Test de Children of Morta (PC, Nintendo Switch, Xbox One, PS4)

Ce test a été réalisé à partir d’une version dématérialisée, fournie par l’éditeur, sur PC.

Family business

Chez les Bergson la nature, c’est une passion. Depuis des générations on s’occupe de surveiller et protéger la Morta, une montagne sacrée récemment attaquée de toutes parts. Une étrange corruption violette se répand dans le vivant. Faunes et flores, jadis si luxuriantes, sont en train de disparaître pour laisser place à des créatures toutes plus agressives les unes que les autres. Pour les Bergson il est donc temps d’agir et d’aller réveiller les trois divinités endormies sous la maison pour empêcher la situation d’empirer.

Trois divinités, trois donjons. Les habitués au genre devinent forcément la suite. Oui dans Children of Morta il sera question de taper du monstre, récupérer de l’expérience pour débloquer de nouvelles compétences, améliorer ses personnages et retourner au charbon. Un concept qui rappelle un certain Diablo et qui prouve bien que Children of Morta est bel et bien un hack’n slash pur jus, même si les développeurs l’ont avant tout présenté comme un Rogue-like (ce qu’il est un peu il faut l’avouer, mais très vaguement). Quoiqu’il en soit le résultat est là : vous allez devoir prendre les armes et bouter cette vermine hors de votre montagne.

Ambiance de l’année

Avant de s’aventurer plus en profondeur pour parler du gameplay, on va se permettre une grosse parenthèse pour discuter direction artistique, couleur, beauté et charme. Plutôt tendance ces dernières années, surtout dans les productions indépendantes, le pixel-art atteint ici une qualité rarement vue. Même si certains environnements sont un peu moins fournis que d’autres, dans l’ensemble le niveau de détail est tout juste hallucinant. La palme de la folie visuelle revenant assurément à l’intérieur de la maison des Bergson elle-même. Certains décors ne sont pas en reste et il n’est pas rare de s’arrêter un court instant pour profiter des panoramas offerts par le jeu qui se permet même le luxe de zoomer en arrière histoire de nous en mettre plein la vue. Pour sûr, on sait travailler une ambiance chez Dead Mage.

Au niveau sonore c’est le même constat. Les musiques, bien que simples, font parfaitement le boulot et le sound design en général se veut particulièrement réussi. De tout ceci on retiendra surtout l’excellente voix-off en charge de nous raconter tout ce qui se passe durant cette aventure. Car oui, tout Diablo-like qu’il est, il se trouve que Children of Morta a bien une histoire à nous raconter. Une histoire certes relativement basique, dont les tenants et aboutissants ne vous feront probablement pas tomber de votre chaise, mais qui se suit agréablement bien et permet de s’immerger complètement dans cette histoire de famille qui sait même, parfois, se montrer touchante.

La baston en famille

Au final le joueur aura donc le choix entre 6 personnages jouables. Du moins au bout d’un certain temps puisque la découverte des membres de la famille se fait justement au rythme de l’histoire que l’on suit. Petit à petit on débloque donc les différents protagonistes qui offrent chacun un style de jeu différent. Il faudra cependant se contenter de John et Linda (le père et la fille) dans une premier temps, Lucy, Joey, Kevin et Mark arrivant un peu plus tard dans l’aventure. Là encore pas de surprise, il y en a pour tous les gouts, certains archétypes se déclinant même en plusieurs versions (l’archère et la pyromane notamment) pour encore un peu plus de nuances.

Même si certains environnement sont un peu moins fournis que d’autres, dans l’ensemble le niveau de détail est tout juste hallucinant

Leur progression se fait ensuite sur deux axes distincts avec, d’un côté, un arbre de compétences propre à chaque personnage que l’on pourra enrichir grâce à l’expérience gagnée et de l’autre, une flopée d’améliorations communes qui s’achètent directement à la maison familiale, à l’atelier de ce bon vieil oncle Ben qui en avait probablement marre de mourir chez Sony. Pas besoin d’être un expert pour rapidement se rendre compte que les arbres de compétences ne sont pas spécialement originaux. On en arrive même très vite à se demander si le jeu n’est pas limité en termes de possibilité de build. Pourtant, c’est une fois dans les donjons que l’on se rend compte des nombreuses possibilités offertes. Car en plus de sa capacité propre à débloquer on pourra trouver différents objets en fouillant les donjons de fond en combles qui vont permettre de modifier son build.

Des objets qui se classent en trois catégories bien distinctes avec des bonus typiques. Les grâces divines offrent des passifs relativement variés, les runes serviront à ajouter des effets aux armes et les reliques divines offriront un pouvoir supplémentaire activable à la demande. Tout ceci permettant de personnaliser son build à sa guise en l’adaptant à sa façon de jouer. On retrouve alors très vite ce sentiment de puissance caractéristique des hack’n slash où l’on prend plaisir à massacrer des tonnes d’ennemis à l’écran en déchaînant sa puissance, la génération semi-aléatoires des donjons se chargeant d’éviter que tous les runs se ressemblent.

Almost perfect

Avec toutes ses bonnes idées et sa mise en œuvre réussie Children of Morta n’est pas pour autant parfait. La gestion de la santé par exemple, ne plaira surement à tout le monde, notamment ceux qui adorent se lancer dans les foules d’ennemis marteau en avant. Pour se soigner il faut en effet ramasser les fioles de soin qui tombent au sol après avoir terrassé un ennemi. Une solution très peu pratique, surtout quand on joue tank, et qui ne permet pas aux joueurs de gérer leur santé comme bon leur semble. Un défaut qui poussera certainement beaucoup de joueurs à préférer les compétences à distance ou, encore mieux , à profiter de la coopération (en local seulement) pour jouir d’une complémentarité plus que bienvenue.

Dommage également que le level design soit au final si basique et se contente de salles interconnectées par de simples couloirs, le tout sans jamais proposer de passages secrets. Là encore, Dead Mage s’en sort bien avec ces salles particulières qui apparaissent aléatoirement et qui offrent des événements uniques (sauvetage de PNJs, récupération de matériaux rares etc.) sous forme de minis-jeux, permettant de donner un semblant de vie à ce dédale sans fin. Enfin les allers-retours, nombreux, seront compensés par les excellentes interventions du narrateur qui aura toujours une petite anecdote à raconter aux joueurs pour nous montrer que le monde vit pendant que l’on avance dans notre quête. Une vraie continuité bien maîtrisée qui nous pousse, à chaque fois, à profiter un peu plus longtemps de cet univers magique.

Mention HIT jeuxvideo24, les meilleurs jeux

LE VERDICT
Famille en or
7
Ludo
Rédacteur/Testeur/Râleur tendance sociopathe avec un sérieux penchant pour le troll méchant. A développé une sale dépendance à Rainbow Six Siege #CopperForEver

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