Test de Bubsy : The Woolies Strike Back (PS4, PC)

Ce test a été réalisé à partir d’une version dématérialisée de Bubsy sur PlayStation 4, fournie par l’éditeur.

Lynx envers ses pareils et taupe envers soi-même

Que cela soit au travers d’un remake, d’un reboot et encore moins d’une suite, il ne suffit pas de refaire la même formule pour que la magie (ré)opère. Cela étant dit, à l’horizon de ce Bubsy : The Woolies Strike Back, une étrange impression de déjà-vu avec le précédent titre des développeurs, et même de copier-coller avec ses aînés, survient dès l’aventure lancée. A défaut d’offrir un peu d’originalité, le jeu rend maladroitement hommage au genre plate-forme et cela, aussi bien dans son gameplay que dans son scénario.

L’histoire qui nous est proposée, est celle de ce fameux Bubsy qui doit une nouvelle fois faire face aux Woolies, une race extra-terrestre dont les plans ne cessent de déranger notre héros depuis le début de la série. Cette-fois ci, ces mignons aliens ont décidé de dérober la toison d’or transmise de génération en génération dans la famille du petit lynx. Notre héros part ainsi à l’aventure, à la recherche de son héritage avec la bonne intention de se venger. L’objectif principal est simple, d’autant plus qu’il reprend tout bonnement celui des précédents opus, c’est-à-dire avancer à travers des niveaux tantôt exotiques tantôt mécaniques en récupérant l’intégralité des pelotes de laines colorées tout au long du chemin. Pour cela, il sera également possible de trouver ici et là des t-shirts bleus qui offriront à notre héros une deuxième chance en cas d’échec, à la façon du champignon pour le plombier de chez Nintendo. De ce fait à aucun moment le titre ne surprend réellement, si ce n’est dans sa manière de faire référence au genre.

Clins d’oeil, ester eggs ou hommages, les joueurs auront de quoi jouer les archéologues vidéoludiques même si certaines découvertes relèvent davantage du cliché que du véritable trésor. La sélection de niveau, par exemple, se fait à travers une carte fixe, à la manière de Super Mario World ou du premier Crash Bandicoot. Côté graphique, nous sommes également loin de l’Eldorado qui éblouit la rétine. On aurait espéré une identité esthétique plus marquée mais il n’en est rien. Bubsy a en effet de quoi rougir face aux titres qui animent le marché actuel. Cela va de même pour son level design qui se montre pas très inspiré. Certains passages donnent même l’impression de voir défiler la même structure, ce qui peut rapidement lasser. Entre des balades à travers des campagnes états-uniennes, quelques sauts dans l’espace et une visite plus ou moins guidée d’un vaisseau spatial, il est difficile de trouver un réel intérêt à cette aventure tant tout se ressemble. La progression des niveaux se fait de manière très linéaire, sans une quelconque surprise.

Le petit lynx de Busby répète les mêmes erreurs du passé, les joueurs cherchant un jeu de plate-forme avec un brin d’originalité ne trouveront clairement pas leur compte.

Vraiment pas Malynx

Bubsy fait tout de même preuve d’efforts appréciables à vouloir proposer un certain challenge à travers des mécanismes plus ou moins exigeants. Mais encore une fois, tout cela est rapidement mis aux oubliettes à cause de nombreux problèmes de collision ou d’une physique pas toujours bien respectée. Autant de défaillances qui, accompagnées d’un véritable manque de lisibilité, rebuteront les connaisseurs. Il faut ainsi en premier lieu veiller à appréhender les défauts techniques des différents niveaux avant de faire face à une difficulté mal dosée. La prise en main est pourtant facile et accessible à tous puisque seulement quatre touches sont sollicitées en plus du pad directionnel, à savoir sur PS4 croix pour sauter, carré pour le dash, rond pour la toupille et triangle pour planer.

Mais au même titre que le cadre esthétique du jeu, le game design manque cruellement de diversité notamment face à ses prédécesseurs. En effet, les joueurs ayant connu les anciens opus regretteront sûrement la palette beaucoup plus large de possibilités que ces derniers proposaient en termes de gameplay. Interagir avec des objets environnants tels que des leviers ou des rochers à déplacer pour débloquer le passage, et même utiliser des chemins alternatifs à travers des portes, des toboggans ou des téléporteurs, l’expérience sur les consoles 16-bit se montrait en effet bien plus riche que celle de leur héritier.

Bubsy : The Woolies Strike Back n’a pas pris soin d’apprendre ses leçons. Non seulement, le petit lynx répète les mêmes erreurs du passé mais omet même de saluer les qualités de ses grands frères. De ce fait, les joueurs cherchant un jeu de plate-forme avec un brin d’originalité ne trouveront clairement pas leur compte. Même ceux espérant s’offrir une bonne dose de nostalgie en retrouvant leur mascotte au plus haut de sa forme seront lésés. De plus, le tout est rythmé par une bande-son jazzy pop redondante qui ne manquera pas de rendre le voyage du félin aux favoris désordonnés encore plus épuisant. Pour couronner le tout, contrairement aux anciens titres qui avaient de quoi ravir les amateurs de speed run tant l’action se voulait dynamique, ici l’action se veut lourde et lente en plus de souffrir d’un véritable manque de lisibilité, rendant l’aventure totalement assommante. C’est donc véritablement un retour raté sur les supports actuels pour Busby, un come-back que nous espérons être le dernier.

LE VERDICT
PAS MALYNX
3

2 Commentaires

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