Test de Bugsnax (PC, PS5, PS4)

CONCLUSION

Bugsnax donne un peu l’impression d’avoir en face de nous le brouillon d’un coup de maître. En dépit d’une écriture particulièrement soignée, le titre de Young Horses ne va jamais au bout de ses idées et finit inévitablement par lasser à peine arrivé à mi-chemin. Qui aurait cru que capturer des araignées-frites deviendrait monotone si rapidement ? Certainement pas nous.

Lâché au beau milieu des Demon’s Souls, Sackboy ou encore Spider-Man : Miles Morales, l’atypique Bugsnax fait quelque peu office d’anomalie pour le lancement de la Playstation 5. Il faut dire que derrière lui se cachent les géniteurs de Octodad, une bizarrerie très représentative de l’ère “physique” de l’indépendance vidéoludique, aux côtés des célèbres Goat Simulator, I Am Bread et autres Human Fall Flat. Pourtant Bugsnax n’a rien en commun avec le précédent titre de Young Horses, qui préfère quitter les bras tentaculaires du papa poulpe pour aller jouer dans la cour de Tempête de Boulettes Géantes, avec un résultat pour le moins déstabilisant…

Chew them all

Bugsnax screenshot testLors de sa sortie en 2014, Octodad jouissait d’un concept, d’un habillage et de mécaniques parfaitement absurdes, et surtout uniques en leur genre. Bugsnax ne peut hélas pas en dire autant. Le concept ? Le joueur incarne un reporter poilu, débarqué sur une île infesté des fameux Bugsnax dont le jeu tire son nom. Il s’agit de croisements entre des insectes et de la nourriture, dont les Grumpus se nourrissent pour voir différentes parties de leur corps transformés par leur repas. L’expression “vous êtes ce que vous mangez” n’aura jamais été aussi vraie.

La filiation avec Tempête de Boulettes Géantes n’est pas galvaudée, on retrouve des idées directement reprises de la suite du classique de Phil Lord et Chris Miller. Une impression confirmée par la rencontre avec le premier Bugsnax du jeu, qui n’est autre qu’une fraise mignonne. Barry n’est pas très loin !

Enfin, notre reporter n’est pas là pour gober les guacamouches et doit enquêter sur la disparition d’un membre des Grumpus. Pour y parvenir, il devra aider à reconstruire le village de Snaxburg, déserté par des habitants qu’il faudra convaincre de revenir. Et quoi de mieux qu’une bonne bouffe pour adoucir les moeurs ? C’est dans la capture et la dégustation de Bugsnax que reposent toutes les mécaniques du dernier bébé de Young Horses. Les habitants de l’île mettent à la disposition du joueur un certain nombre d’outils, comme une cage ou une catapulte, qu’il est souvent indispensable de combiner afin de capturer des créatures tantôt craintives, tantôt agressives.

Avec Bugsnax, l’expression “vous êtes ce que vous mangez” n’aura jamais été aussi vraie.

It’s a crab!

Bugsnax screenshot testToute quête donnée par un autochtone mène à la capture de Bugsnax, d’une façon ou d’une autre. Du coup, le joueur passe son temps à jongler entre son scanner, son journal et ses pièges pour satisfaire la voracité des Grumpus, sans que le moindre événement ne vienne troubler cette triste routine. On déniche un Bugsnax, on le recouvre de sauce pour en provoquer un autre, on lui lance un piège pour l’attraper. En boucle, dans le sable, l’herbe ou la neige. Aussi variées soient-elles, les espèces ne nécessitent pas de réfléchir bien longtemps pour être attrapées, et la lassitude s’installe sans peine après une poignée d’heures.

Etonnamment, les quelques regains d’intérêt (très ponctuels, soyons honnêtes) ne viennent pas des Bugsnax mais des Grumpus, ces drôles d’habitants aux vies si proches des nôtres. Tous ont leurs petits problèmes, d’amour propre, de chagrin, d’addiction, etc. On retrouve en eux un petit côté Max et les Maximonstres, avec des personnalités toutes très différentes les unes des autres. Young Horses se permet une certaine subtilité dans l’écriture qu’on ne retrouve nulle part ailleurs dans le titre, ni dans la forme, finalement très banale, ni dans les mécaniques, trop limitées pour captiver sur la durée.

Notre test a été réalisé à partir d’une version dématérialisée, sur PC, fournie par l’éditeur.

Kuru
Kuru
Adulescent bienheureux, tantôt compagnon d'infortune de dieux Nordiques, tantôt jardinier attitré pour des Piñatas furieuses. Dans les deux cas, c'est avec le sourire et au trot !

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