Ce test a été réalisé à partir d’une version dématérialisée fournie par l’éditeur, sur Xbox One X. Ancestors : The Humankind Odyssey est disponible sur PC, PS4 et Xbox One.

Monkey say, monkey do

En l’an de grâce 2007, Patrice Désilets nous embarquait avec Ubisoft Montréal pour un petit voyage dans le temps, à l’époque des Croisés. Cette petite parenthèse historique, depuis maintes fois déclinée au point de perdre quelque peu de vue les racines de la saga, n’était qu’un avant-goût de ce qui trottait dans la tête du bonhomme. En 2019, il fait définitivement une croix sur le connu et nous offre un bond de quelques millions d’années en arrière, alors que l’humanité connaît ses premiers déboires. C’est dans le corps musculeux, quoique maladroit, d’un primate que le joueur fait ses débuts, aussi éloignés que possible de toute notion de civilisation.

Au début, il n’y a rien. Rien d’autre qu’une poignée de bêtes perdus au beau milieu de l’Afrique. Des oiseaux, des sangliers, des serpents et le joueur, à peine capable de se servir de sa main gauche. Il ne sait que sentir, examiner ce qui occupe sa paluche droite. Un fruit, de l’eau, une branche. Très rapidement, le singe comprend qu’il n’ira pas bien loin s’il n’apprend pas à se servir de son autre main, notamment pour « altérer » les objets qu’il croise. Une branche morte se transforme en simple bâton, que quelques coups de pierre transformeront à son tour en bâton pointu. Cette même fabrication servira ensuite à pêcher ou à se défendre.

Darwin akward

Ainsi, de fil en aiguille, le joueur découvre son environnement, ses capacités et ses limites, dans l’échec et la douleur. Ancestors : The Humankind Odyssey n’est pas un jeu amical. Il explique peu et ce qu’il explique, il l’explique en faisant le minimum syndical. La moindre possibilité est souvent découverte par l’expérimentation, qu’il s’agisse d’une fabrication ou d’un accouplement entre primates. C’est d’ailleurs cette dernière chose qui nous intéresse le plus dans Ancestors, puisqu’il y est question d’évolution, d’héritage, de transmission. On ne pourra que chaudement vous recommander de littéralement baiser à tout-va, de faire des gos-singes sans retenue. Après tout, la jeunesse est l’avenir de l’Homme, paraît-il. Cette idée, Ancestors s’évertue à l’appliquer de la manière la plus compliquée possible.

La vie de tout singe se déroule en trois phases distinctes. Jeune, il permet à l’adulte qu’il accompagne de gagner des points à investir dans un arbre de compétences « neuronales ». Adulte, il prend à son tour la charge des plus jeunes et leur fait découvrir le monde pour qu’ils retiennent à leur tour les leçons du passé. Vieux, il devient sacrifiable et n’aspire plus qu’à mourir. Trois stades de vie au service de trois « strates » de progression différentes, toutes associées à des avancées temporelles bien précises.

Génération·s

Il y a tout d’abord cet arbre de compétences que nous évoquions un peu plus haut. Il réunit toutes les capacités de vos singes, du simple usage de sa main gauche à sa motricité en passant par la communication avec ses congénères. Ces capacités se découvrent en parcourant le monde et en répétant des actions, mais elles ne se débloquent qu’en dépensant des points acquis en montrant l’exemple à la jeunesse. Seul, cumuler des points est impossible, et ça a du sens. À quoi bon apprendre à faire des choses si c’est pour le garder pour soi ?

Cela étant dit, débloquer des compétences dans cet arbre ne sera utile que si vous pouvez consolider ces acquis lors du passage de flambeau à la nouvelle génération. Chaque enfant accorde un point de consolidation, qui permet de « sauvegarder » une compétence dans le temps. Vous l’aurez compris, plus vous aurez d’enfants, plus vous aurez de chances de faire progresser votre singe, et plus le jeu sera facile.

Plot twist : Ancestors n’est jamais vraiment facile.

Enfin, la troisième couche concerne l’évolution en elle-même, et correspond à des sauts de plusieurs milliers d’années à chaque fois. Elle se matérialise par l’accomplissement de prouesses, autrement dit des découvertes majeurs pour la race humaine… à l’échelle d’un jeu vidéo. Toute prouesse rapporte un certain nombre d’années d’évolution, et une fois qu’elles sont toutes comptabilisés, Ancestors nous indique notre relevé de comptes. Le joueur est soit en avance, soit en retard, sachant que la mort d’un membre de notre clan est très pénalisante et qu’une naissance est peu rémunératrice.

Mécaniques et cohérence

On ne va pas se mentir : Ancestors : The Humankind Odyssey reste avant tout un simple melting pot de tout ce qui fonctionne dans le jeu vidéo depuis une décennie. Monde ouvert, crafting, cycle jour-nuit, escalade, on pourrait presque dresser un bingo du jeu moderne et remplir toutes les cases sans peine. Pourtant, tout en croulant sous les mécaniques obscures et maladroites, comme cette p*$ù@ de gestion des mains, Ancestors fait un bien fou, notamment parce qu’il est d’une cohérence folle. Chaque nouvelle idée de game design est au service du thème retenu. Fabriquer des objets par hasard a du sens, galérer à se tenir sur deux pattes a du sens, identifier des objets un par un pour vaincre sa peur a du sens.

Toutes ces idées qui dans un autre jeu auraient été tout au plus irritantes trouvent ici une raison d’être, une justification à leur présence. Bien évidemment, on n’échappe par à quelques crises de colère quand le titre se montre le plus réticent. L’apparition soudaine et abusive de quelques menaces a de quoi provoquer quelques jolis lancers de pads. Mais aussi rebutants soient-ils, ces moments ne viennent jamais à bout du plaisir ressenti à chaque avancée.

Mention HIT jeuxvideo24, les meilleurs jeux

LE VERDICT
VIRTUOSE
8
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Adulescent bienheureux, tantôt compagnon d'infortune de dieux Nordiques, tantôt jardinier attitré pour des Piñatas furieuses. Dans les deux cas, c'est avec le sourire et au trot !

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