Test de Curse of the Dead Gods (PC, PS4, Xbox One, Switch)

CONCLUSION

Seule la narration sépare l'excellence de Curse of the Dead Gods de la perfection de Hades. Beau, fun, corsé, le jeu de Passtech Games ne manque pas d'atouts, mais impressionne surtout par la pertinence de ses systèmes de progression. Tout trouve ici une justification et s'imbrique à merveille dans un ensemble d'une cohérence rare. Difficile de s'interdire un nouveau run une fois que le temple nous a happés. Dans le genre du rogue-lite, c'est bien là la plus grande des qualités !

Et un rogue-lite de plus, un ! Il devient difficile de s’enthousiasmer à chaque nouvelle annonce d’un énième jeu d’action en vue isométrique, adepte de l’aléatoire et de la logique “die and retry”. Surtout depuis que Hades est passé par là en terrassant à peu près toute forme de concurrence. Ça n’a pas empêché les frenchies de Passtech Games de livrer Curse of the Dead Gods, qui, après presque un an d’early access, nous prouve une bonne fois pour toutes que le miracle ne réside pas dans les sources d’inspiration, mais dans une bonne digestion !

Les couloirs du temple

Curse of the Dead Gods screenshot testQui dit nouveau rogue-lite, dit nouveau contexte. Après le western, la mythologie grecque ou encore l’espace, place à un temple maudit, peuplé des pires créatures que le monde ait pu engendrer. Le joueur incarne un aventurier droit dans ses bottes, c’est-à-dire avide de richesses, de trésors et autres artefacts qu’il est toujours aussi risqué de traquer, même 40 ans après la sortie du premier Indiana Jones. Pas de quoi effrayer notre personnage, qui dès l’entrée dans ledit temple se retrouve avec une main dans le coaltar et l’impossibilité de revenir sur ses pas. Une seule façon de sortir : aller de l’avant et explorer les lieux, essai après essai, pour espérer voir le bout du tunnel et en réchapper en un seul morceau.

Temple oblige, aztèque ou maya au vu des visuels, la structure est pyramidale. Les trois premiers niveaux donnent accès à trois nouveaux étages plus compliqués, et ainsi de suite jusqu’à un unique sommet encore plus ardu que les autres. Chaque étage est composé de différents boss, sachant que les niveaux supérieurs impliquent de repartir de zéro. Ainsi, le premier étage se compose de tout le parcours du rez-de-chaussée, de son boss, et ensuite d’un nouveau cheminement vers le boss du premier étage. Si les débuts sont plutôt accessibles, Curse of the Dead Gods se corse assez rapidement puisque tout ici est une question de planification.

Péage maudit

Curse of the Dead Gods screenshot testChaque début de “run” commence par un court temps de préparation. Depuis la salle commune, notre aventurier sélectionne ses armes, trois au maximum (principale, secondaire et spéciale), et un parcours. Ce parcours donne accès à une carte, composée de différentes salles et d’un certain nombre de chemins prédéfinis. Parmi ces salles, on trouve des lieux destinés au soin, à l’argent, à l’amélioration des armes ou encore des statistiques. Il est impossible de revenir en arrière après avoir fait un choix, qui s’il donne ainsi accès à une trajectoire bloque aussi toutes les autres. Lors des premières sessions, ces choix n’ont que peu d’importance car avancer est une formalité. En revanche, à partir du moment où il devient nécessaire d’enchaîner les étages, c’est une toute autre histoire.

Il faut savoir que Curse of the Dead Gods n’est pas vraiment en faveur de la réussite du joueur. Tout est fait pour lui mettre des bâtons dans les roues, à commencer par son système de malédiction. C’est le principal atout du titre, ce qui le fait sortir du flot incessant de jeux du même genre. Nous évoquions plus haut une main dans le coaltar. En réalité, elle n’est pas vraiment endormie, juste maudite. En jeu, cela se traduit par une jauge de corruption, qui monte, monte et gangrène le joueur salle après salle, en lui infligeant malus et bonus aléatoires à intervalles réguliers, jusqu’à une ultime malédiction synonyme d’énormes complications. Par exemple, une malédiction pourra vous permettre d’augmenter la valeur de l’or ramassé au sol, mais de le faire disparaître au bout d’un certain temps. Toujours un malus, parfois une contrepartie positive. Ce ne serait pas tant que ça un problème si la corruption n’augmentait qu’en passant les salles et qu’il était possible de la diminuer facilement. Dans les deux cas, ne comptez pas trop là-dessus.

Curse of the Dead Gods screenshot testEnvie de vous soigner ? D’accord, contre un peu de corruption. Cette attaque difficilement parable ? Encore une cuillère de corruption. Pas assez d’argent pour vous offrir cette amélioration ? Pas grave, reprenez de la corruption. Tout est fait pour accroître le challenge des différents étages de ce temps maudit, sans pour autant générer de frustration, parce qu’il est possible d’échapper à tout ça. La solution ? Planifier son chemin. Dès le premier étage, il convient de se prévoir une petite plage “soins”, histoire de ne pas arriver face au deuxième boss avec 50 PV et une espérance de vie de quelques secondes tout au plus. Curse of the Dead Gods, s’il n’est jamais tendre, regorge de mécaniques et d’astuces pour s’en sortir. Exigeant ? Oui. Injuste ? Jamais (ou presque).

Beau, fun, corsé, Curse of the Dead Gods ne manque pas d’atouts mais impressionne surtout par la pertinence de ses systèmes de progression.

L’aventurier contre tout guerrier

Il faut dire que le jeu de Passtech Games repose aussi bien sur sa dimension aléatoire que sur la nervosité de son gameplay. Ceux qui ont apprécié Hades devraient y trouver leur compte : Curse of the Dead Gods offre le même degré d’intensité et de variété à ses affrontements, mais selon des schémas différents. Là où Hades reposait sur une poignée d’armes que l’on vient modifier ensuite grâce aux dieux, Curse of the Dead Gods joue plutôt selon les règles de Dead Cells : beaucoup d’armes à débloquer et des améliorations successives via une montée en niveaux. Pour ce qui est du feeling, on est en terrain connu. Parades, esquives et combos s’enchaînent avec une précision redoutable, quelles que soient les armes choisies en début de run. Seule la gestion de l’ombre et de la lumière diffèrent réellement des autres jeux du même type : dans Curse of the Dead Gods, il est nécessaire de tenir compte de la zone dans laquelle on agit, pour maximiser son efficacité. Et accessoirement survivre plus longtemps.

Curse of the Dead Gods screenshot testAffronter et tuer les monstres qui peuplent le temps permet par la suite d’améliorer les capacités de nos personnages, plus à même de résister aux malédictions et ainsi de venir au bout de sa mission. Partir avec une certaine somme d’argent, passer en mode furie en enchaînant les ennemis, disposer d’une plus grande jauge de corruption : les bonus sont multiples mais ne se valent pas tous. Les moins coûteux sont forcément les moins intéressants et il faudra du temps pour s’offrir des avantages réellement significatifs au sein du temple.

Si la répétitivité finit forcément par pointer le bout de son nez, après tout c’est l’une des spécificités du genre, on ne peut s’empêcher d’y retourner pour progresser petit à petit, salle après salle, motivés par une montée en puissance jouissive et un habillage du tonnerre. Fin et précis, Curse of the Dead Gods fait bon usage d’une direction artistique minimaliste, tout en cell-shading. Les différents biomes traversés ont une personnalité facilement reconnaissable, tout comme les adversaires rencontrés. Quelques effets très typés “comics” viennent renforcer le dynamisme des combats pour notre plus grand plaisir.

Ce test a été réalisé à partir d’une version dématérialisée, fournie par l’éditeur, sur Xbox One.

Kurutchin
Adulescent bienheureux, tantôt compagnon d'infortune de dieux Nordiques, tantôt jardinier attitré pour des Piñatas furieuses. Dans les deux cas, c'est avec le sourire et au trot !

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