Test de Chivalry II (PC, PS4, PS5, One, Xbox Series X|S)


Développeur : Torn Banner Studios

Éditeur : Tripwire Presents

Sortie : 08/06/2021

Supports : PC / PS4 / PS5 / One / Xbox Series X|S

CONCLUSION

Chivalry II laisse un goût assez étrange. Il y a plein de choses excellentes, mais elles sont gâchées par une paresse sans nom ou des choix (ou une éthique) plus que discutables. Avec parfois l’impression que le jeu est incroyablement précis, et d’autres où on a la sensation de jouer sur des serveurs en bois. Avec une communauté aussi ignoble qu’impitoyable… Avec un pool de maps plus maigre que toute la concurrence. Pour autant force est de constater que les gens de Torn Banner Studios progressent, il ne tient qu’à eux pour que le jeu passe de quelque chose de “moyen” dans l’ensemble à “excellent”. Arriveront-ils à freiner leur habitude de ne pas finir leurs jeux et de les bourrer de microtransactions ? Je souhaite de tout cœur que le studio me fasse passer pour un idiot, terminant ce qui doit l'être et assurant son suivi sur de nombreuses années. Mais en l'état, difficile de le recommander.

“Montjoie Saint-Denis” esclama jevn fol aqvi gifla vizage dv Roy.
Par la gest stvpide malfaitevr fv emprisonné.
Cri banni des bovches.
Chevaliers dans l’ovbliance.

Des taches sur vostre bannière

Avant même de commencer à préparer ce test, j’ai eu des syndromes post-traumatiques. Je ne sais pas si vous vous souvenez du premier Chivalry, mais moi oui. Le jeu était fun, bourrin, excellent et c’était un magnifique défouloir. Jusqu’à ce que vous passiez le cap du “tuto” où vous découvriez en fait que vous ne jouiez qu’avec des débutants jusque-là, et que Chivalry vous propulsait enfin avec les joueurs expérimentés. Et là quelle purge. Des chevaliers en armure qui faisaient la toupie pour exploiter les failles des mécaniques de gameplay, rendant les combats aussi agréables à regarder qu’un match de l’Euro entre la France et la Hongrie. C’était juste insupportable, on passait d’excellente expérience à quelque chose de lamentable.

chivalry 2 screenshot test jeuxvideo24C’est d’autant plus vrai que Chivalry a été très vite abandonné par les développeurs, préférant surfer sur la vague des “chapeaux” de Steam et vendre des items cosmétiques à prix fort plutôt que de régler les soucis. Peut être avez-vous entendu parler de Mordhau, le principal concurrent de ce Chivalry II ? Et bien Mordhau a vu le jour parce qu’une team de moddeurs, fan de Chivalry premier du nom et agacé par son état exécrable, se sont réunis pour faire un mod corrigeant ses défauts. Mod devenu alors un jeu à part entière.

Ensuite l’étron Mirage : Arcane Warfare fut le second jeu du studio Torn Banner. Et là rebelote. Mécaniques pétées, devs absents, jeu abandonné. Une catastrophe.
Alors forcément, au moment des premières annonces de Chivalry II, j’étais du côté frigide de la force. Intéressé, mais sans aucune once d’espoir que le jeu soit à là hauteur. Et surtout qu’il soit bien suivi. Maintenant que l’on a fait ce petit rappel nécessaire et ô combien important, rentrons dans le vif du sujet et tuons le suspense : ce second épisode n’est pas assez bon. Découvrons pourquoi.

Oge frugale contre nombreux écus

chivalry 2 screenshot test jeuxvideo24Overwatch est sorti avec 12 maps différentes. Call of Duty Modern Warfare en avait 10. Chivalry II possède quant à lui 5 maps à objectifs (façon mode Ruée de Battlefield) et 3 maps type deathmatch. Elles sont jolies, sympas, bourrées d’éléments de décor qui peuvent servir d’arme (allant du poisson au chandelier) mais voilà. C’est plus que léger. Le jeu a un panel d’armes à débloquer à la façon d’un Battlefield/Call of en « levelant » une classe particulière, mais on reste sur un bien maigre 4 armes par classe. Et il y a des réutilisations…

Paresseux me semble être un bon adjectif. Le système de microtransactions, lui, est prêt et fonctionnel.

Je me retrouve avec cette impression mitigée entre moments où le jeu est extraordinairement précis, et d’autres où c’est 100% YOLO.

Flèches ne trouvant point sa cible.

chivalry 2 screenshot test jeuxvideo24Sans rentrer dans le côté technique de savoir quel est le tickrate des serveurs, je vais parler ici de mon ressenti et des sensations sur les combats, les projectiles. Aie aie aie. Parfois, j’ai eu l’impression que le jeu était fluide et précis, et c’était génial. Que je perde ou que je gagne, j’avais cette sensation du “c’est legit”, et je me faisais décapiter le sourire aux lèvres, en me disant “Purée il est bon lui ” ! D’un autre côté, c’est juste minable. On voit notre hache traverser une tête sans que le hit soit enregistré par le serveur, on meurt parce qu’en fait on était mort une seconde avant. Les joueurs ayant des pings hallucinants ne sont pas kickés de la partie, vous donnant l’impression de vous battre contre des Goku Ultra Instinct qui se téléportent dans tous les sens. Des fois je n’ai pas bien compris comment j’ai reçu des hits, mais je préfère mettre ça sur le compte de ma fatigue plutôt que d’accuser les serveurs ou le jeu.

Jouer Archer, en plus de vous faire recevoir un nombre hallucinant d’insultes de la part de vos collègues joueurs, est assez unique comme expérience. On a l’impression que le tracé laissé par notre projectile est off les trois quarts du temps. Les flèches sont les plus lentes de l’univers du jeu vidéo, avec une hitbox qui en apparence est équitable (pas comme celle de Hanzo fut un temps dans Overwatch qui envoyait des bus à la trogne de ses ennemis).
Bref, jouer Archer demande un temps d’adaptation qui m’a plongé dans une certaine nostalgie. Vous savez, celle du temps où nos pings puaient la fiente. Mais une fois pris en main, c’est fun, c’est amusant (comme tout le reste du jeu) et arriver à ficher une flèche enflammée dans la tronche d’un adversaire, le voir chialer dans le chat, c’est tellement cool ! Mais ça aurait pu tellement être mieux. Parce qu’une impression de “RNG” entre en compte et au final je n’ai pas pu vraiment être sûr : est-ce que j’avais touché ma cible parce que j’avais bien joué ? Ou avais-je juste eu de la chance ?

Des coups d’épée dans le dos qui sont quand même parés par le joueur qui ne nous regardait pas, à la traînée de la flèche qui traverse un ennemi mais qui au final ne touche pas… Je me retrouve avec cette impression mitigée entre moments où le jeu est extraordinairement précis, et d’autres où c’est 100% YOLO.

Estoc dans vostre faciès

chivalry 2 screenshot test jeuxvideo24Chivalry II est excellent de ce côté-là. L’absence du “spin-to-win” rend les batailles ô combien plus jouissives, d’autant plus que le jeu a quand même quelques mécaniques qui rendent les duels intéressants. Le système est similaire aux titres du même type : une attaque verticale, une attaque horizontale et un coup d’estoc. Chacune de ses attaques a une version alternative qui change sa direction (par exemple au lieu de faire un coup qui part du haut vers le bas pour votre attaque horizontale, votre action partira du bas vers le haut).

Vous pouvez ensuite feinter une attaque vers votre garde, ou vers une attaque différente. Et enfin, faire des attaques chargées, plus lentes à partir mais beaucoup plus dévastatrices. Vous aurez dans votre arsenal aussi la possibilité de mettre un coup de pied, pour briser la garde de votre adversaire, vous octroyant un coup garanti juste après. Et un petit nouveau, à savoir une espèce de coup de poing qui vous permet de casser un combo de votre adversaire s’il est sorti au bon moment. Enfin, vous avez aussi des mouvements d’esquive qui vous permettent de vous écarter de la mêlée.

Je souhaite de tout cœur que le studio me fasse passer pour un idiot, terminant ce qui doit l’être et assurant son suivi sur de nombreuses années.

Vos attaques sont influencées par votre regard. Même si c’est un peu déroutant au début, il faut s’imaginer que vous contrôlez les hanches de votre personnage avec votre souris quand vous exécutez une attaque. Faire un mouvement ample en accompagnant un coup horizontal prolongera l’arc sur lequel vous effectuez votre attaque, ne pas bouger la caméra réduira son amplitude et sa vitesse. Vous possédez une barre d’endurance qui va aussi être cruciale pendant vos affrontements. Maintenir la garde consomme votre endurance à une vitesse folle, vous obligeant à plutôt vous reposer sur le système de parade (protéger au dernier moment) pour ne pas cramer votre stamina. Aussi, parer un coup avec votre jauge vide provoquera votre désarmement. Vous avez bien sûr la possibilité de jeter votre arme si jamais votre ennemi vous tourne le dos et de ramasser les armes laissées par vos victimes au sol.

chivalry 2 screenshot test jeuxvideo24Je trouve les échanges plus justes que dans les précédents titres similaires (Mordhau, Chivalry premier du nom), plus agréables à observer. Et plus gratifiant ! Ici, avoir la sensibilité à fond ne sert à rien vu que le jeu freine la vitesse de rotation de votre caméra en pleine attaque. Bref, c’est vraiment ultra agréable à jouer, on a nos moments de gloire, nos moments frustrants à 5 contre 1, et nos moments rigolos où on arrive à faire tomber notre adversaire dans le vide avec un kick façon Leonidas. Les maps sont truffées d’éléments à déclencher comme des pièges, des rochers / barriques à jeter sur vos adversaires, ce qui rend le truc vraiment fun en main. Nos personnages ont aussi des items à déployer (des pièges, des bannières qui soignent), des activables (des coups de tsoin-tsoin qui healent autour de vous), des bandages pour se remettre d’aplomb entre deux mêlées. C’est dynamique, on ne s’emmerde pas.

Peuple de bestes

Faisons simple. Si je pensais que la communauté d’Overwatch était le pire endroit toxique dans lequel j’ai eu la chance de côtoyer des joueurs plus acides que l’eau d’une piscine municipale, celle de Chivalry II est bien pire. Racisme et homophobie sont les bases d’un échange avec les joueurs sur ce jeu, auquel il faudra rajouter diverses insultes pour être vraiment dans l’ambiance globale. Il n’y a bien sûr aucune modération sur les chats. Les serveurs sont hébergés, en run automatique. Et débrouillez-vous. Les maps à objectifs sont extrêmement frustrantes car dans les 75% des cas vous verrez que tout le monde n’a que faire de l’objectif. Ce qui est assez “marrant” dans tout ça, c’est qu’après avoir passé 20-30 min à s’insulter de tous les noms pendant la partie, une fois celle-ci terminée les “GG” apparaissent par légion dans le chat. Avec évidemment les “ez” traditionnels des derniers du tableau des scores.

De mémoire de joueur, je n’ai jamais autant eu l’impression de jouer avec des gens stupides que dans ce jeu. Et c’est bien dommage.

Ce test a été réalisé à partir d’une version dématérialisée, fournie par l’éditeur, sur PC.

Gwaudika
Troubadour qui traubade un peu trop. Crie fort quand "ça ne touche pas".

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