Test de A Total War Saga : Thrones of Britannia (PC)

Ce test a été réalisé à partir d’une version dématérialisée, fournie par l’éditeur, sur PC.

Saga, c’est plus fort que toi

Total War Saga : Thrones of Britannia arrive chez nous juste à temps pour calmer la grogne des joueurs lassés par le setting fantasy des jeux Warhammer et désirant retourner ardemment dans des conflits historiques. Parce que dans la communauté des joueurs de Total War, il y a ce meme qui revient sans cesse, priant et pleurant pour le retour de côtes de mailles qui ne seront pas forgées par des Maîtres Nains. Ainsi, adieu les elfes et les orques, bonjour les anglais et les vikings.

Ici, on assiste à un changement de perspective assez radical dans la série : tout se passe uniquement en Angleterre, des années après les troubles provoqués par Ragnar Lothbrok et les invasions successives ses fils. Tout se passe pendant la période du règne d’Alfred le grand. Ce monarque est connue dans la Perfide Albion pour être celui qui a organisé les défenses contre les Danois qui ont peu à peu réussi à s’installer un peu partout en Grande-Bretagne.

Saga Britannia, ambiance de la tourbe

Même si le jeu est basé est un rip-off de Total War : Attila, il faut savoir ici que Thrones of Britannia se débarrasse de beaucoup de choses. Premièrement : exit toute la carte du monde, on le répète mais ici on se concentre uniquement sur l’Angleterre. Même si on est limité à l’archipel, la carte nous paraît pourtant aussi grande qu’une autre mouture du jeu car chaque région se retrouve fortement détaillée. Thrones of Britannia met aussi dehors la gestion ultra-compliquée d’Attila (avec notamment l’hygiène pour éviter de développer les maladies), les agents (les fameux espions qui pouvaient bloquer vos armées, par exemple) et fait table rase de bien d’autres facteurs complexes qui rendaient le jeu très difficile pour se contenter de proposer une expérience plus simple, voire moins frustrante.

Cependant, cette simplification et ce zoom sur l’Angleterre provoquent de suite un problème de réalisme. Etant donné que le jeu garde son système de « un tour = une saison », vous vous retrouverez avec des armées qui mettent plusieurs années pour passer d’une région à l’autre. Oui, c’est un peu con. Vous assisterez aussi au vieillissement de vos généraux, souvent en ne faisant strictement rien pendant votre tour.

De la simplicité naît l’ennui

Une des nouveautés de cet épisode, c’est que vos unités ne spawneront pas avec tous leurs effectifs comme dans les anciens épisodes. Ainsi, votre création d’armée prend alors beaucoup plus de tours qu’avant, entre le recrutement et l’attente longue voire interminable de voir la barre de santé de vos unités remonter entre chaque tour. A vous donc les joies de terminer plein de tours sans rien faire, parce que votre armée trop faible doit attendre de se régénérer comme si elle venait de se faire botter l’oignon.

La passe de simplification a aussi pas mal changé la gestion de province. Avant, chaque ville pouvait être améliorée et développée avec plusieurs aménagements, être fortifiées. Dans Thrones of Britannia, on a uniquement un à deux aménagements à placer dans les « petites colonies » et les capitales de région elles-seules sont fortifiées et ont une milice. Ce qui implique donc côté joueur de découvrir qu’une « armée » d’une seule unité, unijambiste, grippée et lépreuse peut venir conquérir une de vos colonies juste en passant dessus. Joie.

On déplore aussi la panne créative du studio qui nous avait habitué, depuis Attila, à des factions au gameplay différents. Ici, les différences se feront uniquement dans le détail minime. Vous aurez la sensation qu’elles se jouent toutes de la même façon et vous aurez hélas raison. Et je ne vais pas m’étendre sur le retour violent sur terre quand on voit la pauvreté de l’arbre technologique et de ses fameux embranchements, qui permettaient aux joueurs d’orienter leurs constructions et développements en fonction de leur style de jeu. Ici, tout est linéaire.

Chirurgie à la hache

Il nous semble logique que des ajustements sur la campagne, les technologies, le gameplay, aient dû être faits pour cet épisode qui se veut historique, mais on ne comprend pas pourquoi l’avoir fait avec aussi peu de finesse. On a l’impression dans la succession des parties que Creative Assembly ne s’est pas emmerdé à affiner son jeu mais a tout simplement décidé d’amputer salement toutes richesses du titre. Pire, Thrones of Britannia se veut « historiquement presque fiable » mais vous ne trouverez quasiment aucune différence visuelle d’une faction à l’autre. Pourtant, de mémoire, ce qu’on appelle les vikings et anglais, ils devaient quand même avoir des gueules, armures et armes différentes non ?

Tout ce qui faisait la richesse de la partie gestion de Total War a fini par sauter. Exit la taxation des provinces, les différentes « formes » de déplacement de vos armées, les décrets. On dit aussi adieu à la diplomatie tant elle est devenue fade et très vite limitée par l’IA retorse, l’impact crucial du commerce (qui est lui-aussi simplifié), la conquête de territoire par le verbe (et l’annexion diplomatique). L’horizon du joueur est limité, fendu dans les extrémités par un CA que l’on trouve bien bourrin. Et on se retrouve, hélas, avec un jeu sexy qu’on a envie d’aimer mais qui, au fil des heures, nous fait répéter comme un vieux con : c’était mieux avant.

LE VERDICT
PETITE LEÇON D'HISTOIRE
6
Gwaudika
Troubadour qui traubade un peu trop. Crie fort quand "ça ne touche pas".

1 COMMENTAIRE

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