Test de Atelier Lydie & Suelle : The Alchemists and the Mysterious Paintings (Nintendo Switch, PS4)

Ce test a été réalisé à partir d’une version physique, fournie par l’éditeur, sur PlayStation 4.

Pincée de Suelle

La première chose que les habitués de la série pourront constater, c’est l’énorme retour en arrière opéré par les développeurs par rapport à l’exploration. Exit le vaste monde ouvert d’Atelier Firis, Atelier Lydie & Suelle : The Alchemists and the Mysterious Paintings revient aux bases, à savoir des zones plus ou moins grandes toutes indépendantes les unes des autres. Une sacrée déception lorsque l’on s’était habitué à se balader en toute liberté dans un open world, même si cette division permet de mieux retrouver monstres et matériaux à ramasser (chaque zone renfermant en règle générale une sorte d’item bien précise). Par exemple, la Forêt regorge de plantes de base ainsi que de Puni bleus, là où il sera plus facile de trouver des roches dans le Canyon.

L’autre gros retour en arrière, qui fera cette fois un peu plus bondir les puristes, c’est l’abandon du temps limité. Si un calendrier est bel et bien de la partie, aux côtés d’un système jour / nuit, il ne sert absolument à rien, si ce n’est à imposer une date limite concernant les quêtes annexes. Libéré du stress du chrono, le joueur peut donc progresser à la vitesse voulue sans craindre le Game Over. Là encore c’est dommage car le temps limité fait partie des fondamentaux de la licence Atelier et Gust avait qui plus est trouvé le bon équilibre dans Atelier Firis : l’imposer au départ pour plaire aux fans, pour ensuite le supprimer histoire de ne pas effrayer les nouveaux venus. Au moins, cette liberté permet de tester un peu tout et n’importe quoi en ce qui concerne l’alchimie.

Car cette dernière, représentant évidemment le cœur du titre, est de plus en plus poussée à chaque épisode. Ici, le système est grosso modo le même que dans Atelier Firis (encore lui) : le joueur choisit ses ingrédients, ces derniers bénéficiant aléatoirement d’un niveau de qualité plus ou moins élevé et de bonus (attaque améliorée, meilleur prix de vente, etc.), puis les place dans un damier à la manière d’un Tetris. Le but étant évidemment d’optimiser au mieux tout ce petit monde, il est aussi possible d’utiliser un  »Catalyseur » qui rendra ce damier plus ou moins complexe et plus ou moins rempli de boosters. Les catalyseurs étant eux-mêmes des objets, ils bénéficient eux aussi d’une qualité plus ou moins importante, ce qui viendra influencer le nombre de cases présentes sur le damier ou encore la quantité de bonus qu’il est possible de débloquer. Quant aux  »Enhancing Agent », ils modifient les couleurs des carrés, histoire de dépanner lorsque l’on ne peut pas tout placer de la meilleure des manières. Sur le papier, tout ça a l’air complexe, mais dans les faits on apprend bien vite à optimiser au mieux les objets que l’on désire créer tant le tout se montre intuitif. Petit à petit, les items de soin deviennent de plus en plus efficaces, tout comme les bombes, et ainsi de suite. Le niveau d’alchimie joue également beaucoup sur ce paramètre, il est donc conseillé de  »cuisiner » le plus souvent possible.

Pour l’amour de la cueillette

D’autant plus que certains élément essentiels à la quête principale nécessitent un certain niveau d’alchimie, obligeant donc à se poser pour créer des objets si le bon niveau n’est pas encore atteint. Les recettes étant au départ inconnues, il s’agit également de les débloquer les unes après les autres histoire de pouvoir cuisiner l’item en question. Heureusement, des indices sont donnés, histoire de ne pas se retrouver totalement dans le noir : battre tel monstre, créer tel objet, ramasser tel ingrédient… De quoi guider le joueur dans la bonne direction, quitte à parfois l’obliger à retourner dans des zones déjà visitées afin de cueillir, pour la quarantième fois, la même fleur jaune. Ce qui est d’ailleurs aussi vrai en ce qui concerne les quêtes annexes, à accepter devant le château de la ville. Des quêtes qui malheureusement se ressemblent toutes, à base de matières premières à rapporter, de certains ennemis à tuer, d’objets à créer (avec parfois une qualité imposée) ou encore de boss bien spécifiques à éliminer. Rien de bien passionnant, mais ces dernières permettent de gagner de l’argent, nécessaire pour améliorer son équipement chez le forgeron ou simplement faire des emplettes dans les différentes boutiques disponibles.

Le forgeron, d’ailleurs, ne propose que très peu d’équipements et d’armes, le but étant de pousser le joueur à améliorer ce qu’il possède déjà. Lorsqu’il a les bons éléments et suffisamment d’argent, ce dernier peut ainsi tester plusieurs combinaisons, comme avec l’alchimie, histoire de booster l’attaque ou la défense, entre autres. Les armes nécessitant des lingots d’or, au joueur de créer en amont les meilleurs possibles dans son Atelier : si au départ le niveau d’alchimie ne permet que de créer des lingots n’accordant qu’un ou deux points d’attaque supplémentaires, la montée en niveau et l’acquisition de matériaux plus efficaces permet d’améliorer tout ça petit à petit. Il est aussi possible de rajouter des bijoux aux bonus variés sur ces armes, comme par exemple un boost de points de vie. Heureusement, cette optimisation n’est pas définitive, permettant par la suite au joueur de les retirer afin de les assigner à d’autres armes, toujours dans l’optique de rendre l’équipe la plus performante possible. Ce qui n’est d’ailleurs pas du luxe tant les changements de difficulté peuvent parfois surprendre d’une zone à l’autre. On regrette en revanche l’impossibilité de comparer les pièces d’équipement chez le forgeron, ce qui est assez incompréhensible pour un RPG sorti en 2018.

Atelier peinture

Comme dans les épisodes précédents, les combats sont légion dans cet Atelier Lydie & Suelle : The Alchemists and the Mysterious Paintings et sont de toute façon nécessaires, que ce soit pour progresser dans l’histoire principale ou pour récupérer des matériaux spécifiques. Assez classiques dans leur forme, à savoir au tour par tour, ces affrontements se montrent toutefois assez dynamiques dès lors que l’on possède suffisamment de membres dans l’équipe (au bout de quelques heures tout de même). Au départ, rien de bien fou-fou : les deux sœurs ont une attaque basique, des skills, la possibilité de se mettre en défense ou encore d’utiliser des objets. Petit à petit, heureusement, le tout devient plus intéressant, surtout lorsque l’équipe comporte au moins quatre personnages (six au maximum), car entre alors en jeu le système d’attaquant et de support.

En première ligne, trois attaquants, qui sont aidés par trois supports placés sur une seconde ligne. L’intérêt ? Enchaîner les coups avec plus ou moins d’efficacité en fonction des binômes et du placement de chacun. Par exemple, Lydie est assez faible en première ligne. En revanche, placée derrière quelqu’un d’autre, elle le soignera à chaque fois qu’il perdra des points de vie et lui rendra également des PM s’il utilise des skills. Suelle, déjà assez efficace en attaquante avec ses deux pistolets, pourra enchaîner deux, voire trois skills lorsqu’elle sera placée en support. Un système vraiment sympa même si, une fois l’équipe  »définitive » choisie, les affrontements finiront par tous se ressemblet, ce qui est de toute façon inhérent au genre. Il est également possible, sous certaines conditions, de pratiquer l’alchimie durant les affrontements, mais ce système reste malheureusement assez anecdotique.

Les Mysterious Paintings d’Atelier Lydie & Suelle, on aurait aimé les découvrir à un rythme plus soutenu…

Présentes dans le titre du jeu de Gust, les  »Mysterious Paintings » sont en fait une petite pirouette du scénario permettant de proposer toujours plus d’environnements à découvrir. De ce côté-là, le pari est réussi, en tout cas visuellement (toutes proportions gardées, cet épisode restant techniquement très en retard sur son temps). Si les zones  »basiques » sont assez bateau, les peintures sont plus typées et donc plus intéressantes : la forêt hantée style Halloween, la caverne glacée ou encore la grotte remplie de magma, c’est un plaisir de découvrir ces peintures les unes après les autres et de découvrir les matériaux et ennemis qui s’y cachent. Malheureusement, le joueur n’y passe finalement qu’assez peu de temps, la faute à une taille assez réduite et trop peu d’objectifs obligatoires liés à ces peintures. D’autant plus qu’elles ne se débloquent qu’au compte-goutte, à savoir lorsque l’Atelier des sœurs jumelles améliore son rang. Nous n’en avons pas encore parlé, mais c’est là le cœur du scénario : Lydie et Suelle se sont donné comme mission de rendre leur Atelier le plus populaire du royaume, ce qui passe par des tests à réussir afin de grimper petit à petit dans la hiérarchie (G, puis F, E, et ainsi de suite). Et, lorsqu’un nouveau rang est atteint, une nouvelle peinture fait son apparition. Dommage, car on aurait aimé découvrir ces dernières à un rythme plus soutenu…

Mauvaise popote

Ce n’est malheureusement pas le seul point noir du scénario, qui est un vrai calvaire à suivre. Non seulement Lydie & Suelle passent leur temps à brailler avec leurs voix aiguës désagréables (ce qui est aussi vrai durant les phases d’alchimie et d’exploration), mais en plus les cut-scenes sont si nombreuses qu’elles viennent totalement hacher l’aventure. Parfois nécessaires à l’histoire, parfois totalement inutiles, ces moments ne peuvent malheureusement pas être passés, tout juste accélérés. Car, et même si c’est un sacrilège pour un RPG, on se surprend bien vite à passer ces dialogues inintéressants afin de replonger immédiatement dans ce que l’on faisait (surtout lorsque l’on n’est pas totalement à l’aise avec l’anglais, le tout étant uniquement disponible dans la langue de Shakespeare). A titre d’exemple, il nous est déjà arrivé de créer dans l’Atelier six objets et de devoir nous coltiner entre chaque création une petite cinématique. Oui, six cut-scenes d’affilée, où la rivale des sœurs venait les narguer, où leur père racontait n’importe quoi, où elles mangeaient juste des gâteaux, etc. Au secours ! Et c’est sans compter sur les nombreux événements aléatoires dispatchés ça et là dans les différents quartiers de la ville principale…