Test de Battlefield V (PC, PS4, Xbox One)

Ce test a été réalisé à partir d’une version dématérialisée fournie par l’éditeur, sur PlayStation 4.

Han Solo ?

Cela fait des années qu’on le rabâche et tous les joueurs le savent : Battlefield n’est pas réputé pour son mode campagne. Si certains ont bien aimé celles des Bad Company, il faut bien avouer que tous les modes solos proposés par DICE manquent bien trop souvent d’intensité et de renouveau. Dans Battlefield V, ce running gag continue puisque l’on se voit proposer trois pauvres petites campagnes (une quatrième se débloquera début décembre) qui se terminent au grand maximum en une petite heure. Si nos calculs sont exacts, cela fait moins de trois heures le solo entier. De quoi passer une bonne nuit blanche dessus, ou pas.

Alors on pourrait pardonner quelque peu si ces missions profitaient un tant soit peu du mot « Battlefield » pour décrire des batailles gigantesques et meurtrières. Mais à la place, on se voit proposer sur deux chapitres de pauvres phases d’infiltration à travers les lignes ennemies. Des missions lourdingues et peu excitantes vidéoludiquement tant on a l’impression de jouer à un Hitman du pauvre. La 3e relève quelque peu le niveau en suivant les tirailleurs français prendre d’assaut les positions allemandes, mais les mécaniques sont celles déjà utilisées par les Call of Duty depuis 15 ans avec un jeu qui nous dit de revenir dans la bataille dès lors que l’on s’éloigne un peu trop du chemin souhaité. C’est dommage, car le fait de mettre en avant des profils n’ayant pas ou peu été reconnus durant la seconde guerre mondiale est tout à fait louable, mais ce n’est pas leur faire honneur si ludiquement on s’ennuie.

Chute libre

Vient donc le multijoueur. La pièce maîtresse de chaque Battlefield. Electronic Arts a bien compris qu’il fallait montrer patte blanche après l’énorme bad buzz entraîné par les lootboxes de Battlefront 2. C’est simple, on n’en trouve pas dans ce Battlefield V. On est ici devant une progression en niveau. En utilisant la classe (entre médecin, assaut, soutien et sniper) et l’arme équipée, on gagne des levels dans ces deux domaines qui nous permettent d’améliorer notre équipement (armes et gadgets pour les classes) ou d’ajouter des accessoires (viseur, stabilisateur, crosse, etc. pour les armes). Une progression archi-classique dans un sens mais qui permet d’être récompensé comme il se doit. Qui plus est, chaque classe de soldat est divisée en deux avec par exemple un assaut davantage orienté anti-char. Pas très utile vu l’orientation de ce cinquième opus étant donné que les engins de combat passent totalement en retrait. Un peu étrange pour une guerre qui a justement “démocratisé” les engins blindés. Les amoureux des anciens Battlefield qui adoraient voir de grosses batailles véhiculées vont vite être déçus.

Autre effet du retrait des véhicules, la destructibilité des environnements qui passent lui aussi au second plan. Avec seulement 8 cartes qui proposent soit des combats en pleine ville, soit des champs avec peu de bâtisses, il n’y a quasiment plus rien à détruire avec cette impression de courir en rond comme dans un Call of Duty. D’ailleurs, on ne sait pas ce qui s’est passé entre Battlefield 1 et Battlefield V, mais il est ici bien plus difficile de repérer à l’œil nu un ennemi. Pour certains, ils verront une approche plus réaliste, pour d’autres c’est davantage ceux qui camperont dans la broussaille qui auront le plus de kills.

Les engins de combat passent totalement en retrait. Un peu étrange pour une guerre qui a justement “démocratisé” les engins blindés.

Le côté « prendre des risques pour être récompensé » prend donc un sacré coup, surtout que le spot (la petite notification visuelle pour repérer un ennemi) a disparu pour la grosse majorité des joueurs. N’oublions pas la possibilité de relever un de ses coéquipiers de son escouade sans être obligatoirement médecin. Une bonne idée pour valoriser le travail en petite équipe, mais qui rend les médecins de sa nation encore moins teamplay. Le nombre de fois où un médecin était plus préoccupé par le combat que par notre joueur mourant a explosé les compteurs. Enfin la nouveauté de construire des fortifications est une bonne idée en soi. Mais cette joyeuseté est vite balayée lorsque l’on s’aperçoit que ces constructions sont imposées à des endroits définis par le jeu. Dommage, car les précédents artifices trouvés dans les Battlefield (Levolution ou l’intervention d’une aide blindée pour l’équipe en train de perdre) ne demandent qu’à être poussés. Et ce n’est pas le joli blizzard sur Fjell qui nous fera changer d’avis.

Battlefield & Arsenal

Heureusement, les sensations sont toujours présentes avec des armes ayant chacune leur comportement et devant être maniées, par moments, avec doigté. Surtout que les munitions ont été réduites. Alors c’est encore une fois à double tranchant. C’est en effet toujours un plaisir d’aligner les têtes ou de contourner une ligne de front pour en tuer trois-quatre, mais on se retrouve très vite à sec avant même de pouvoir concrétiser l’action. Finalement, nos meilleurs résultats ont été en défense en Percée, à camper dans un coin en soutien pour avoir un nombre de munitions illimités. La frustration des ennemis d’en face était grandissante tant ils se concentraient davantage sur nous sans pouvoir véritablement nous déloger. On en vient donc justement à la conception des cartes qui favorisent souvent, là encore, le camping par des routes en hauteur ou avec plusieurs bâtiments qui offrent une vue parfaite sur la petite berge en plein milieu de la carte. Autre souci en ce qui concerne ces cartes urbaines, on a cette fâcheuse impression de ne pouvoir rentrer que dans une maison sur cinq. On se retrouve des fois un peu bête de foncer dans une porte fermée alors que la mitoyenne d’à côté l’est. Bref, vous l’aurez compris, elles sont loin d’être mémorables.

Autre mauvaise nouvelle également dès la recherche de serveurs : une partie des modes de jeu ne peuvent se jouer que sur des serveurs configurés à 64 joueurs. Si vous souhaitiez jouer à Conquête, Grandes Opérations ou encore Percée en ayant une espérance de vie supérieure à 30 secondes, vous pouvez toujours rêver, tout du moins sur la console du géant nippon, puisqu’aucun serveur à 32 voire 48 joueurs n’est disponible dans cette configuration. Du côté technique, ce n’est pas la joie sur les versions consoles de base avec des textures assez fadasses et des bugs parfois assez incongrus (comme se retrouver à terre et passer à travers le sol au moment où un allier allait nous remettre sur les jambes). Si c’est sans doute très joli sur PC, c’est une autre histoire sur consoles. Enfin d’un point de vue sonore, on reste dans du grand DICE pour tout ce qui est ambiance globale et bruitage des armes à feu. En revanche, c’est toujours un peu la mouise lorsque l’on doit surveiller des ennemis aux bruits de pas.

LE VERDICT
ANOTHER BATTLEFIELD
6
Nonag
Ex-achievement whore, redditor, petit trolleur et grand amateur de courses automobiles.

2 Commentaires

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