Test de Broforce (PC)

Ce test a été réalisé à partir d’une version dématérialisée, sur PC, fournie par l’éditeur.

Les 30 Brolopards

Si pour vous The Expendables n’est qu’un gros nanar sans intérêt, vous aurez certainement du mal à comprendre l’intérêt que l’on peut porter à Broforce. Mais au fait la Broforce c’est quoi ? Créée par Nelson Brodela, c’est une unité spéciale qui s’occupe de maintenir la paix dans le monde en massacrant tous ceux qui la menacent. Un brin contradictoire, on vous l’accorde, mais terriblement efficace. Une simplicité déconcertante qui s’inspire de tous ces films de gros bras que les années 80 ont connus avec des héros aussi caricaturaux qu’efficaces sur le champ de bataille. Pour tous ceux qui ont grandi avec ces films, l’hommage fera clairement chaud au cœur : de Rambo à Universal Soldier en passant par Alien, Matrix, Kill Bill, Machete et bien d’autres encore, c’est l’action avec un grand A qui est ici mise à l’honneur avec une ambiance volontairement débile où le moindre pet de travers à l’autre bout du monde est prétexte à sauter dans un hélicoptère pour aller défourailler tout ce qui bouge.

Évidemment un travail de cette précision ne peut pas être confié à n’importe qui. C’est pourquoi la Broforce est constituée d’une trentaine de couillus tout droit tirés de leur univers propre. Pour pousser le ton de la dérision à son paroxysme, Free Lives s’est juste permis de changer le nom de ces personnages afin d’en faire des Bros, c’est à dire des potes soudés qui ne laissent jamais tomber personne et qui avancent tous ensembles coûte que coûte. Terminator devient ainsi Brominator, Ripley (de la trilogie Alien) se transforme en Bropley, Prédator Brodator, The Bride de Kill Bill se change en The Brode et ainsi de suite. Et si le jeu adopte un pixel-art d’une relative décevante grossièreté (on n’aurait clairement pas dit non à quelque chose d’un tout petit peu plus fin qui aurait tout autant conservé la petite touche nostalgique recherchée), on apprécie de pouvoir différencier sans le moindre mal chaque intervenant à l’écran. Que ça soit par l’intermédiaire d’une petite animation bien particulière, de son arme ou de son look tout simplement, on distingue du premier coup d’œil qui est qui et on apprécie alors à sa juste valeur le soin apporté à chaque intervenant et les multiples références faites à tour de bras.

Bronan et Brominator sont dans un Broteaux

Voilà donc pour le contexte. Au niveau du fonctionnement, Broforce est un run & gun tout ce qu’il y a de plus classique avec une progression de gauche à droite dans des niveaux bourrés d’ennemis et de pièges en tout genre, le tout se terminant généralement par des boss énormes pour nous pourrir un peu plus l’existence. Notre personnage meurt dès qu’il est touché, forçant alors le joueur à repartir du dernier checkpoint atteint représenté par un drapeau américain (caricature quand tu nous tiens). Enfin pour cela faut-il encore avoir délivré les otages placés un peu partout dans le niveau et qui offrent une vie supplémentaire. Mais ce n’est pas tout. Le jeu offre également une dimension aléatoire franchement sympathique. En début de partie, on démarre donc avec un Bro attribué par hasard. Chaque fois que l’on délivre un otage (et donc que l’on gagne une vie), on change de Bro, là-aussi, de manière aléatoire. La vraie bonne idée derrière ce système c’est qu’il pousse les joueurs à utiliser tous les personnages et évite qu’ils se cantonnent à leur petit confort avec un seul personnage connu et maîtrisé. Accessoirement ça évite aussi les bastons en début de partie à plusieurs pour savoir qui pourra jouer avec son personnage fétiche.

Dans les faits, le système comporte tout de même une faille de taille car tous les Bros ne sont pas égaux sur le champ de bataille, la faute à l’arsenal qui les caractérise puisque chacun utilise une arme principale et une secondaire qui lui sont propres. Certains sont complètement abusés et peuvent défoncer un niveau les yeux fermés comme Brominator, The Brode, Brochete ou encore Bro in Black. Aussi contradictoire que cela puisse paraître c’est également le cas de tous les personnages au corps à corps qui peuvent renvoyer des balles et frapper à une vitesse effarante permettant de rusher dans tous les sens sans la moindre prise de risque (ou presque). À l’opposé, certains Bros sont totalement inutiles et feront généralement l’objet de railleries interminables quand le joueur se les récupérera au moment du spawn. Le Bro Norris avec son lance-grenades pénible à utiliser ou encore Bronan qui n’avance à rien et qui frappe mollement font partie de ces personnages détestables pour lesquels on serait prêt à réécrire la RNG pour qu’elle ne nous les assigne pas. C’est quand même à se demander comment 19 mois d’accès anticipé n’ont pas permis de souligner ce problème d’équilibrage assez évident.

C’est en multijoueur que l’on prend véritablement toute la mesure de Broforce, qui donne juste envie d’aller vite et de bourrer dans le tas sans réfléchir.

Meilleur avec des Bros et des Bronenbourgs

On finit malgré tout par s’y faire et par rusher le plus vite possible jusqu’à un otage quand le jeu a décidé de nous affecter un Bro au rabais. Une chose relativement facile à faire en abusant de la possibilité de détruire la quasi-totalité des niveaux ce qui permet, par exemple, de se creuser une galerie souterraine à grands coups de lance-roquettes pour éviter tout un tas d’ennemis insupportables. Mais cette solution peut également se retourner contre le joueur qui, lors d’un excès de zèle, pourra déclencher bien malgré lui une série d’explosions qui finiront par lui faire tomber sur la tronche un rocher venu de nulle part ou l’expédier directement à côté d’un bidon explosif. Une vérité encore plus d’actualité lorsqu’il s’agit de jouer en à plusieurs. C’est là que l’on prend véritablement toute la mesure de Broforce qui donne juste envie d’aller vite et de bourrer dans le tas sans réfléchir. À quatre joueurs on a ainsi vite fait de transformer l’écran en une énorme explosion géante où on finit par ne plus comprendre l’enchaînement des événements qui ont amené cette pauvre petite roquette anodine à faire péter le pont sur lequel étaient positionnés nos trois partenaires. L’ambiance n’en devient que plus excellente, chacun cherchant juste à sauver sa peau en éliminant les bad-guys tout en essayant d’anticiper le comportement inconscient de ses compagnons. Fous rires et epic fails garantis.

Ceci étant, malgré l’énorme fun que procure le jeu, il reste un énorme point difficile à passer sous silence : le niveau de finition globalement très décevant, surtout si l’on prend en compte le temps de gestation du projet. Si les choses se sont améliorées depuis la sortie officielle, on se demande comment une early-access aussi longue peut déboucher sur un jeu où le multijoueur lag à ce point, où les boss n’apparaissent pas ou, quand ils sont bien là, se détruisent tout seul sans que l’on intervienne et où, tout simplement, un tel déséquilibre entre les personnages peut exister. Tous ces problèmes auraient pu, et auraient dû même, être réglés avant la sortie du jeu. Surtout que les développeurs se sont également permis de supprimer des modes de jeu franchement sympathiques qui étaient présents dans l’early-access comme ces niveaux avec un scrolling automatique qui forçaient le joueur à avoir des réflexes affûtés pour espérer s’en sortir. C’est dommage car cela apportait une vraie variété à Broforce qui en manque aujourd’hui cruellement. On a bien trop vite la sensation de faire un peu toujours la même chose, dans les mêmes environnements avec les mêmes ennemis et ce, malgré une tentative de surprise au milieu de l’aventure. Ceci étant, cette routine se ressent beaucoup plus lorsque l’on joue seul dans son coin, le multijoueur rajoutant une énorme touche de folie qui rend l’ennui impossible tant le n’importe quoi qu’il génère est tout simplement jouissif.

LE VERDICT
BROLLANT
7
Ludo
Rédacteur/Testeur/Râleur tendance sociopathe avec un sérieux penchant pour le troll méchant. A développé une sale dépendance à Rainbow Six Siege et Darkest Dungeon.

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