Test de Battle Axe (PS4, Switch, PC, Xbox One)


Développeur : Henk Nieborg

Éditeur : Numskull Games

Sortie : 30/04/2021

Supports : PC / PS4 / One / Switch

CONCLUSION

Tel un cri roc et sauvage provenant d’un souffle ancestral, Battle Axe part comme un appel de ralliement pour tout amoureux de l’arcade 16-bits, et au sens large, du rétro. De l’interface archaïque à l’animation généreuse de ses sprites, en passant par la bande-son puissamment mélodieuse et la direction artistique architecturale chatoyante, l’union des deux forces que sont Henk Nieborg et Mike Tucker est un véritable voyage temporel vidéoludique qui, malheureusement, n’oublie pas de faire écho aux défaillances d’autrefois. La difficulté du jeu se montre suffisamment relevée pour donner un temps soit peu envie aux joueurs de se challenger. Mais comme par le passé, ce choix de game design a avant tout pour effet de camoufler ici un manque de contenance et de contenu. Si les moyens restreints du studio peuvent certes justifier de telles circonstances, il n’empêche qu’en temps de bataille, mieux vaut avoir une hache plus affûtée.

Battle Axe ! Rien qu’à la prononciation de son nom, une voix ancestrale semble résonner d’une vallée lointaine. Inspiré des classiques de l’ère 16-bits, enrobé d’une magnifique direction artistique en pixel-art et rythmé par une ambiance sonore signée Manami Matsumae, le hack’n slash en vue isométrique imaginé par Henk Nieborg et développé à quatre mains a véritablement tout pour faire chavirer le cœur des adeptes de rétro. À présent disponible chez tous les marchands et armureries du coin, il est l’heure de voir si notre prétendant est à la hauteur de ses maîtres.

Golden Battle Axe

battle axe screenshotPlonger dans une aventure entièrement imprégnée de l’héritage vidéoludique d’Ed Logg, concepteur influent de l’âge d’or du jeu d’arcade, avec notamment des inspirations du côté des cultissimes œuvres que sont Gauntlet, Golden Axe, Dungeons & Dragons : Shadow over Mystara ou encore Knights Of The Round, telle était la proposition venant introduire la campagne crowdfunding d’un certain Battle Axe. Si dans la forme, cette introduction aurait pu ouvrir sur n’importe quel projet, d’autant plus à l’heure où le rétro sévit de toute part, dans le fond certains détails avaient tout de même de quoi laisser penser qu’il s’agissait d’une affaire beaucoup plus subtile. C’est alors en corrélant ces mots avec son auteur que les choses deviennent véritablement évidentes.

L’heureux élu n’est autre que Henk Nieborg. Pour ceux qui ne le connaîtraient pas, il est un vétéran de l’industrie qui a participé au développement d’œuvres, et pas des moindres, comme Lionheart (sorti sur Amiga en 1993), The Adventures of Lomax (sorti sur PS1 en 1996), Shantae : Risky’s Revenge (sorti sur DSiWare en 2011) et plus récemment Shakedown : Hawaii ou encore Fox n Forest. Le monsieur n’est d’ailleurs pas venu tout seul, puisqu’il est accompagné d’un certain Mike Tucker, avec qui il a d’ailleurs eu l’occasion de travail sur Xeno Crisis, et d’une certaine Manami Matsumae, connue pour avoir composé les bandes-originales de Mega Man 1 & 2, Final Fight, Mighty No.9 ou encore Shovel Knight. Toute cette équation n’est donc tout naturellement pas tombée dans l’oreille d’un sourd puisqu’en fin de compte, Battle Axe a atteint quasiment le double de ses objectifs financiers de départ (avec 73.918£, soit 85.165,36€, pour ses 1.867 contributeurs).

battle axe screenshotUn artiste designer, un programmeur principal, une compositrice et deux acteurs de doublage, une modeste équipe indépendante qui s’est donnée pour ambition de rendre hommage à l’arcade des années 80-90, par le biais d’un hack’n slash aux saveurs d’antan et survitaminées. Et pas qu’un peu, Battle Axe n’a pas de temps à accorder aux grands discours, et préfère laisser parler l’action. En effet, il faudra se contenter d’une simple et courte cinématique de titrage en guise de contextualisation. Après quoi, seule une sélection de personnages sépare le joueur de la castagne. Pour comprendre davantage le lore de ce Battle Axe, les réponses se trouvent essentiellement au sein de sa page Kickstarter. Mais pas la peine d’aller forcément plus loin, ce test est là pour vous faciliter la tâche. D’autant plus que le scénario tient sur un timbre poste.

Les joueurs en quête des sensations arcade d’époque seront aux anges.

Les Trois Mercenaires

Le royaume de Mercia vit des heures sombres. Du moins tous les septs ans. Etheldred, une sorcière despotique vivant au sein d’une tour impénétrable, surplombant les friches glacées du nord, envoie ses troupes vers les cantons du sud afin de kidnapper tout être qui pourrait agrandir l’effectif de ses esclaves. Bien décidé à stopper les agissements d’un tel tyran, et à se faire de la maille par la même occasion, un petit groupe de mercenaires part en direction des terres nordiques avec armes à la main et courage dans les tripes.

battle axe screenshotParmi eux, il y a Fae, une elfe noire, experte dans le maniement des lames de type dagues et couteaux, Iolo, un Druide dont les origines ésotériques lui permettent de se battre avec sa barbe et de lancer des boules de feu avec son bâton, et enfin Rooney alias le Maraudeur, reconnaissable par sa carrure de bûcheron mais aussi par le canon qu’il porte à mains nues. Si dans la structure les mécaniques restent les mêmes pour tous, à savoir une touche pour les coups rapides, une autre pour les frappes à distance et une troisième pour le dash, au combat, chaque personnage se différencie avec des arguments de fonds pas inintéressants.

Déterrer la hache de guerre

Notre poignardeuse hors pair se démarque notamment par sa rapidité, tandis que notre vieux mage préfère couvrir une large zone d’attaque et notre musclor de service miser sur sa force. Manette en mains, ces singularités se ressentent véritablement. Pour autant, il aurait été tout de même bienvenu d’incorporer des techniques propres à chaque héros, histoire d’avoir un meilleur équilibrage. Un combattant en particulier – pour ne pas spoiler, a vite fait de devenir le cheval sur lequel parier, tant il se présente comme le le plus complet. Quoi qu’il en soit, le dynamisme des batailles fonctionne du feu de Dieu. Les joueurs en quête des sensations arcade d’époque seront aux anges. Et s’il y a bien un point qui y est pour quelque chose, c’est indéniablement la direction artistique.

battle axe screenshotLa patte en pixel très colorée, chatoyante et vivante de Nieborg est merveilleusement mise en avant par le travail d’animation en angle isométrique de son collègue Tucker. Des jeux comme Metal Slug, Warriors of Fate, La Légende de Thor ou même Herc’s Adventures viendront sûrement courir aux esprits des plus nostalgiques, l’esthétique générale étant d’une finesse remarquable. Le doux parfum des 90’s se laisse, pour ainsi dire, généreusement sentir à chaque recoins et parcelles des niveaux abordés. Il est toutefois dommage qu’en termes de level-design, ces derniers montrent promptement leurs limites.

À part une campagne principale et un mode Infini, rien n’est proposé pour garder les joueurs en haleine.

Iolo, on ne vit qu’une fois

L’objectif central se résume à avancer en éliminant des hordes de monstres et en libérant, de temps à autre, des habitants capturés, jusqu’à atteindre le boss des lieux. Non seulement, aucune quête annexe, ni même défis secondaires, ne viennent diversifier l’action, mais l’architecture elle-même des mondes se veut plutôt artificielle et vide en fin de compte. En ce sens, beaucoup de passages se ressemblent, ce qui n’aide tout naturellement pas la progression du joueur sachant que sa réussite dépend en grande partie de sa bonne connaissance des zones.

battle axe screenshotD’ailleurs, côté challenge, il faut avoir les nerfs bien accroché. Non pas que les ennemis soient des plus coriaces, mais leur nombre aléatoirement excessif peut vite s’avérer fatal. De ce fait, la difficulté des rencontres amène à recommencer souvent, et cela, non pas d’un checkpoint donné, ni même du début du niveau, mais bel et bien depuis le début du jeu. Les joueurs les plus sensibles à la frustration sont donc prévenus. D’autant plus qu’aucun système d’expérience n’est là pour aider à progresser, ou du moins donner envie de réitérer la partie, au-delà du simple scoring. Pourtant, au vu du cahier des charges initial et des screens présentés, une évolution en grade était vraisemblablement prévue, au même titre qu’une barre de vie, au lieu des fermes et implacables points de touches.

Class…hic ?

En contrepartie, il est possible de récupérer toute sorte d’objets en chemin, ou en échange de quelques sousous, auprès d’une vendeuse intervenant entre les niveaux. Certains ont un effet curatif, pendant que d’autres plus onéreux occupent un rôle plus offensif. Il ne faut néanmoins pas s’attendre à davantage, ne serait-ce qu’un minimum de mécaniques évolutives. De manière globale, le contenu de Battle Axe reste très léger. À part une campagne principale et un mode Infini mettant à l’épreuve le joueur face à des vagues d’ennemis au sein d’une arène labyrinthique, rien n’est proposé pour garder en haleine.

battle axe gifEn somme, la formule proposée par Numskull Games reste assez classique. Ce qui n’est pas forcément inconvenant au regard de l’effectif du studio. Les développeurs ont préféré s’arrêter à l’hommage et pour le coup, le résultat est très correct. Le travail musical de Manami Matsumae alias Chanchacorin est au passage à saluer, tant les sonorités sauvages et fugueuses collent parfaitement au rythme frénétique de l’action. Bien qu’il manque de profondeur, Battle Axe est un voyage vidéoludique qui sent bon la salle d’arcade ; des arômes et fragrances qui, certes ont tendance à se dissiper, mais qui serait dommage de laisser échapper en tant que bon fan de rétro.

Une version physique de Battle Axe est également disponible via Just For Games, mais seules les consoles PS4 et Nintendo Switch sont concernées. Les collectionneurs en herbe peuvent même se chopper l’édition collector dans laquelle se trouvent une boîte de six pins ainsi que le jeu avec une pochette réversible, tout cela rangé dans un joli petit fourreau (39,99€ en version standard et 49,99€ en collector).

Ce test a été réalisé à partir d’une version dématérialisée, fournie par le distributeur, sur Playstation 4.

Mr.J
Aucun super-pouvoir, gameplay limité, fait partie du comité de protection des licornes. Recherche en vain cet alter ego qui lui permettra de mener à bien sa vendetta - "The monster you created has returned to kill you"

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