Test de Atelier Lulua : The Scion of Arland (PC, PS4, Nintendo Switch)

Ce test a été réalisé à partir d’une version dématérialisée, fournie par l’éditeur, sur PlayStation 4.

Hocus Pocus

Rorona est d’ailleurs une fois de plus de la partie, mais pas en tant qu’héroïne directe. Le joueur incarne en fait Lulua, qui est la fille de cette grande alchimiste. Voulant marcher dans les pas de sa mère, la jeune femme tente de maîtriser cet art délicat. Seulement voilà : elle n’est vraiment pas douée. Alors lorsqu’un bouquin venant lui apprendre les recettes dont elle a besoin et quand elle en a besoin tombe du ciel (littéralement) pour lui atterrir sur la tête, elle ne boude pas son plaisir et en profite allègrement, sans vraiment se demander si c’est réellement une bonne idée de suivre les conseils donnés par celui qu’elle nommera Alchemyriddle. La voilà donc lancée, accompagnée par sa meilleure amie Eva, son professeur Piana et le chevalier Aurel, dans sa quête pour devenir l’alchimiste ultime.

Les habitués de la série Atelier l’auront à ce stade déjà remarqué : le début de cet Atelier Lulua est très similaire à celui d’Atelier Sophie, qui elle-aussi récupère un bouquin dont les recettes se dévoilent petit à petit. Les développeurs auraient-ils ici préféré tomber dans la facilité ? Difficile à dire, mais il est vrai que la globalité du scénario de cet épisode ne se montre pas particulièrement engageant.

Même s’il propose des personnages globalement attachants, dont l’héroïne qui apporte une certaine touche d’humour, et des sujets étonnamment adultes même si traités souvent trop rapidement, le gros de l’histoire se montre hélas peu intéressant, la faute à un côté enfantin trop prononcé, à des incohérences récurrentes et à une structure qui n’a pas beaucoup de sens. Le tout est bien divisé en chapitres, mais ces derniers ne s’enchaînent pas vraiment de manière logique et subissent en plus la présence de beaucoup, beaucoup, beaucoup de cut-scenes.

Bonne tambouille

Heureusement, la partie scénario est grandement rattrapée par l’alchimie qui est clairement le gros point fort de cet épisode. Exit les puzzles en damier et les catalyseurs des épisodes précédents, Atelier Lulua a décidé de repartir sur des bases qui ont déjà fait leurs preuves. Ici, il s’agit donc de mélanger des ingrédients appartenant à différentes familles (liquide, métal, etc) pour réussir une recette. Évidemment, le tout se montre bien plus délicat que ça puisque le joueur sera vite dans l’obligation de créer des objets de grande qualité et dotés de bonus.

Il faut pour cela faire attention à différents éléments, comme la qualité des ingrédients, leur appartenance à l’une des familles élémentaires (feu, eau, terre, air) ou encore aux boosts qu’ils peuvent apporter. Par exemple, si l’on veut obtenir une bombe plus puissante que celle de base, il faudra la créer avec des éléments uniquement de type feu et qui éventuellement disposent de la compétence Awakening Fire. De la sorte, la bombe aura une puissance de feu classée M au lieu de S.

Exit les puzzles en damier et les catalyseurs des épisodes précédents, Atelier Lulua a décidé de repartir sur des bases qui ont déjà fait leurs preuves.

Très addictif, ce système est en plus très clair et laisse au joueur la possibilité d’interagir de A à Z avec sa recette, en changeant à tout moment ses ingrédients, en voyant en temps réel quels seront les boosts débloqués ou encore la qualité de l’objet avant même que ce dernier ne soit créé. Autant dire que l’on passera des heures dans l’Atelier de Lulua à chercher quel ingrédient combiner à quel autre afin d’obtenir le meilleur objet désiré, ou en tout cas celui qui correspond le mieux à ce que l’on souhaite.

Quant aux armes et armures, elles se confectionnent toujours chez le forgeron en échange de matériaux que l’on aura sorti du chaudron. Ce qui pousse le joueur, une fois de plus, à synthétiser les meilleurs matériaux possible, leurs bonus étant par la suite transférés à l’équipement forgé. Bref, Atelier Lulua propose ici ce qui est sans doute l’un des meilleurs systèmes d’alchimie de la série.

Popotte roulante

Afin de pratiquer l’alchimie, le jeune femme doit partir explorer le monde pour ramasser toutes les matières premières nécessaires. Gust a décidé ici de continuer sur la lignée des opus précédents en proposant une multitude de petites zones connectées entre elles au lieu d’un grand open world, comme ce qui a été fait pour Atelier Firis (et qui fonctionnait très bien). Et c’est fort dommage, car non seulement chaque entrée et sortie dans une zone impose un temps de chargement, mais en plus ces endroits sont tellement petits qu’ils peuvent la plupart du temps être explorés à 100% en une poignée de minutes à peine.

D’autant plus que, au bout d’un moment, les zones ne se débloquent plus au rythme du départ, obligeant donc l’équipe à souvent retourner dans des endroits déjà visités. La bonne nouvelle, c’est que l’on a tout le temps de fouiller de fond en comble puisque cet Atelier Lulua a totalement laissé tomber l’idée de chrono. Si un calendrier est bel et bien présent, il n’y a plus aucune deadline à respecter, laissant les plus stressés souffler un peu et profiter de ce que le titre a à lui offrir au lieu de rusher ses objectifs.

Toutes ces zones regorgent par ailleurs de monstres à affronter, histoire de gagner des niveaux mais aussi de looter des ingrédients spécifiques. Les combats se déroulent ici de manière assez classique au vu des derniers épisodes : une équipe active de cinq personnages répartis en deux lignes, trois devant qui attaquent et deux derrières qui agissent en soutien. En fonction des affinités de chacun, le soutien peut être passif, avec des soins ou des buffs, ou actif via des attaques. De quoi créer des combos dévastateurs si l’on choisit correctement quels combattants seront devant et quels combattants seront derrière.

La grosse nouveauté de cet épisode provient du système d’Interruption, uniquement réalisable par un alchimiste : si on l’a équipé au préalable d’un consommable (potion de soin, bombe, etc), il est possible à tout moment d’interrompre l’action de l’adversaire pour utiliser l’item. Une bonne idée, surtout durant les combats difficiles, Atelier Lulua proposant une certaine difficulté et imposant donc d’établir une certaine tactique.

Back to the past

Déjà relativement long, cet opus propose qui plus est un contenu gargantuesque, avec des quêtes annexes à retrouver dans les hôtels ou restaurants qui se renouvellent en permanence (et donc sans fin), des missions secondaires données par les personnages importants, mais aussi (et surtout !) les “énigmes” d’Alchemyriddle à résoudre. Chaque énigme ne se débloque que lorsque deux mots-clés sont trouvés : des mots-clés que l’on obtient en synthétisant un objet spécifique, en combattant un ennemi particulier ou encore en parlant à une personne bien précise (des indices sont donnés pour ne pas être totalement perdu). Une fois l’énigme déchiffrée, le joueur peut débloquer différentes petites choses, comme une nouvelle zone à explorer ou des recettes inédites.

Le bouquin est divisé en chapitres, et chaque chapitre comporte des énigmes obligatoires – celles pour progresser dans l’histoire – et des énigmes secondaires. Une fois toutes les énigmes d’un chapitre résolues, de nouvelles se débloquent pour obtenir, une fois tout ce beau monde déchiffré, une récompense à la hauteur des efforts fournis. Là encore, il s’agit là d’un système profondément addictif qui pousse le joueur investi à absolument tout résoudre.

Déjà relativement long, Atelier Lulua propose qui plus est un contenu annexe gargantuesque.

Ce qui en revanche ne change absolument pas d’un épisode d’Atelier à un autre, c’est bien sa réalisation. Alors, certes, Atelier Lulua propose des décors un peu plus jolis que ceux d’Atelier Lydie & Suelle ou de Nelke and the Legendary Alchemists, mais on reste tout de même globalement sur quelque chose qui avait plus sa place sur de la PS3, voire PS2. Les animations sont rigides, des éléments poppent au dernier moment, les temps de chargement sont nombreux, le bestiaire est limité et ne parlons même pas de la synchronisation labiale…

Au moins, les petites mains de chez Gust compensent en proposant une direction artistique charmante et colorée, avec des personnages principaux couverts de détails et bien modélisés. Pas non plus de gros changements niveau sonore, avec des doublages japonais globalement convaincants (malgré des voix haut perchées) et des musiques assez basiques. Quant aux sous-titres, ils sont une fois de plus uniquement disponibles en anglais.

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