Test de A.O.T. 2 (Nintendo Switch, PS4, Xbox One)

Ce test a été réalisé à partir d’une version physique, fournie par l’éditeur, sur PlayStation 4.

The bataillon d’exploration strikes back

Puisque les fans connaissent sans aucun doute les deux saisons de L’Attaque des Titans par cœur, les développeurs ont renoncé à les raconter de la même manière. Le joueur n’incarne donc ni Eren, ni Mikasa, ni aucun autre personnage connu d’ailleurs, mais bel et bien un tout nouveau héros qu’Omega Force a intelligemment incrusté dans les scènes fortes du manga. La fuite du district de Shiganshina ? Il était là, sur le bateau, et il a vu Eren promettre qu’il exterminerait lui-même tous les titans de la Terre. La fin du cursus militaire ? Il était là aussi, aux côtés de tous les autres. Bref, une bonne manière pour le studio d’impliquer davantage le joueur tout en lui racontant encore et toujours la même histoire mais d’un œil nouveau. Grâce aux options de personnalisation de l’avatar assez poussées, le joueur peut même se créer un soldat à son image, sans pour autant s’écarter trop du style du manga. Toujours dans cette optique, certaines cinématiques – mettant surtout en avant l’utilisation de l’équipement tridimensionnel – sont en vue à la première personne. Il ne manquait plus que la VR et on s’y serait vraiment cru.

Un équipement tridimensionnel très souvent mis à contribution puisque, comme pour le premier épisode, l’extermination de titans représente évidemment le cœur de A.O.T. 2. Et de ce côté-là, les développeurs ont quelque peu revu leur copie puisque les déplacements dans les airs se montrent bien plus convaincants que dans le premier opus. S’ils étaient certes déjà assez grisants à l’époque, ils souffraient d’un certain manque de précision, envoyant assez souvent le personnage dans les murs (littéralement). Ici, l’ancrage des grappins se fait de manière plus précise et c’est un véritable plaisir de se déplacer rapidement de maison en maison, d’arbre en arbre. Et s’il arrive certes encore parfois de se prendre un mur, le héros peut désormais courir dessus, histoire de remonter au plus vite sur le toit sans avoir à utiliser du gaz supplémentaire. Car les bouteilles de gaz, bien entendu, se vident petit à petit, obligeant à intervalles réguliers le joueur de s’arrêter pour les changer, le mettant durant une poignée de secondes en danger. Ce qui est aussi vrai pour ses lames qui s’usent puis se cassent au bout d’un certain nombre d’attaques.

Le cou du lapin

Et ces lames, justement, sont l’élément principal pour venir à bout des monstres boulotteurs d’humains. Jambes, bras, nuques : tout est bon ou presque dans le titan et si certains préféreront se concentrer sur le point faible qui peut les tuer instantanément (la nuque), d’autres s’amuseront d’abord à leur sectionner les membres, histoire de faire davantage de points et de récolter une meilleure note à la fin. Là encore, c’est un véritable plaisir de faire tomber les ennemis les uns après les autres, après leur avoir tourné autour seul ou à plusieurs pour frapper vite et bien. On ne va pas se mentir, la satisfaction (un peu sadique, il est vrai) est totale lorsque le titan abdique, que le sang coule à flots, et elle est toujours là après des dizaines et des dizaines de combats tant ceux-ci s’avèrent nerveux. D’autant plus que l’intelligence artificielle se montre plus convaincante que dans le premier épisode. Si certains titans attendent toujours la mort venue du ciel les bras ballants, d’autres se montrent un peu plus dangereux, en courant, sautant ou même escaladant les maisons. Dans certains cas, les ennemis peuvent passer en mode Berserk, ce qui améliore grandement leur vitesse et leur dextérité pendant quelques secondes. Mais les plus coriaces restent les Grands Déviants, qui représentent les boss de fin de mission d’A.O.T. 2.

On ne va pas se mentir, la satisfaction est totale lorsque le titan abdique, que le sang coule à flots, et elle est toujours là après des dizaines et des dizaines de combats tant ceux-ci s’avèrent nerveux.

Ces derniers sont plus grands, plus dangereux mais aussi bien plus costauds. Dotés d’une barre de vie, il faudra d’abord entailler des parties un peu plus faibles, représentées par une aura verte, pour réduire à néant leur jauge d’endurance, laissant leur nuque à découvert. C’est là qu’il faut frapper, histoire de faire le plus de dégâts possible, et si l’on n’est pas accompagné d’autres soldats avec lesquels exécuter des attaques en duo (plus ou moins puissantes en fonction de leur rang), il faudra réitérer l’opération plusieurs fois, le titan reprenant peu à peu ses esprits et donc sa vigueur. Autre nouveauté de cet A.O.T. 2, les attaques surprises. Lorsqu’un ennemi est de dos, le joueur peut sortir sa longue-vue pour cibler sa victime et s’envoler pour lui asséner un coup mortel… A condition de ne pas être repéré avant, sous peine de voir le titan passer en mode Berserk ou même de se faire attraper par un monstre qui aurait poppé juste derrière le héros. Une manœuvre un peu risquée dans certains cas, mais qui permet de tuer instantanément l’ennemi et donc de rapidement passer à la suite lorsque de nombreux géants se trouvent dans les parages. Une attaque particulièrement utile durant les phases d’escorte de PNJ ou de protection de base.

Jäger vs Kaiju

Les bases, d’ailleurs, sont également au cœur de ce nouvel épisode. Des ruines sont ainsi disséminées un peu partout sur le champ de bataille et le joueur a la possibilité – s’il a des fusées dans son inventaire – de les reconstruire. Si, au départ, le choix est assez limité puisqu’il est uniquement question de tours de ravitaillement (toujours utiles puisque les quantités de lames et de gaz embarquées sont assez limitées), on se retrouve bien vite avec davantage d’opportunités. On peut ainsi créer une base venant extraire des matériaux plus ou moins rares nécessaires à l’amélioration de l’équipement, une autre tirant des boulets de canon sur les titans alentours, une autre encore venant exploser lorsqu’elle est touchée par un ennemi, etc. De quoi varier un peu les plaisirs, même si la totalité des bases qu’il est possible de construire met un certain temps à se débloquer, sans doute pour laisser le temps au joueur d’apprivoiser progressivement ce nouvel élément. Bref, autant dire que ceux ayant fait à l’époque Attack on Titan : Wings of Freedom découvriront réellement ici un titre plus poussé, au gameplay plus profond, même si le principe de base reste forcément le même. Et qu’il reste, hélas, rapidement répétitif, obligeant le joueur à ne s’adonner qu’à de courtes sessions pour ne pas se lasser, d’autant plus que le mode Histoire s’étend sur une bonne grosse quinzaine d’heures sans compter le contenu annexe et le multi en ligne.

Heureusement, il est possible de souffler entre deux missions. Si certaines, nécessitant plusieurs chapitres comme par exemple la reconquête du district de Trost, ne le permettent pas (tout juste laissent-elles le temps de souffler un peu, revoir son équipement et discuter avec un ou deux PNJ), il est possible la plupart du temps de rentrer à la caserne. Ici, le joueur est invité à vivre une vie quotidienne plus terre à terre. Il est ainsi question de discuter avec d’autres personnages histoire de faire grimper leur jauge d’affection et donc de débloquer des bonus, d’acheter de nouvelles pièces d’équipement, voire de les renforcer si les matériaux nécessaires sont réunis, de se rendre à l’entraînement afin de booster les statistiques du héros ou encore d’aller voir Hansi pour constater l’évolution de ses recherches. Recherches qui ne peuvent exister que si des titans sont capturés, forcément, ce qui se fait en combat. Bref il y a de quoi faire et le fan service est évidemment aussi de la partie en mettant en avant les personnalités bien connues des fans. On n’échappe donc pas à Sasha qui passe son temps à manger, à Conny qui raconte un peu n’importe quoi, à Annie qui se montre toujours aussi taciturne ou encore à Christa qui s’inquiète des blessures de ses camarades. Ce qui est d’ailleurs aussi vrai durant les affrontements : Livaï (puisque A.O.T. 2 a décidé d’opter pour cette orthographe) est totalement cheaté, tout comme Mikasa d’ailleurs, Bertold et Reiner combattent ensemble, Armin sert plutôt de soutien, etc.

La goutte de Trost ?

En dehors de ses soucis de difficulté quasi inexistante, le premier Attack on Titan péchait aussi sur sa réalisation vraiment paresseuse. La suite fait un peu mieux, mais se montre toujours perfectible et souffre en fait des défauts inhérents à quasiment tous les titres de Koei Tecmo. On pense ainsi à une distance d’affichage pas toujours au top, assez contraignante lorsque l’on recherche un titan en particulier, à des textures vraiment vilaines, à une caméra bloquant parfois totalement la vue du joueur, à des objectifs qui mettent du temps à s’actualiser ou encore à quelques ralentissements durant certaines périodes, essentiellement lorsqu’un ennemi détruit une maison. Heureusement, la direction artistique à base de cel-shading permet de faire passer quelque peu la pilule, tout comme le fait que la quasi totalité de l’action se déroule de manière plutôt fluide. Bon point en revanche pour les compositions musicales de cet épisode, qui se montrent bien souvent aussi épiques que les combats même si l’on regrette l’absence du premier opening de la saison 1 de l’anime qui aurait pu servir d’introduction. Toujours concernant les doléances, notons que la traduction française souffre de pas mal de coquilles, essentiellement à base d’accents manquants ou de pluriels oubliant les S. Pas de quoi ruiner l’expérience du joueur, mais il est assez étonnant de voir passer de telles fautes lorsque l’on a constaté en amont tant d’améliorations par rapport à l’opus précédent.

LE VERDICT
COLOSSAL
7
Shauni
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