Test de Carrion (PC, Xbox One, Nintendo Switch)

CONCLUSION

On n'aime pas spécialement être désagréable mais il faut reconnaître que Carrion ne fait pas grand chose pour se faire aimer. Certes on apprécie cet hommage au cinéma d'horreur dont on est friand mais faire un bon jeu ne s'arrête pas à juste quelques clins d’œil en direction des fans. Le level design est poussif, le challenge répond aux abonnés absents et le jeu ne se renouvelle plus passée la première heure. Au risque de paraître violent, contentez vous de la démo. C'est juste 20 minutes, mais vous aurez de toutes façons fait le tour du jeu et ainsi évité de perdre 3 heures de votre vie.

Séduits par la démo de Carrion, nous attendions le jeu de Phobia Games Studio non pas avec impatience, mais avec une certaine curiosité. Disponible depuis le 23 juillet dernier on a enfin pris le temps de parcourir ce metroidvania pas comme les autres dans lequel on incarne, pour une fois, le grand méchant. Mais est-ce pour autant une raison suffisante pour craquer ?

L’hommage

Chez de Phobia Games Studio on aime assurément les films d’horreur. Et quand il s’agit de s’en inspirer pour faire un jeu ils ne font pas les choses à moitié. On reprend un semblant de créature bien connue (coucou The Thing) et on écrit un scénario sur un demi-timbre-poste. Une créature surnaturelle dont on ne sait rien, un complexe souterrain et par ici la sortie. Ne cherchez pas, vous n’en apprendrez pas plus en terminant le jeu.

Le studio essaye bien de vous faire comprendre l’historique de la chose à travers deux flash-back (oui oui, deux !) mais ils sont aussi inutiles que pénibles à jouer. Bref, oubliez.

Restons-en donc à l’essentiel : la créature. Car pour une fois c’est bien le monstre que l’on dirige, et c’est particulièrement plaisant. Un monstre visqueux, dégoulinant, qui peut se faufiler dans le moindre petit conduit d’aération et qui grossit quand il mange. L’occasion idéale pour mentionner la qualité de l’animation de la créature qui se manipule avec une fluidité presque jouissive donnant vraiment une sensation de créature molle et visqueuse comme on les adore. L’ambiance du titre est d’ailleurs des plus réussies avec un pixel art particulièrement plaisant et une ambiance sonore digne des meilleurs films du genre. Le cris des scientifiques qui paniquent ou le craquement des os lorsque l’on déchire les corps en deux sont un vrai bonheur.

S, M et XXL

Conceptuellement basique dans son approche du metroidvania, Carrion ne réinvente absolument pas la roue puisqu’il s’agit toujours de progresser à travers des niveaux en se servant de ses capacités, le tout en débloquant de nouvelles compétences pour accéder à de nouveaux chemins. Ici la petite subtilité consiste à jongler en permanence avec les trois tailles de monstre disponibles (en usant de bassins spéciaux) puisque notre bestiole possède des compétences différentes en fonction de sa grosseur. Il faudra donc savoir adapter sa morphologie en fonction des situations proposées.

La prise en main est relativement simple et il ne faut pas bien longtemps pour comprendre le fonctionnement de notre monstre gluant. Les développeurs ont bien évidemment glissé ça et là quelques adversaires humains, armés plus moins lourdement, pour tenter d’empêcher la progression du joueur et ajouté quelques améliorations bien planquées pour donner un semblant de contenu optionnel.

Conceptuellement basique dans son approche du metroidvania, Carrion ne réinvente absolument pas la roue.

carrion screenshot devolver directSeulement à trop vouloir jouer sur la carte du « Hey notre jeu il est trop cool, regardez, vous incarnez le monstre » Phobia Games Studio en a tout simplement oublié de rendre son jeu intéressant. Progresser à travers les différents complexes est d’une simplicité abrutissante et le jeu ne propose aucun véritable challenge si ce n’est celui de nous forcer à supporter d’incessants aller-retours pour gérer la taille de notre créature. Que ça soit au moment d’affronter des gardes ou pour s’orienter vous n’aurez guère besoin de réfléchir bien longtemps.

Au bout d’à peine une heure on a l’impression que le jeu a lâché tout ce qu’il avait à offrir, laissant rapidement le joueur dans un état de lassitude jusqu’à l’apparition des crédites de fin. Heureusement Phobia Games Studio a eu la bonne idée de ne faire durer ce calvaire que trois petites heures. Plus aurait été un véritable supplice.

Ce test a été réalisé à partir d’une version dématérialisée, fournie par l’éditeur, sur PC.

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Ludo
Rédacteur/Testeur/Râleur tendance sociopathe avec un sérieux penchant pour le troll méchant. A développé une sale dépendance à Rainbow Six Siege #CopperForEver

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