Ce test a été réalisé à partir d’une version dématérialisée, sur PC (Epic Games Store), fournie par l’éditeur.

Le sang des autres

Expédions le scénario expéditif. Notre personnage, le virevoltant Mr Wolf, est pris en embuscade puis tout bonnement exécuté par un groupe de quatre gus affublés de tenues bestiales. Alors qu’il devrait être mort, on le retrouve quelques instants plus tard, prêt à retrouver ses assassins et à leur rendre la monnaie de leur pièce. C’est peu ou prou tout ce que le jeu a à offrir en termes de narration, bien que Paper Cult ait tiré quelques leçons des scénettes cryptiques de Hotline Miami, le pixel art en moins, la déconne en plus. C’est cette même légèreté qui anime le titre, n’hésitant jamais à faire passer la forme avant le fond, pourvu que le résultat puisse détendre vos zygomatiques.

Ce n’est pas la seule chose que Bloodroots a repris de son vénérable modèle, tout le cœur du jeu rappelle le hit de Dennaton Games. Pris d’une folie meurtrière, Mr Wolf a décidé de nettoyer intégralement chaque niveau de fond en comble. Une sorte de ménage par le vide avec une serpillière et un seau d’hémoglobine. La mission du joueur est donc de s’emparer de tout ce qui lui passe à portée de main afin de charcuter du méchant à la chaîne, avant d’atteindre le checkpoint et de passer au stage suivant.

Système D(écimer)

Quand on dit “tout ce qui lui passe à portée de main”, il ne s’agit pas d’une figure de style. Chaque objet peut servir d’arme. Une carotte, une échelle, un tonneau : on sous-estime le potentiel ravageur de ces quelques banalités. Naturellement, on ne se sert pas d’une carotte comme on se sert des deux autres. Ainsi, chaque objet a une utilisation spécifique et un nombre d’activations limité. L’échelle par exemple pourra aussi bien servir à sauter plus haut qu’à faire l’hélicoptère pour faucher les quelques malotrus qui pourraient passer par là. En revanche, elle se cassera après avoir touché trois d’entre-eux. Le tonneau quant à lui permet de rouler, rouler, rouler, sur trois ennemis ou d’être simplement projeté en avant jusqu’à rencontrer un obstacle.

Chaque niveau a ses petits objets inédits, poussant le joueur à la créativité afin de faire gonfler sa jauge de score. Parce qu’il s’agit avant tout d’un jeu de scoring. Ici, il n’y a pas d’autre motivation que le simple plaisir de refaire en boucle les différents passages afin d’optimiser sa technique, trouver de nouveaux chemins et exploser les records. En cela, Bloodroots ne rechigne jamais ses origines très “arcade” et ce qu’il fait, il fait plutôt bien. Chaque réussite est le fruit de la persévérance du joueur qui, mort après mort, finit par comprendre quelle arme utiliser en priorité, dans quel ordre buter ses adversaires et finalement comment atteindre la sortie le plus vite possible.

Pixel Imperfect

Dès lors, on regrettera quelques errements particulièrement dommageables dans ce genre de titre. Impossible de passer sous silence la frustration naissante lorsqu’un adversaire se cache dans un coin alors que le joueur est convaincu d’avoir terrassé tout le monde. La lisibilité, si elle n’est pas toujours à blâmer, a tendance à faillir, Bloodroots s’amusant régulièrement avec les perspectives de manière peu glorieuse. Même si c’est rare, il arrive de finir un niveau et de manquer bêtement un saut en tâchant d’atteindre le fameux checkpoint suivant, forçant le joueur à recommencer le passage.

C’est là le principal défaut de Bloodroots, dans lequel la précision est absolument indispensable. Les commandes ont beau répondre au quart de tour, difficile de ne pas pester de temps à autre contre quelques collisions approximatives et choix de caméra douteux. Heureusement pour nous, ces quelques soucis ne viennent pas trop entacher un jeu furieusement régressif et par conséquent hautement recommandable pour mordus de gros scores.

LE VERDICT
CONCLUSION
7
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Adulescent bienheureux, tantôt compagnon d'infortune de dieux Nordiques, tantôt jardinier attitré pour des Piñatas furieuses. Dans les deux cas, c'est avec le sourire et au trot !

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