Ce test a été réalisé à partir d’une version dématérialisée, sur PlayStation 4, fournie par l’éditeur.

K, C & Q

Présenté à l’époque comme un OVNI vidéoludique, Catherine proposait de suivre les aventures de Vincent, jeune trentenaire rebuté à l’idée de s’engager officiellement avec sa petite amie de longue date, Katherine. Et comme si la chose n’était pas déjà assez compliquée pour lui, Vincent commet l’erreur de ramener une jeune femme chez lui, une certaine Catherine rencontrée au Stray Sheep, le bar où il passe le plus clair de son temps avec ses amis. S’ensuivront par la suite des nuits de cauchemars dans lesquels le jeune homme devra grimper des tours géantes composées de blocs à déplacer s’il ne veut pas passer l’arme à gauche… Quant à ses journées, elles ne sont guère mieux : alterner entre Katherine et Catherine est fatiguant, d’autant plus qu’il s’enfonce toujours plus dans le mensonge. Bref, autant dire que la santé mentale de Vincent va en prendre un sacré coup.

Via le personnage de Vincent Brooks, Catherine traite ainsi de la peur du mariage, de l’infidélité ou encore de maternité : autant de thématiques assez peu traitées dans le jeu vidéo, même si le titre d’Atlus tombe régulièrement dans la caricature (volontaire). Cela se ressent par exemple dans la forme que prennent les boss, pas bien subtils, ou même tout simplement par les personnalités des deux Catherine.

Celle avec un K semble ne penser qu’au mariage et aux bébés, là où celle avec un C veut simplement s’amuser sans se mettre en couple. Un fait qui est toutefois un peu contrebalancé par la nouvelle Qatherine – ou Rin – qui fait son apparition dans cette version Full Body. Un peu plus nuancée, la jeune femme vient arrondir les angles et montrer que rien n’est tout noir ou tout blanc. Une bonne chose, même si son apparition aurait pu être mieux réalisée.

Belle et rebelle

Si Rin apparaît très rapidement dans le scénario, il faudra un moment avant qu’elle n’y prenne une réelle importance. La plupart du temps, la jeune femme est là sans l’être tout à fait, restant en arrière-plan, et ce même si elle débarque avec son lot de nouvelles cinématiques ainsi qu’une poignée de nouvelles fins (qui étaient déjà relativement nombreuses à la base). Difficile toutefois de blâmer les développeurs : l’histoire de base étant déjà bien écrite et très complète, il aurait été compliqué de faire mieux en rajoutant une troisième protagoniste aussi importante que les autres. Rin se montre en revanche bien utile durant les phases de cauchemar puisqu’elle aide directement Vincent, notamment en ralentissant la chute des blocs. Un fait franchement salvateur au vu de la difficulté du titre.

Si le Catherine de base se montrait déjà particulièrement retors, cette version Full Body ne fait rien pour alléger le problème, en tout cas dans la difficulté Normale. Pire, le joueur a désormais la possibilité d’activer l’apparition de blocs aux formes et tailles variées via le mode Remix, venant encore plus envenimer la situation. Une fois n’est pas coutume, il est franchement recommandé de basculer en Facile (voire en Sans Risque) pour profiter de l’histoire sans s’arracher les cheveux durant chaque cauchemar.

Les plus téméraires pourront par ailleurs se lancer dans des modes multijoueurs, indépendants du scénario, qui proposent de gravir de nouveaux escaliers, seul ou à plusieurs, puis de partager ses scores avec le monde entier. De nombreuses heures de crises de nerfs en perspective… Mais aussi de puzzles totalement addictifs malgré une maniabilité pas toujours au top.

Seconde jeunesse

Sorti sur la précédente génération de consoles, Catherine a eu droit à un petit coup de make-up pour sa version PS4. Direction artistique aidant grandement, le bébé d’Atlus a plutôt bien vieilli et l’on se retrouve en règle générale face à des environnements remasterisés avec soin, même si l’on n’échappe tout de même pas à quelques éléments plus grossiers que d’autres. Un vrai travail a par ailleurs été effectué sur les lumières, ainsi que sur l’aliasing qui a quasiment totalement disparu dans cette mouture Full Body. Quant à la bande-son, elle vient s’enrichir de nouvelles pistes de qualité ainsi que d’un doublage entièrement en japonais, ce qui manquait cruellement à l’époque, même si les voix anglaises restent de bonne facture.

LE VERDICT
Quatuor gagnant
8
Shauni
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