Test de Assassin’s Creed Valhalla (PC, Xbox Series X|S, Xbox One, PS4)

CONCLUSION

Avec Assassin’s Creed Valhalla, Ubisoft réussit à renouveler l'expérience de la saga avec un certain brio. Les éléments de gameplay issus des versions précédentes s'intègrent parfaitement dans cet univers plaisant et immersif, le tout porté par des personnages attachants et une histoire bien rythmée. Dommage, encore une fois, que cet héritage inclut également tous ces problèmes techniques dont le studio n'arrive pas à se débarrasser et qui viennent entacher chaque épisode depuis plusieurs années. Pas de quoi bouder notre plaisir pour autant, tant ce Valhalla se positionne assurément comme l'un des tous meilleurs opus de la série.

Deux ans après l’excellent Assassin’s Creed Odyssey, Ubisoft revient avec Assassin’s Creed Valhalla, un nouvel épisode pour le moins très attendu. Exit la Grèce ancienne cette fois-ci on débarque dans le grand nord, chez nos amis les Vikings. Enfilez votre peau de bête, sortez la grosse hache à deux mains, il est l’heure de pourfendre du saxon pour aller voir si, du côté de cette Angleterre du IXème siècle, l’herbe est plus verte.

Deux Eivor sinon rien

screenshot PC test Assassin's Creed ValhallaComme c’était déjà le cas dans l’opus précédent le joueur pourra, en début d’aventure, choisir le sexe de son personnage. Homme ou femme donc, à moins que vous n’arriviez pas à choisir auquel cas sachez que le studio a ajouté une troisième possibilité qui vous mettra aux commandes du personnage féminin sauf pour un arc très précis durant lequel vous incarnerez la version masculine d’Eivor. Quoiqu’il en soit, sachez que ce choix ne changera strictement rien à l’histoire et qu’il est ici uniquement question de préférences personnelles.

Eivor est donc une guerrière (dans notre cas) qui fait partie du clan des Raven. Devenue orpheline très jeune, elle a été recueillie et adoptée par le roi Styrbjorn qui l’a élevée comme sa propre fille aux côtés de Sigurd, son fils biologique. Ce dernier, en désaccord total avec la façon dont le paternel gère le royaume, décide de partir à la conquête de l’Angleterre dans l’espoir d’y fonder son propre empire. D’un tempérament plutôt fougueux, Eivor accompagne bien évidemment son grand frère et va très vite être en charge d’établir les bases de la nouvelle colonie sur les terres saxonnes. Le grand frère lui, bien que Jarl incontesté de son peuple, décide de vaquer à des occupations plus obscures (on ne va pas tout vous raconter non plus).

En plus de sa direction artistique réussie, on apprécie tout particulièrement l’ambiance qui se dégage de ce nouvel opus. Le studio a parfaitement réussi la reconstitution du monde Viking, brutal et sans concession, et offre ici une vision qui est probablement très proche de ce à quoi une grande majorité des joueurs s’attendait. Si les faits historiques sont de toute évidence plus inspirés par la série canado-irlandaise que par les véritables éléments historiques, l’approche de la mythologie nordique offerte fait vraiment plaisir et incite plus que jamais à la découverte de cette culture parfois méconnue. Les quêtes sont variées, plutôt bien écrites (même si on n’atteint pas le niveau des mastodontes du genre) avec de nombreuses discussions passionnantes centrées sur la religion donnant lieu à des dialogues percutants et intéressants à suivre.

Guidé, mais pas trop

screenshot PC test Assassin's Creed ValhallaSur le principe le jeu fonctionne donc toujours de la même manière. La carte du monde est découpée en plusieurs régions et pour éviter que les joueurs ne partent dans tous les sens chaque mission se rapporte à une et une seule zone, accessible uniquement à partir d’un certain niveau de puissance du joueur. Comprendre par là qu’en se rendant dans une zone à la puissance trop élevée par rapport à la sienne, le joueur se heurtera à un mur de difficulté infranchissable qui lui rappellera qu’il n’est pas supposé être là. A chaque région correspond un arc narratif avec ses personnages, intrigues et autres rebondissements qui déboucheront tous sur le ralliement des différentes régions à la cause de nos Vikings. Le tout suivant un fil rouge reposant, comme d’habitude, sur le combat que se livre depuis toujours les Assassins et l’Ordre (qui offre une chasse à l’homme particulièrement réussie).

Notez que dans une même zone il n’y a pas vraiment d’ordre à respecter pour effectuer les différentes quêtes, ce qui permet de découvrir des relations inattendues entre les personnages. Que l’on prenne les choses dans un sens ou dans l’autre les conséquences sont globalement très bien gérées et le jeu ne manque pas de surprise au fur et à mesure que l’on avance dans l’aventure. L’histoire quant à elle est plutôt bien écrite et le scénario ne manque pas de personnages hauts en couleurs qui se chargeront de pimenter tout ça à plusieurs reprises. Mention toute spéciale à Ivarr, fils de Ragnar, que l’on vous laisse le plaisir de découvrir et qui, à lui seul, pourrait rendre le jeu inoubliable.

screenshot PC test Assassin's Creed ValhallaReste que, Assassin’s Creed oblige, on a bien évidemment le droit à des petits allers retours dans le présent. Malgré quelques habiles allusions à l’actualité et une belle tentative pour rendre tout ça intéressant, on reste persuadé qu’il serait grand temps pour la série de s’affranchir de cet arc tant il devient anecdotique et de moins en moins clair, notamment pour les nouveaux joueurs. En un mot comme en cent : laissez-nous dans l’Animus et au diable ce qui se passe dehors.

Not bigger but better

S’il est unanimement (ou presque) admis qu’Odyssey était l’un des meilleurs épisodes de la série, il faut reconnaître qu’il avait un peu tendance à noyer le joueur qui, gavé par un contenu sans cesse affiché à l’écran, finissait par ne plus savoir où donner de la tête. Ubisoft semble avoir bien compris le problème et corrige plutôt bien le tir avec ce Valhalla.

Le studio a parfaitement réussi à reconstituer le monde Viking, brutal et sans concession, et offre ici une vision qui est probablement très proche de ce à quoi une grande majorité des joueurs s’attendait

Finie la course au contenu sans intérêt et au journal de quêtes aussi long que pénible, Valhalla fait les choses plus intelligemment. Puisqu’il est impossible de suivre plusieurs arcs en même temps, les joueurs n’auront, à un instant donné, que les quêtes de l’arc courant dans journal. S’y ajoutent les quêtes de type contrat temporaire (jamais plus de deux ou trois) ainsi que quelques quêtes de collectionneur sur le long terme. Les quêtes secondaires ou locales sont maintenant remplacées par des petits événements locaux, tellement courts dans le temps qu’ils ne sont jamais listés comme quête à part entière.

screenshot PC test Assassin's Creed ValhallaLa richesse de l’ensemble n’en est pour autant pas sacrifiée. Il y a toujours autant de choses à faire, d’objet à collectionner, de mystères à résoudre et de rencontres atypiques à faire. Tout est présenté sur la carte par des petits points lumineux, chaque catégorie ayant sa propre couleur. Ceux qui aiment aller à l’essentiel pourront donc, enfin, se servir simplement du journal de quête, quand ceux qui aiment prendre leur temps et découvrir le moindre recoin, profiteront d’un contenu absolument dantesque sans pour autant que le rythme général n’en pâtisse.

screenshot PC test Assassin's Creed ValhallaEt pour ceux-là, le plaisir sera bien au rendez-vous. On se gardera bien de lister toutes les activités disponibles, mais certaines méritent tout particulièrement votre attention. Le mini jeu de dés, l’Orlog, est addictif au possible et rappellera les longues heures de Gwent jouées dans The Witcher, les quêtes mystérieuses pour récupérer l’équipement de Thor, celui de la ligue des Assassins ou encore toutes les quêtes à Asgard sont autant d’activité annexe aussi incontournables que fascinantes. Ajouté à cela tous les clins d’œil à découvrir ici et là ainsi que la chasse aux agents de l’Orfre et vous comprendrez facilement pourquoi, encore une fois, cet opus d’Assassin’s Creed pourra vous captiver pendant plus d’une centaine d’heures.

Héritage multiple

Outre son univers particulièrement immersif, ce qui fait également le sel de ce nouvel Assassin’s Creed, c’est sa propension à récupérer tout ce qu’il y a de bon dans les opus précédents. On retrouvera ainsi avec plaisir les possibilités de se fondre dans la foule (en s’asseyant sur un banc ou en intégrant un groupe de marcheur) pour éviter d’attirer le regard de gardes un peu trop méfiants.

screenshot PC test Assassin's Creed ValhallaPour les combats on récupère les bases d’Odyssey avec un coup fort, un faible, une esquive, un contre et des capacités à utiliser à condition d’avoir rempli sa barre d’adrénaline. Ces capacités se débloquent en récupérant des manuscrits cachés un peu partout dans la carte, ce qui nous ramène à cette nécessité d’explorer le monde. En plus de ces capacités, le personnage peut également évoluer selon trois grandes directions, via un arbre de compétences. Le Corbeau, l’Ours et le loup sont les trois écoles distinctes apportant chacune ses propres avantages.

Plutôt impressionnant au premier regard, cet arbre est avant tout fait pour que le joueur expérimente. Les branches ne se dévoilent en effet qu’au fur et à mesure où l’on débloque des compétences, incitant le joueur à tester des choses pour voir vers quoi il va pouvoir se diriger. Pour les frileux qui n’aiment pas se tromper au moment de choisir, pas de panique, il est tout à fait possible, à tout instant, d’annuler des points alloués pour les replacer dans d’autres compétences. On peut donc tester, ajuster, redistribuer comme bon nous semble en fonction de sa manière de jouer et de l’équipement que l’on porte.

Le mini jeu de dés, l’Orlog, est addictif au possible et rappellera les longues heures de Gwent jouées dans The Witcher

Un équipement qui, lui aussi, a été revu en profondeur. Fini le butin à foison sur chaque ennemi, dans chaque coffre ou à chaque coin de rue. Le sac à dos à trier dès que l’on débarque chez un marchand, les comparaisons de stats à n’en plus finir avant de choisir. Dans Valhalla le loot est rare et il est fort probable que vous parcouriez l’ensemble de l’aventure avec des armes trouvées en tout début de jeu.

screenshot PC test Assassin's Creed ValhallaLe jeu se concentre en réalité sur l’évolution de cet équipement, qui se fait selon deux axes. L’amélioration de la rareté tout d’abord, se fait uniquement chez le forgeron que l’on trouve à son campement. Elle s’améliore avec des matériaux difficiles à trouver, qui forceront les joueurs à fouiller un peu partout sur la carte. La petite cerise sur le gâteau venant du fait que chaque pallier permet également de changer l’aspect de l’arme en question évitant ainsi d’avoir l’impression de se trainer avec la même hache rouillée qu’en début d’aventure. Ensuite, pour chaque pallier de rareté le joueur peut, de lui-même et avec des matériaux plus simples à trouver, améliorer la qualité de son matériel pour en augmenter les statistiques.

Là encore on sent bien la volonté d’Ubisoft d’arrêter de noyer le joueur sous des tonnes de choix qui donnent cette fausse impression de contenu sans limite. Au même titre que les quêtes annexes qu’il faut trouver en fouillant, on passe ici moins de temps dans des listes interminables d’objets et on se concentre sur l’essentiel, à savoir profiter du monde qui nous entoure pour fouiller dans l’espoir de faire progresser son matériel.

Tares génétiques

Assassin's Creed Valhalla wallpaperMalheureusement, et malgré tout ce qu’il améliore avec brio, Valhalla reste avant un tout le nouvel enfant de la grande famille des Assassin’s Creed. Oui, ce nouvel opus est lui aussi bourré de bugs en tout genre. Collisions démentes, passage sous la carte, téléportations hallucinantes, phases d’escalade qui se bloquent, sons qui disparaissent, IA des ennemis ridicule ou encore les dialogues qui ne se lancent pas (et donc bloquent l’avancée du joueur) sont autant de problèmes avec lesquels il faut accepter de coopérer. C’est frustrant, parfois véritablement agaçant, surtout que le jeu est déjà en version 1.0.2 et que malgré ses deux premiers gros patchs, on a encore l’impression que le jeu est sorti trop vite.

Ayant testé le jeu sur PC, notre constat est encore plus amer. Malgré une configuration plus que raisonnable et logiquement capable de faire tourner jeu en qualité maximum, le jeu souffre d’un frame rate qui fait le yoyo en permanence, passant d’un respectable 90 fps à un inexplicable 15 fps. Après quelques retouches dans les options les choses se sont montrées plus stables, le dernier driver de Nvidia aidant aussi à améliorer la situation. Si les crashs sont assez rares (deux en 50 heures de jeu), la finition de ce nouvel opus ne fait, encore une fois, pas du tout honneur au studio qui se donne pourtant tant de mal pour améliorer sa recette à chaque version.

screenshot PC test Assassin's Creed Valhalla

Un constat auquel on est malheureusement habitué avec la série mais qui, malgré tout, ne doit pas faire oublier toutes les bonnes choses que cet Assassin’s Creed Valhalla nous apporte. Des problèmes que l’on aura oubliés d’ici quelques mois, une fois que les patchs auront été déployés mais qu’il faudrait vraiment se décider, un jour, à supprimer avant la sortie du jeu.

Ce test a été réalisé à partir d’une version dématérialisée, fournie par l’éditeur, sur PC.

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Ludo
Rédacteur/Testeur/Râleur tendance sociopathe avec un sérieux penchant pour le troll méchant. A développé une sale dépendance à Rainbow Six Siege #CopperForEver

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