Test de Colt Canyon (PC)

CONCLUSION

Ne mâchons pas nos mots : Colt Canyon est brillant. Brillant par sa cohérence, ses mécaniques, sa direction artistique, son exécution. Un projet mené d’une main de maître par un seul et unique développeur, épaulé d’une poignée de freelances. Si on pourrait pester contre un léger manque de surprises dans le déroulement des niveaux et une durée de vie assez courte, ces petits défauts n'entachent en rien le plaisir de l’expérience, jubilatoire à souhait et profitant d’un niveau de finition exemplaire. “Brillant”, qu’on vous disait.

Plus populaire que jamais, le roguelike (et, dans une moindre mesure, le roguelite) a donné quelques superbes pépites ces dernières années. De Enter the Gungeon à Dead Cells en passant par Teleglitch ou encore Binding of Isaac, ils ont pris de nombreuses formes différentes, renouvelant constamment un genre qui, par définition, se base sur la répétitivité de son concept. Colt Canyon se verrait bien rejoindre cette grande famille de jeux géniaux, en s’adonnant aux joies de l’aléatoire, des six-coups bien huilés et du sable coincé dans le SIF. Seul face au reste de la production vidéoludique, le jeune Jonathan “Retrific” Mannshoven va-t-il remporter son duel ?

Des pixels dans ton saloon

colt canyon previewEnfilez vos bottes et votre chapeau, équipez-vous de votre colt flambant neuf, l’Ouest américain n’attend plus que vous. Enfin, c’était votre plan avant que votre meuf (ou votre mec, on saluera l’attention de Retrific) ne se fasse enlever sous vos yeux. Ni une ni deux, vous voilà parti·e en dans une folie meurtrière en défilement horizontale pour sauver votre moitié, défouraillant à tout-va sur votre chemin.

Découpé en trois actes de trois niveaux et un boss chacun, Colt Canyon se joue comme n’importe quel autre twin stick shooter : le gauche pour se déplacer, le droit pour viser et les gâchettes pour tirer. Simple comme bonjour. Cependant, l’approche la plus efficace n’est pas forcément la plus bruyante, on préférera souvent occire ses adversaires au corps à corps, en silence et sans murmure, pour dire d’économiser quelques balles tout en évitant d’alerter les petits copains trop occupés à lustrer leur canon à l’abri des regards indiscrets.

Colt Canyon ne se transforme pas en jeu d’infiltration pour autant et c’est bien lors de ses gunfights qu’il est le plus satisfaisant. Réactif à souhait, le jeu de Retrific a de la patate et sait faire plaisir à nos zygomatiques quand il s’agit d’étaler le sang de nos ennemis fraîchement abattus aux quatre coins des niveaux. Cela passe à la fois par une maniabilité précise, chirurgicale et carrée, ainsi qu’un habillage visuel et sonore à tomber. Il a beau ne pas profiter des dernières technologies Ray tracing et des textures ultra détaillées du futur Unreal Engine 5, Colt Canyon a de la gueule et c’est tout ce qui compte. Pixel art oblige, il carbure au minimalisme sans faire l’impasse sur un impressionnant sens du détail. On pense notamment à ces champs de blé, maculés de rouge après votre passage.

Une maniabilité précise, chirurgicale et carrée, ainsi qu’un habillage visuel et sonore à tomber : le jeu de Retrific a de la patate et sait faire plaisir à nos zygomatiques.

Histoire d’un aller et retour

colt canyon test screenshotTradition oblige, l’ensemble se veut saupoudré d’une grosse touche d’aléatoire, bien que les véritables surprises soient plutôt rares au fil de vos runs. En revanche, le titre fait un choix logique qu’il est rare de croiser dans le genre. Si aller d’un point A à un point B pour accomplir votre objectif a du sens, peu de jeux pensent au chemin du retour. C’est l’une des particularités de Colt Canyon, qui autorise le joueur à revenir sur ses pas quand il le souhaite, mais le contraint à faire obligatoirement demi-tour une fois son objectif atteint.

Dès lors, c’est un nouveau défi qui attend le joueur puisqu’il doit aussi veiller sur la survie de son ou sa rescapé·e. Au vu du nombre de munitions dont vous aurez besoin pour venir à bout des quelques niveaux, autant vous dire que le challenge est bien présent.

C’est bien simple, Colt Canyon fait preuve d’un équilibre quasi-parfait entre difficulté et frustration, tant il est difficile de blâmer le titre pour nos échecs successifs. Jamais impitoyable, il récompense suffisamment bien l’effort à travers des éléments à débloquer pour pousser le joueur à relancer un dernier run pour le plaisir, encore et encore. La “partie de trop” ? Retrific ne connaît pas. Le plaisir est toujours là, au beau milieu d’une forêt, baignant dans un mélange de sang, de sueur et de poussière, alors que le hurlement des loups se fait de plus en plus insistant. Formidable Colt Canyon.

Ce test a été réalisé à partir d’une version dématérialisée, fournie par l’éditeur, sur PC.

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Kurutchinhttps://www.goodtastepolice.fr
Adulescent bienheureux, tantôt compagnon d'infortune de dieux Nordiques, tantôt jardinier attitré pour des Piñatas furieuses. Dans les deux cas, c'est avec le sourire et au trot !

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