Test de Anno 2205 (PC)

Ce test a été réalisé à partir d’une version dématérialisée, fournie par l’éditeur, sur PC.

Ground control to major Tom

La crise énergétique a frappé ! Débarrassée d’une problématique écologique trop envahissante (après tout, on s’en fout), la population terrienne a maintenant un autre souci à régler : elle a besoin d’énergie, de ressources rares. Dommage pour elle, ces ressources ne peuvent être récoltées que sur la Lune. Eden Initiative et Global Trust, les deux factions de Anno 2070, laissent leur place à des corporations dont l’objectif est d’atteindre le satellite de la Terre avant les autres. La route sera plus ou moins longue et semée d’embûches. L’arrivée de la conquête spatiale permet de « rénover » la formule classique mais ultra efficace de la série. Le jeu est constitué d’une seule et unique campagne qui oppose les corporations entre elles sur une sorte de mappemonde divisée en secteurs. La grande carte unique n’est plus, Anno fonctionne maintenant en zones : zone continentale, zone arctique, zone lunaire et zone de guerre, chaque zone ayant ses spécificités.

En Arctique, on se les gèle. Il faut donc veiller à placer chaque habitation à proximité d’un bâtiment émetteur de chaleur. N’espérez pas pouvoir faire le même type d’agencement dans cette zone que dans la carte continentale. Les gros pâtés de maisons d’un côté, les usines de l’autre, c’est fini ! Il faut savoir alterner et l’ajout de cette contrainte est plutôt bienvenu. Sur la Lune, la mécanique est similaire, mais plus que le froid, ce sont les météorites qu’il faut craindre. Pas de bouclier, pas de bâtiments. La contrainte est moins forte que pour la zone glaciaire mais la Lune demande bien plus d’efforts pour être exploitée et tout y coûte beaucoup plus cher, y compris la création de routes commerciales. Enfin, la zone de guerre est l’endroit où le joueur se rendra sûrement le moins souvent. Même si les ressources obtenues sont très utiles et en grandes quantités, la partie militaire est trop inintéressante pour vouloir y passer beaucoup de temps. C’est mou, fade, mauvais. Comme avant en fait ! Et comme avant, on commence par placer un centre-vi…Et non , plus maintenant !

Le Seigneur des Anno ?

Le fond ne change pas vraiment. On est dans un Anno et qui dit Anno dit gestion de ressources, besoins évolutifs et ascension sociale de la population. Mais si le fond reste le même, l’exécution est modifiée par petites touches afin de rendre le jeu accessible au plus grand nombre. On installe le port et l’île devient intégralement accessible. Plus besoin de mettre des entrepôts, plus besoin de gérer le stock, Anno 2205 se focalise davantage sur la gestion de l’offre et de la demande plutôt que sur le stockage des ressources. Quand le joueur installe une usine de boissons vitaminées, deux choses importent : ce qui est produit et ce qui est consommé, peu importe l’espace que ces produits occupent. Il y a bien une une touche de logistique à travers les transports mais c’est toujours bien plus accessible que la gestion des entrepôts. Il est tout de même intéressant de noter que cette simplification de la production des ressources va de pair avec une interface repensée, bien plus claire et synthétique qu’avant.

Malheureusement, ce changement est à double tranchant. Anno gagne en accessibilité ce qu’il perd en technicité et se rapproche un peu trop dangereusement du city builder, ce qui nous amène à une autre nouveauté de 2205 : chaque usine peut être personnalisée. Enfin, personnalisée est un bien grand mot. Plusieurs modules sont disponibles. Produire plus ? C’est possible. Consommer moins d’énergie ? C’est possible. Employer moins de main d’œuvre ? C’est possible. Au final, ces modules permettent d’éviter d’avoir trop de doublons. Au lieu de construire plusieurs mines identiques, on préférera étendre celles existantes. Du coup, l’espace alloué aux constructions prend encore plus d’importance. Il devient capital de bien placer ses usines, ses immeubles et autres joyeusetés afin de ne pas gâcher d’espace. Cette dimension prend presque autant d’importance que la gestion des ressources, marque de fabrique de la série depuis ses débuts. Les adeptes de micro-gestion apprécieront, les autres pesteront contre cette orientation.

Comme le fond évolue, la forme se devait de suivre et de ce côté-là, Anno 2205 ne déçoit pas. Le jeu est absolument magnifique, la saga récupère ses couleurs perdues avec 2070 et dévoile une direction artistique franchement agréable à l’œil. Les modélisations sont réussies, les textures sont fines, c’est un sans-faute. De plus, Anno 2205 n’est pas spécialement gourmand et se révèle plutôt stable. À l’heure où les lancements ratés s’enchaînent à vitesse grand V, il semblait intéressant de le souligner !

LE VERDICT
VERS L'INFINI...
6
Kurutchin
Adulescent bienheureux, tantôt compagnon d'infortune de dieux Nordiques, tantôt jardinier attitré pour des Piñatas furieuses. Dans les deux cas, c'est avec le sourire et au trot !

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