Test de Blood Bowl 2 (PC, PS4, Xbox One)

Ce test a été réalisé à partir d’une version dématérialisée, fournie par l’éditeur, sur PC.

Hey le vieux, c’est quoi ce truc ?

Si pour vous les années 80 relèvent de la préhistoire, un petit rappel est donc nécessaire. Blood Bowl kesako ? Un terrain de jeu façon football américain, deux équipes de onze bourrins, une vessie de porc cloutée gonflée à bloc (NDLR : un ballon) et deux mi-temps de huit tours chacune. Voilà pour le décor. Le but : planter le ballon chez l’adversaire tout en prenant un maximum de plaisir à fracasser la mâchoire des joueurs. À bien y réfléchir on se demande même si le but principal n’est pas plutôt de tabasser à tour de bras et, si l’occasion se présente, faire progresser la balle pour aller marquer un touchdown. Quoiqu’il en soit le concept reste le même : une énorme dose de brutalité assortie d’une grande dimension stratégique, le tout sobrement arrosé de probabilité et de prise de risques. Le principal problème de Blood Bowl pour tous ceux qui ne sont pas tombés dedans étant petit, c’est la richesse de ses règles. Car malgré les apparences Blood Bowl est un sport subtile. Plus précisément, le coaching d’équipes de Blood Bowl est quelque chose de plus fin qu’il n’y paraît. Se lancer dans l’aventure sans connaître les règles qui la régissent c’est obligatoirement prendre le risque de s’exposer à une frustration sans limite et à un sentiment d’injustice profond qui résulteront, dans le meilleur des cas, à une suppression du répertoire d’installation du jeu et des commentaires rageurs sur les forums pour tenter d’expliquer que, vraiment, ce jeu c’est n’importe quoi.

Pour éviter cette situation Cyanide Studio a pris le problème dans le bon sens en proposant une campagne solo qui permettra à chacun d’appréhender les règles une à une, à travers des matchs qui introduisent petit à petit les diverses mécaniques du jeu. Fini donc l’apprentissage dans la douleur du premier opus, ici tout est fait pour aider le novice à comprendre où et dans quoi il a mis les pieds. Ainsi le début de l’aventure, sympathiquement mis en scène d’ailleurs, permettra de monter son équipe en prenant les commandes de joueurs tombés plus bas que terre au dernier championnat. L’objectif devient alors simple : partir à la conquête d’un titre à priori hors d’atteinte et retrouver la gloire passée. Les premiers matchs permettront d’apprendre les bases fondamentales comme les déplacements, l’occupation du terrain et les avantages de chaque classe de personnage. Les matchs du milieu de campagne se concentrent principalement sur le coaching de l’équipe hors du terrain et commenceront alors les matchs contre les autres races que propose le jeu. L’occasion de se rendre compte qu’on ne vient pas à bout d’une équipe d’orcs de la même manière que l’on terrasse une équipe d’humains. La fin de la partie solo sera enfin le parfait moment pour jouer des matchs dans leur intégralité avec l’introduction des événements aléatoires, les conséquences de la météo et les possibilités de coups pourris sur le terrain ainsi que les différents bonus et leur fonctionnement (soin de personnage, possibilité de reroll, etc.).

Killing is my business and business is good !

Inutile de dire que pour les joueurs expérimentés cette partie solo n’a absolument aucun intérêt. En revanche, pour ceux qui débutent dans ce monde de doux dingues c’est un passage obligatoire, et ce pour deux raisons. La première évidemment c’est que pour apprendre les bases il n’y a pas d’autres solutions, à moins de vouloir se coltiner les 60 pages de règles du manuel de Blood Bowl La seconde raison c’est qu’elle permet de comprendre ce qu’est exactement Blood Bowl. Plus qu’un simple jeu de stratégie c’est avant tout un jeu dans lequel il faut savoir interpréter des probabilités et savoir reconnaître quand une prise de risque est véritablement rentable. Il faut cependant bien garder en tête qu’avec sa dimension hasard forcément omniprésente (on lance des dés après tout), les événements aléatoires qui peuvent faire basculer un match que vous pensiez gagné et les coups tordus qui sont là uniquement pour rendre le tout parfaitement imprévisible, Blood Bowl 2 restera pour beaucoup parfaitement, totalement, profondément injuste.

En partant de ce constat, il faut alors apprendre à tirer profit de la défaite. C’est peut être le seule point négatif de cette campagne qui nous force à gagner chaque match pour progresser et qui, du coup, se garde bien de nous apprendre que la défaite n’a rien de dramatique. Bien au contraire puisque c’est en partie là que la dimension bourre-pif de Blood Bowl 2 pourra être exploitée à son maximum. Car au final il y a deux façons d’encaisser une défaite. En se lamentant ou en massacrant le plus possible de joueurs adverses avant la fin du temps réglementaire. Le receveur adverse est à l’autre bout du terrain avec la balle et il est impossible de le rattraper dans votre dernier tour ? Oubliez-le et préférez utiliser votre brute pour blesser ou tuer un joueur adverse. La seconde mi-temps n’en sera que plus délicieuse pour vous. Par extension, la défaite en fin de match offre les mêmes perspectives. La seule chose à ne pas faire c’est donc bien d’abandonner puisque cela ne rapportera au final ni argent, ni point d’expérience contrairement à la mort d’un joueur adverse qui sera récompensée par de précieux points permettant de faire évoluer les membres de son équipe. Et même en cas de défaite, on peut toujours espérer un jet de dés clément pour l’attribution des primes de fin de match. Oui, la défaite n’a jamais été aussi intéressante en fait !

Plus qu’un simple jeu de stratégie, Blood Bowl 2 c’est avant tout un jeu dans lequel il faut savoir interpréter des probabilités et savoir reconnaître quand une prise de risque est véritablement rentable.

Come get some, NoObs

Pour compléter le tout, et encourager le joueur à être le moins fair-play possible, le studio a fait d’énormes efforts au niveau de l’ergonomie du jeu, notamment sur le terrain pendant les matchs. Chaque fois que l’on sélectionne un joueur il nous est présenté sous forme d’une carte à jouer avec ses compétences et caractéristiques. En ciblant un joueur adverse on peut ainsi tout de suite comparer les deux joueurs et voir, en un coup d’œil, la probabilité de réussite de la manœuvre. Même chose pour les pourcentages de réussite qui s’affichent pour chaque action possible. L’affichage est parfaitement intégré à l’environnement ce qui ne gâche pas le plaisir des yeux tout en apportant l’information cruciale au joueur. Le constat est d’ailleurs le même en ce qui concerne les jets de dés permettant ainsi de savoir immédiatement tout ce qu’il y a à savoir en matière de probabilité concernant la manœuvre que l’on s’apprête à effectuer. Du tout bon donc, puisque Blood Bowl 2 fait finalement beaucoup mieux que son aîné sur ce point. Cyanide Studio ne s’est donc pas juste contenté d’un didacticiel à la va-vite mais a bien pris le temps de mettre en place une campagne solo qui soit à la fois plaisante et pédagogique. Car si on apprend beaucoup en finissant cette campagne, on s’y amuse aussi énormément. Notamment grâce aux deux pseudo-présentateurs qui donnent une petite touche événement sportif à l’ensemble tout en saupoudrant le tout avec des vannes idiotes qui collent parfaitement à l’ambiance du titre.

Évidemment, la grosse partie pour un jeu comme Blood Bowl 2 reste le multijoueur. C’est en jouant contre d’autres joueurs humains que l’on comprendra que la scolarité de l’IA du mode solo ne nous a pas vraiment préparé à tout. Tant mieux, le temps de l’apprentissage et donc de la montée en puissance n’en sera que plus plaisant. Le jeu propose tout un système de ligue qui permet de prendre en main une équipe de bras cassés pour en faire des champions en puissance. Libre à chacun de choisir la race parmi les huit présentes sachant que chacune d’elle possède ses propres avantages et inconvénients. Les humains sont moyens partout et n’excellent malheureusement en rien. Les nains sont très lents, mais très bons pour bloquer la balle pendant qu’ils réduisent les rangs adverses à peau de chagrin pour ensuite marquer sans opposition. Les elfes sont très habiles et les skavens probablement les plus rapides. Bref, il y en a pour tous les goûts et chacun trouvera chaussure à son pied. Chaque faction possède des caractéristiques de base classiques (Force, Agilité, Armure et Mouvement) qui leur sont propres et offre en plus des classes dont certaines capacités spéciales sont boostées. Libre à chacun de faire ensuite évoluer ses joueurs comme bon lui semble en exploitant les points d’expérience gagnés pour chaque victoire et chaque adversaire envoyé sous terre.

Et les vieux dans tout ça?

Finalement, et c’est plutôt une bonne chose, c’est principalement dans les tous petits détails que l’on peut trouver les vrais défauts de Blood Bowl 2. Sans vouloir chipoter, on aurait aimé pouvoir personnaliser encore plus chaque joueur de son équipe, tout comme il aurait été appréciable de pouvoir donner un nom aux formations que l’on invente. Tant qu’à jouer les coachs, autant pouvoir le faire à fond. Sur PC on regrette aussi le peu de paramètres disponibles pour customiser l’affichage en fonction des performances de sa machine. Un jour il faudra que les développeurs comprennent que « Moyenne, Haute, Très Haute » ça ne veut pas dire grand chose. Alors certes on peut décider de supprimer l’herbe et le public, mais un peu plus de nuances et de possibilités n’auraient clairement pas fait de mal. Toujours sur PC, on a pu également relever quelques soucis techniques dans les cinématiques lors de la campagne solo comme des ralentissements voire des freezes complets du jeu. Le plus « marrant » étant cette caméra qui fait n’importe quoi dès lors que l’on a le malheur d’avoir une manette de branchée sur le PC. Mais après tout, qui est assez fou pour jouer à la manette sur un PC de nos jours ?

Bref tout ça pour dire que Blood Bowl 2 ne souffre heureusement pas de problèmes majeurs et possède tout ce qu’il faut pour réussir son pari de séduire ceux qui, jusque là, pensaient que les joueurs de Blood Bowl étaient des gens bizarres qui s’adonnaient à un passe-temps bizarre dans des lieux bizarres. Malheureusement Cyanide Studio a peut-être un peu trop forcé la chose à vouloir absolument attirer le joueur néophyte. Car pour un jeu comme Blood Bowl il est également important que la communauté suive pour donner du poids au jeu en ligne et assure une certaine pérennité au jeu dans le temps. Dans cette optique il est regrettable de voir que Blood Bowl 2 ne propose, à son lancement, que huit races. A titre de comparaison il faut savoir qu’aujourd’hui le Blood Bowl premier du nom possède pas moins de vingt-trois races jouables. Tout ceci laisse évidemment craindre l’arrivée de DLCs à la pelle pour fournir progressivement les races manquantes. Dans le contexte actuel c’est même une quasi certitude que ce modèle économique sera appliqué pour étoffer le jeu, ce qui pourrait amener une partie de la communauté à le bouder jusqu’à l’arrivée d’éventuelles édition GOTY. Et au final, ça serait franchement regrettable.

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LE VERDICT
DWARFDOWN
7
Ludo
Rédacteur/Testeur/Râleur tendance sociopathe avec un sérieux penchant pour le troll méchant. A développé une sale dépendance à Rainbow Six Siege #CopperForEver

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