivi le manuel du parfait petit open world sans jamais tenter quoi que ce soit d’inédit : John passe ainsi son temps à faire le ménage dans des camps ennemis, à détruire des nids de Freakers pour assainir une zone, à aller chercher tel objet ou telle personne à tel endroit ou encore à s’infiltrer quelque part pour espionner une conversation. Bref, des éléments vus et revus depuis des années dans ce genre de production mais qui fonctionnent malgré tout. Finalement, la seule véritable originalité reste l’utilisation de la moto pour se rendre d’un point A à un point B, ainsi que l’amélioration de cette dernière dans les camps. Moteur, peinture, réservoir (l’essence s’évaporant à une vitesse affolante), bruit, tout y passe ou presque et l’essentiel de l’argent amassé grâce aux primes passe dans la bécane du héros.

Freak show

Mais l’argent n’est pas suffisant pour pouvoir acheter des améliorations pour la moto ou des armes, il faut ainsi atteindre un certain niveau de confiance avec chaque camp de survivants. Pour ce faire, le joueur doit effectuer des missions, ramener de la viande ou encore des oreilles de mutants. Chaque action fera grimper la jauge de confiance dans le camp où elle est menée, débloquant petit à petit de plus en plus d’objets à acheter dans les boutiques. Les armes ne sont d’ailleurs pas non plus à négliger dans Days Gone, les ennemis devenant de plus en plus coriaces au fur et à mesure de la progression dans l’aventure, sans parler de certains boss sacs à PV ou des hordes qui nécessitent un arsenal assez conséquent. Outre les armes à feu (au ressenti d’ailleurs assez pauvre), John peut aussi envoyer des cocktails molotov ou se battre avec des armes de mêlée telle une hache ou une machette, mais ces dernières se brisent au bout d’une poignée d’utilisation si le joueur ne les répare pas avant.

Bien sûr, comme dans tout bon jeu du genre qui se respecte, John peut s’améliorer petit à petit. En gagnant de l’expérience, le joueur débloque ainsi des points de compétence à répartir comme bon lui semble, et il est aussi possible de dénicher dans certains endroits des seringues venant améliorer sa santé, son endurance ou encore sa concentration. De quoi se sentir de plus en plus puissant, même si l’I.A. reste tout du long globalement stupide. Que ce soient les Freakers (les mutants), les Rippers (les membres d’une secte) ou les Drifters (d’autres mercenaires), les ennemis de Days Gone sont tous assez stupides pour venir se jeter sous les balles de John les uns après les autres. Le point positif, c’est que les adversaires font parfois venir des mutants en tirant dans tous les sens : il ne reste plus qu’à les regarder s’entre tuer les uns les autres, puis finir les survivants et looter tout ce beau monde. Les hordes se montrent néanmoins plus délicates à affronter, procurant un véritable sentiment de stress. Combattre trois Freakers idiots, ça passe, mais plusieurs centaines à la fois, c’est une autre paire de manche.

Bad day

Une tension encore accrue par la météo dynamique et le cycle jour / nuit. En plein jour et sous le soleil, les mutants restent relativement sages. En revanche, ils deviennent bien plus nombreux et costauds la nuit ou lorsqu’il se met à pleuvoir ou neiger. Autant dire que l’on préférera s’occuper des missions délicates la journée, même si certaines imposent d’être résolues de nuit. Par contre, ce système n’influe hélas pas sur le bestiaire qui reste très limité, tous les mutants ou presque semblant sortir du même moule. On n’aurait par exemple pas dit non à une variété de mutant ne sortant que la nuit et se montrant encore plus coriace que les autres, ce qui aurait renforcé encore un peu plus le stress de tomber en panne sèche en pleine cambrousse. D’autant plus qu’il est impossible de garder un bidon d’essence dans son inventaire, obligeant alors à pousser sa moto vers la première station-service venue. Des stations-services qui, même deux ans après l’apocalypse, semblent d’ailleurs dotées de réservoirs infinis…

Les hordes se montrent néanmoins plus délicates à affronter, procurant un véritable sentiment de stress.

Visuellement, Days Gone se montre globalement plutôt joli. Le bébé de Bend Studio est très clairement à la hauteur des autres productions actuelles, avec des effets de lumière convaincants, une météo assez réaliste et une belle distance d’affichage. On ne peut en revanche pas en dire autant du côté technique, qui souffre de bien des soucis. Déjà patché à plusieurs reprises, le titre continue de souffrir de fréquentes chutes de framerate, voire de petits freezes, de bugs visuels et sonores ou encore de textures qui mettent du temps à s’afficher. Sans parler de certaines animations ou modélisations tout droit héritées d’un autre âge, même si elles ne concernent heureusement que les personnages secondaires. Les doublages français sont quant à eux corrects mais sans plus, donnant rapidement envie de basculer sur les voix anglaises.

LE VERDICT
Pouvait faire mieux
6
Shauni
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