Test d’Assassin’s Creed Odyssey (PC, PS4, Xbox One)

Ce test a été réalisé à partir d’une version physique, fournie par l’éditeur, sur Xbox One.

L’Odyssey fantastique

Comme nous sommes du genre plutôt méfiants, l’annonce d’un nouveau Assassin’s Creed Origins à la sortie aussi proche de celle d’Origins ne nous a pas forcément rassuré. Pris en charge par l’équipe d’Ubisoft Québec, qui s’est notamment occupée de Syndicate avec le résultat médiocre que l’on connaît, ce nouvel épisode prenant place en Grèce antique ne partait pas avec nos faveurs. Mais comme il n’y a que les cons qui ne changent pas d’avis, on s’est lancé bien volontiers dans cette nouvelle aventure et on se retrouve plusieurs dizaines d’heures plus tard à faire un constat simple : Assassin’s Creed Odyssey est brillant.

Épique, l’Ancienne Égypte laisse donc place à la Grèce antique dans ce nouveau volet. La guerre opposant Sparte à Athènes fait rage et le joueur, en tant que Kassandra ou Alexios, va se retrouver mêler au destin des îles grecques à travers une histoire bien construite où les rencontres avec des personnages historiques sont aussi nombreuses que les mésaventures personnelles de notre personnage et les trahisons dont il fait l’objet. Vous l’avez déjà compris, Assassin’s Creed Odyssey propose deux différents héros à incarner mais il n’est pas question de les retrouver alternativement au fil de l’aventure puisqu’il faut, dès le départ, choisir l’un ou l’autre. Quelle importance ? Impossible d’en dire davantage sans être trop indiscret mais sachez qu’au-delà de votre préférence pour un perso masculin ou féminin, votre décision impacte le déroulement de l’histoire et d’autres éléments notables même si de moindres importances.

Les dialogues, généralement bien écrits même si on n’échappe pas à quelques répliques WTF, offrent d’ailleurs plusieurs choix de réponse. Dans certains cas, cela sert simplement à apporter un trait d’humour au jeu, à afficher une personnalité plus ou moins marquée pour notre héros. L’issue reste toutefois la même, peu importe le cheminement. Dans d’autres situations, choisir quoi répondre va directement et définitivement impacter la suite d’une quête et notre relation avec un personnage, nous fermant la porte à de belles opportunités par exemple si on est du gère à préférer les coups plutôt que les mots. Le système fonctionne assez bien dans l’ensemble, certains PNJ n’hésitent pas à nous balancer à la tronche des choix effectués une dizaine d’heures plus tôt et, de manière générale, l’environnement réagit bien en fonction de la voie empruntée par notre perso.

Retrouvez nos premières minutes de gameplay dans Assassin’s Creed Odyssey avec Alexios et Kassandra.

La Pythie vient en jouant

La mécanique des choix d’Assassin’s Creed Odyssey, on la retrouve également au moment de proposer nos services à l’un des « camps » du jeu. En tant que mercenaire (appelés les misthios), Kassandra/Alexios est libre de se battre pour n’importe qui, pour la gloire ou pour l’argent. Ainsi, chaque région du jeu est gouvernée par un dirigeant appartenant à l’une ou l’autre de ces factions et il convient de mettre un peu le bordel dans la région en question (en détruisant des ressources, en affaiblissant les forces en présence voire en assassinant le dirigeant) pour accéder à une Bataille de conquête. C’est cette bataille qu’il va falloir choisir de mener en tant que lame de Sparte ou d’Athènes, avec une récompense plus ou moins élevée selon que l’on soit dans le camp que l’on défend ou que l’on attaque (difficulté plus élevée dans ce cas).

Le déroulement de ces batailles est assez exaltant même si la mise en scène n’est pas assez épique à notre goût. Les ennemis sont nombreux, font assez mal et il convient de rapidement mettre à mal les capitaines adverses pour l’emporter sous peine de voir l’armée d’en-face vous retourner. Et l’histoire principale dans tout ça ? Elle suit son cours et n’a que faire de vos actions en tant que mercenaire ce qui, il faut bien l’avouer, n’aide pas toujours à rendre l’ensemble cohérent que vous vous amusez à étriper tous les athéniens que vous croisez pour ensuite aider Périclès à redorer le blason de sa cité. On comprend alors pourquoi ces phases restent totalement optionnelles et ne sont là que pour nous couvrir d’XP et de récompenses d’un certain niveau.

Les Batailles de conquête ne sont évidemment pas les seules activités à découvrir et Assassin’s Creed Odyssey peut se targuer de proposer bien des choses à faire. Beaucoup de choses. Outre le scénario capable à lui-seul de vous occuper pendant plus de soixante heures (!) et donc les fameuses Batailles de conquête à mener après avoir foutu un joyeux boxon dans un territoire, on retrouve tous les types de quête déjà à l’œuvre dans Origins avec des objectifs un peu plus variés cela dit, des mini-histoires qui nous invitent à une exploration totale de l’environnement (les cités comme les contrées sauvages, les temples, les ruines, les grottes, les installations militaires, les camps de brigands, les repères de pirates, les tanières, les épaves, etc.) ou encore une composante maritime de poids.

Misthios sur terre, Misthios des mers

Plus que jamais, Assassin’s Creed Odyssey nous pousse à explorer l’espace maritime de son terrain de jeu. Et pour cause, l’eau est présente en majorité dans le titre d’Ubisoft Québec et l’action navale représente à elle-seule une grosse partie du gâteau. Mais comme les Bataille de conquête, le joueur n’est (la plupart du temps) pas obligé de prendre les commandes d’un navire pour poursuivre son périple. Même lorsque le voyage par les eaux est incontournable, il est toujours possible d’éviter les conflits et de foncer toutes voiles déployées vers sa destination. Pour ce qui est du gameplay naval, il reprend la maniabilité déjà en place à petites doses dans Origins avec ces navires qui changent de cap aussi facilement que n’importe quel véhicule moderne.

Lorsque le combat est engagé avec un ou plusieurs autres bateaux, le joueur peut utilisé des flèches et des javelots (enflammés si on a débloqué l’amélioration correspondante) ou décider de foncer proue en avant sur un navire jusqu’à ce que celui-ci soit immobilisé, nous offrant alors l’opportunité de le couler directement ou alors de l’aborder pour combattre son équipage. L’une comme l’autre finalités apportent du loot et de précieuses ressources, à utiliser pourquoi pas pour améliorer les caractéristiques de son navire. De la coque à l’énergie des rameurs en passant par l’efficacité des flèches et des javelots, tout est là pour régner en maître sur l’eau. Et comme si ça ne suffisait pas, il est possible de modifier l’apparence du bateau et d’en personnaliser l’équipage en prenant soin de recruter des PNJ (des mercenaires ou des soldats ennemis vaincus par exemple) qui apportent des bonus passifs à notre navire.

From Egypt With Love

S’il y a donc largement de quoi s’occuper dans Assassin’s Creed Odyssey, impossible pour autant de ne pas rapprocher cet épisode de son aîné tant ils se ressemblent. C’est d’autant plus vrai quand il s’agit de considérer le gameplay dans son ensemble et ses mécaniques reproduites à l’identique depuis l’épisode de l’année passée mais qui, avouons-le, fonctionnent toujours autant. Du côté des nouveautés, notons tout de même l’arrivée d’un bonus d’esquive lors des combats. Quand une esquive est parfaitement réalisée, les ennemis passent alors au ralenti pendant quelques secondes pendant qu’on leur porte des coups à vitesse normale. Pourquoi pas. L’absence de bouclier rend toutefois les contres moins simples à placer, on préfère alors enchaîner les roulades et rouer de coups nos adversaires.

N’allez pas croire qu’Odyssey est un jeu difficile, non, puisqu’il faut toujours vérifier le niveau de l’IA avant de lancer les ébats. Et oui, un pantin niveau 30 poings nus mettra la misère à votre pauvre héros niveau 10 équipé d’une épée légendaire. C’est comme ça. Et si vous pensiez grinder tranquillement de votre côté avant de revenir coller une rouste à un groupe d’ennemis, sachez que cet épisode ajuste le niveau des missions/régions en fonction du vôtre.

Pour le reste, les brides de RPG aperçues l’année passée prennent ici une autre ampleur. De nouvelles armes à récupérer après chaque quête, des éléments d’armure à renouveler en permanence, il y a mille et une découvertes à faire dans l’archipel d’Assassin’s Creed Odyssey et largement de quoi devenir accroc à la chasse à l’arc qui infligera toujours plus de dégâts ou à ce plastron qui saura mieux nous protéger. Pour rendre la recette encore plus riche, il faut désormais prendre en compte trois différentes branches (Chasseur, Guerrier et Assassin) qui changent davantage notre manière d’aborder l’aventure que par le passé.

Si l’arbre de compétences d’Origins permettait de débloquer des capacités complémentaires et nous laissait libre d’aborder l’action, maintenant pour être le plus efficace possible il faut utiliser les points de compétences en veillant à ce qu’elles collent le mieux à notre façon de jouer. Le but ? Optimiser le gain d’XP, profiter d’armes dont les bonus passifs correspondent à l’approche désirée ou encore personnaliser l’équipement avec des « gravures » (moyennent quelques ressources et Drachmes, la monnaie de l’époque) qui boostent les capacités que l’on souhaitent utiliser.

Il y a mille et une découvertes à faire dans l’archipel d’Assassin’s Creed Odyssey et largement de quoi devenir accroc à la chasse à l’équipement.

Enfin, là où Bayek osait parfois se lâcher avec des attaques spéciales à déclencher une fois la barre d’adrénaline remplie, Kassandra et Alexios profitent quant à eux carrément de capacités à assigner aux différentes touches du pad pour lâcher des coups (très) spéciaux. Coup de pied spartiate (oui, le fameux), tir simultanée de quatre flèches, regain de santé, charge lourde sur un adversaire, assassinat express d’un ennemi à l’autre et bien d’autres « pouvoirs » sont ainsi à découvrir, souvent salvateurs lors des combats mais jamais sur-dosés. Là encore, chacun assigne les capacités qu’il souhaite en fonction du style de jeu voulu. Appréciable, efficace et surtout progressif, avec des « pouvoirs » à débloquer après de très longues heures de jeu pour rafraîchir comme il se doit les innombrables joutes.

Un vrai Apollon

Si on reste encore totalement séduit par l’Égypte d’Assassin’s Creed Origins, que dire de cette Grèce antique version Ubisoft Québec ? L’eau est omniprésente on l’a dit, cela n’empêche pas le jeu d’afficher des décors variés et des paysages multiples où la verdure et les forêts denses côtoient les plages, les falaises et toutes ces différents environnements rocheux qui entourent les volcans et les terres d’argiles. Sans oublier ce qu’il faut de villages côtiers, de cités luxuriantes, de temples grandioses, de campements, de forts, de ruines et autres vestiges enfouis sous terre ou sous les eaux. Bref, les lieux de synchronisation sont plus que jamais propices aux beauty shots et, surtout, Assassin’s Creed Odyssey arrive régulièrement à nous coller des baffes visuelles dans la tronche au fil que se dévoilent ses régions.

Attique et tic et tic, aïe aïe aïe ?

Dommage que dans tout ce joli monde, il y ait encore cette IA douteuse capable de ruiner vos plans d’infiltration si elle aperçoit le bout de votre sandale mais qui peut tout aussi bien rester muette alors qu’un camarade se fait trucider à 2 mètres d’elle. De la même manière, un combat déclenché du côté d’un fort n’alertera pas forcément tous les soldats qui s’y trouvent, certains continuant de patrouiller tranquillement pendant que leur capitaine hurle à tout-va à s’attaquant à nous.

Le pire, à notre goût, reste tout de même les mercenaires. Cette petite friandise intégrée dans Odyssey est ainsi censée s’adapter à vos actions, vous collant un ou plusieurs chasseurs de prime sur le dos si vous commencez à faire trop de bruit dans le coin. Sur le principe pourquoi pas, sauf que ces maudits mercenaires ont la manie de débarquer quand bon leur semble sans respecter la moindre logique. En pleine mission infiltration ? Hop, un mercenaire vous trouve avec une facilité déconcertante et ruine toute votre approche. Oui, dès qu’un contrat est placé sur votre tronche, ces autres misthios ont la capacité à vous localiser en une fraction de seconde. Vous venez d’en battre un ? Alors un autre prend le relais, à une centaine de mètres de votre position, et ainsi de suite, jusqu’à ce qu’on se lasse de leur omniprésence et qu’on lâche quelques Drachmes pour avoir la paix.

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