Test de Assassin’s Creed Origins (PC, PS4, Xbox One)

Ce test a été réalisé à partir d’une version dématérialisée sur Xbox One.

Medjay, unité spéciale

Alors qu’Assassin’s Creed empruntait la voie de la révolution avec Unity avant de tomber sous la pression dans Syndicate, l’équipe d’Ubisoft Montréal en charge d’Assassin’s Creed IV Black Flag planchait déjà sur ce qui allait être Assassin’s Creed Origins. Pas moins de quatre années (et 7 autres studios en plus de Montréal : Ubisoft Sofia, Ubisoft Singapore, Ubisoft Shanghai, Ubisoft Chengdu, Ubisoft Bucharest, Ubisoft Kiev et Sperasoft) ont été nécessaires pour aboutir à cet épisode prenant place dans l’Ancienne Égypte, bien avant tous les événements qui ont été racontés dans les précédents volets et même dans l’univers étendu de la franchise. Alors que l’Égypte sombre dans l’oppression à cause d’un pharaon dont la folie gagne peu à peu du terrain, le joueur va se retrouver dans les bottes d’un Medjay nommé Bayek, homme de loi qui se retrouve rapidement sur le chemin de Cléopâtre alors qu’il cherche à venger la mort de son fils. En dépit d’un départ plutôt poussif, marqué par un prologue confus où les informations tombent alors même que l’on peine à comprendre ce qui se passe sous nos yeux, le scénario d’Assassin’s Creed Origins finit par tranquillement s’installer et se suit avec un réel intérêt. Pas de quoi donner au jeu d’Ubisoft le prix de la narration la plus passionnante, mais on s’attache rapidement à Bayek, Aya et à ceux qui font l’histoire de volet.

Le sentiment d’être un peu perdu lors de nos premières heures avec Assassin’s Creed Origins n’est pas du seul ressort de son scénario au début poussif. Le monde ouvert, impressionnant quand on en fait la découverte, peut se montrer déroutant. Mais là, c’est pour la bonne cause. C’est bien simple, le terrain de jeu offert par Ubisoft Montréal est immense, incroyablement riche et promet de belles découvertes. Impossible de rester insensible aux pyramides de Khéops et de Khéphren lorsqu’on les découvre pour la première fois, ni de résister à l’ascension du Phare d’Alexandrie dès qu’on arrive dans la cité. Difficile également de ne pas se laisser aller à voguer sur le Nil et à errer dans le désert (avec de précieuses hallucinations à la clé…), sans oublier cette pointe d’excitation quand on fait face à des ruines inconnues ou que l’on tombe sur l’entrée d’une grotte. L’une des qualités de cet open world est de proposer des paysages hautement diversifiés, autant dans la nature qu’au niveau des architectures que l’on retrouve dans chacune des villes et bourgades. Bref Assassin’s Creed Origins n’a pas à forcer la main pour nous donner envie de le parcourir, d’autant plus que tout est fait pour rendre le voyage aussi vivant que possible (la faune vit sa vie et les PNJ aussi, avec des situations bien distinctes selon le moment de la journée/de la nuit).

C’est pharaonique

Si le monde ouvert d’Origins est aussi plaisant à parcourir c’est aussi parce qu’il regorge de surprises. Symbolisés par des points d’interrogation qui ne sont pas sans rappeler un certain The Witcher 3, ces points d’intérêts sont synonymes de rencontres plus ou moins pacifiques et de découvertes bénéfiques pour l’équipement de Bayek. Tout comme les quêtes secondaires, ces « ? » qui fourmillent sur la map ne sont jamais placés là par hasard et apportent soit quelque chose d’utile au développement de notre héros, soit un élément qui va consolider un peu plus l’univers du titre (des récits historiques et réels en lien avec l’époque durant laquelle se déroule l’aventure, par exemple).

Au-delà de la place chronologique qu’il occupe dans l’univers d’Assassin’s Creed, cet épisode souhaite se positionner comme un nouveau départ pour la licence et il adopte, pour cela, une composante RPG bien plus accentuée que dans les précédentes productions. Les habitués retrouveront l’arbre de compétences (avec trois spécialisations : Chasseur, Guerrier, Clairvoyant) et le système d’XP qui va avec, le jeu encourageant plus que jamais la chasse à l’expérience pour éviter de s’attaquer à une quête dont la difficulté trop élevée viendrait punir les plus prétentieux. L’équipement est lui-aussi un élément clé de la réussite dans le jeu et le loot est bel et bien au rendez-vous, là encore en puisant l’inspiration dans ce qui se fait chez la concurrence. Qu’il s’agisse d’une récompense après une quête bien menée, d’un coffre trouvé au petit bonheur la chance ou après avoir exploré un point d’intérêt, Assassin’s Creed Origins offre donc une ribambelle d’armes (épées, lances, épées doubles, haches, arcs tirant trois flèches en simultanée, etc.) et d’objets (bombes incendiaires, poison, fléchettes pour endormir, etc.) à glaner au fil des heures de jeu et, tant qu’à faire, en fonction du niveau d’XP de notre héros.

Ceux qui le souhaitent peuvent aussi trouver ces éléments, ainsi que des choses purement esthétiques (tenues et montures) auprès des marchands ou encore via la boutique in-game d’Ubisoft qui accepte évidemment de véritables euros. La pratique est discutable, certes, mais on note surtout qu’elle ne sert pas à grand-chose tant le jeu regorge déjà d’armes légendaires qu’il est si plaisant de chercher alors que la monnaie virtuelle se cumule sans trop de difficulté. Côté upgrades ce sont les ressources à récolter qui permettent de rendre Bayek plus efficace au corps à corps, d’améliorer son carquois ou encore d’augmenter sa jauge de santé. Des caractéristiques plutôt importantes mais qui sont bizarrement reléguées au second plan dans les menus du jeu, la lisibilité étant même discutable lorsqu’il s’agit de s’attarder sur l’une d’entre-elles.

Vous reprendrez bien un peu de désert ?

S’il s’inspire largement d’autres titres pour rendre sa formule RPG plus riche, Assassin’s Creed Origins ne s’en cache pas vraiment et, surtout, il le fait bien. On l’a déjà souligné, le jeu a tendance à punir ceux qui s’attaqueraient à des quêtes (et par conséquences, des ennemis) dont le niveau de difficulté est supérieur au niveau d’XP du joueur. Mais dans tous les cas, il faut surtout veiller à aborder intelligemment les combats pour s’en sortir sans encombre. La difficulté n’est pas si élevée que ça (même en difficile) mais assimiler le ciblage, les esquives, la parade avec le bouclier et varier les attaques (un coup simple et un coup fort, à utiliser en fonction de l’ennemi et de sa capacité à se protéger) sont des choses primordiales. Comprenez tout bonnement que les combats sont plaisants voire techniques par moments, donnant l’impression qu’Assassin’s Creed a enfin réussi à trouver la formule qui lui sied le mieux. Attention tout de même, on n’échappe pas à quelques situations rageantes particulièrement lorsque ce sont des groupes d’ennemis qui vous tombent dessus et qu’il devient compliquer de gérer les contres.

Que dire également des séquences où l’on privilégie l’infiltration avec une IA qui se montre parfois incapable de percevoir ce qui se passe à 5 mètres d’elle ? Certes, les fans retrouveront ce plaisir caractéristique d’assassiner un par un les malheureux soldats d’une garnison en usant des hautes herbes, des charrettes de foin et autres cachettes, mais un poil plus d’équilibre n’aurait pas fait de mal à l’immersion. En effet si cette IA fait preuve de naïveté à certaines occasions, elle arrive plus facilement à nous surprendre grâce à des routines qui n’en sont plus vraiment. Dans ces moments-là on apprécie grandement l’aide de Senu, l’aigle de Bayek qui remplace tout simplement la précieuse vision d’aigle des autres héros d’Assassin’s Creed. D’une simple pression vers le haut de la croix multidirectionnelle, on incarne le volatile qui, grâce à son survol de la zone de jeu, va alors marquer les ennemis, nous permettant de mieux suivre leur progression. Senu peut aussi signaler la présence de trésors et révéler les entrées cachées, plutôt utile pour les chasseurs de récompenses.

Pour révéler tous les points d’interaction d’une zone dans un rayon limité, Bayek peut également compter sur l’Animus Pulse, un scan bien utile pour être sur de ne pas oublier un élément clé à proximité de notre héros. N’allez toutefois pas croire qu’Origins vous prend par la main puisque si les quêtes principales reposent sur des objectifs précis, indiqués par un marqueur (Senu doit parfois être utilisé pour mieux cibler un objectif), les missions secondaires n’hésitent pas à se montrer parfois volontairement plus floues alors que des énigmes, sous la forme de papyrus à collecter, viennent carrément nous proposer des quêtes cachées. Une fois encore, Ubisoft fait tout ce qu’il faut pour nous donner envie d’explorer chaque recoin de cette Egypte-là et la formule fonctionne.

Ra que c’est beau

Comme tout bon open world qui se respecte, l’Egypte antique d’Assassin’s Creed Origins a droit à son lot de bizarreries techniques. Sans que cela pénalise l’expérience de jeu, il n’est ainsi pas rare d’avoir un retard à l’affichage des textures ou de faire face à des personnages (les ennemis comme les PNJ) qui se foutent dans des situations improbables. Les décors réservent également quelques mauvaises surprises à nos montures et aux animaux qui peuplent les régions, avec des oiseaux qui se cognent contre les murs des bâtiments, des chameaux qui se retrouve la tête enfoncée dans un arbre ou encore deux chariots qui se croisent mais se retrouvent alors comme figés. Autant de situations heureusement pas si fréquentes et surtout bien plus « amusantes » que pénalisantes.

On préfère plutôt s’attarder sur les décors qui remplissent admirablement bien le monde d’Assassin’s Creed Origins, cette distance d’affichage qui nous donne toujours l’envie d’aller plus loin, ces effets qui mettent si joliment en valeurs les monuments égyptiens ou encore cette nature qui envahit à merveille chaque recoin de chaque région. Les moments de contemplation sont nombreux, très nombreux (notamment les points de vue où l’on synchronise Bayek) et l’ambiance générale qui se dégage du titre n’en est que plus admirable. Du beau travail, vraiment.

Mention HIT jeuxvideo24, les meilleurs jeux

LE VERDICT
ÉGYPTE ÉPIQUE
8
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Passionné de jeux vidéo depuis qu'il est en âge de tenir un pad, adepte de la news publiée 24h/24 et du test relu 10 fois avant publication. Également râleur pro et (trop) gros consommateur du café.

2 Commentaires

  1. N’ayant fini aucun AC depuis le 2, je vais me remettre avec plaisir dans la série. Un test qui donne clairement envie de redonner sa chance à la série qui était devenue bien barbante.

    Je rajoute dans ma liste de jeux à faire d’ici la fin d’année ou début d’année prochaine !




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