Test de 13 Sentinels : Aegis Rim (PS4)

CONCLUSION

13 Sentinels : Aegis Rim est un peu un OVNI dans le CV de Vanillaware. Les développeurs ont ici opté pour de la stratégie en temps réel alors qu'ils nous ont habitués à du beat'em up, ainsi que pour un récit s'ancrant plus dans le réel que dans les contes de fées. Néanmoins, les habitués retrouveront la patte graphique sublime habituelle du studio (à l'exception des menus et combats, très vilains), ainsi qu'un scénario dense, complexe et réellement passionnant, qui donne envie d'en voir toujours plus et d'en apprendre davantage sur les nombreux protagonistes, à condition de survivre aux premières heures qui font tout pour perdre le joueur. Si l'on rajoute à ça des phases de combats réussies et une traduction française intégrale, on obtient un excellent titre qui mérite d'être découvert.

Créé en 2002 sous le nom Puraguru, Vanillaware a su au fil des jeux et des années se faire une place toute particulière dans le cœur des amateurs de beat’em up. Leurs titres en 2D, baignés dans le folklore et la mythologie, étant de petites merveilles à découvrir, comme Muramasa ou Odin Sphere. Et puis arrive 13 Sentinels : Aegis Rim, qui vient bousculer l’ordre établi.

13 Reasons Why

13 Sentinels Aegis Rim screenshot test PS4Il est bien difficile de parler du scénario de 13 Sentinels : Aegis Rim tant celui-ci part immédiatement dans tous les sens. Dès les premières heures, il est question de méchas, de kaijus, d’aliens, de voyages dans le temps, d’apocalypse, de Guerre mondiale ou encore d’un chat qui parle… Un joyeux gloubi-boulga qui laisse quelque peu perplexe mais qui s’éclaircit finalement au fur et à mesure de la progression.

Car le nouveau bébé de Vanillaware fait partie de ceux qui demandent de suivre plusieurs trames scénaristiques qui finiront, au bout d’un temps, par se rejoindre, comme ce que peut proposer un Yakuza, par exemple. Ici, l’histoire se déroule sur plusieurs époques s’étalant de 1945 à un futur très lointain, et le jeu prend un malin plaisir à nous faire sauter de l’une à l’autre sans crier gare, rendant le tout délibérément confus… Et donnant forcément enfin d’en voir plus.

Car en donnant volontairement une quantité limitée d’informations au joueur en début de partie, 13 Sentinels : Aegis Rim vient titiller la curiosité, qui l’était déjà de toute façon au vu du pitch de base : des aliens ont envahi la Terre et des lycéens sont invités à la sauver en les combattant grâce aux Sentinelles. Classique, mais toujours efficace, a fortiori pour les fans de méchas. Au départ, seule une poignée de personnages est disponible, mais le casting s’agrandit au fur et à mesure de la progression. Progression qui est d’ailleurs, la plupart du temps, laissée à la discrétion du joueur. Il est ainsi possible de se concentrer sur l’histoire de son ou sa préféré(e), ou bien de passer de l’un à l’autre afin que le pourcentage de progression de chaque lycéen soit toujours plus ou moins au même niveau. Il arrive malgré tout que le prochain chapitre d’un personnage soit bloqué, obligeant alors le joueur à réaliser une action particulière (débloquer des termes dans les Archives, terminer un combat, etc.).

Japanese Rim

13 Sentinels Aegis Rim screenshot test PS4Il est bien difficile de rendre justice au scénario du dernier jeu de Vanillaware dans un test tant il se montre passionnant à suivre, malgré (ou grâce à ?) son aspect tentaculaire. C’est avec un plaisir certain que l’on découvre chaque nouveau personnage au compte-gouttes, que l’on en apprend plus sur son background et sur ses liens avec les autres, sur ses motivations personnelles, et ainsi de suite. Chacun se montre attachant à sa manière, même s’il est difficile d’en dire trop sans spoiler.

On apprécie par exemple le côté léger de Natsuno Minami, qui va découvrir un adorable petit alien nommé B.J. (clin d’œil évident à E.T.), l’aspect bagarreur de Yuki Takamiya qui cache en fait un côté protecteur, ou encore la naïveté de Juro Kurabe, l’amateur de films de science-fiction qui se fait traîner à droite et à gauche sans oser dire grand-chose.

Forcément, les rebondissements et les révélations sont légion dans 13 Sentinels : Aegis Rim et, pour le coup, le tout se montre tellement complexe que l’on ne voit pas forcément arriver la plupart d’entre-eux, ce qui est toujours agréable quand on est habitué aux productions nippones qui, bien souvent, s’éloignent assez peu de leurs clichés. Évidemment, on n’échappe pas non plus à certains poncifs qui semblent aujourd’hui obligatoires pour toute bonne « japoniaiserie » qui se respecte, comme le fan service composé de petites culottes et autres formes hyper généreuses, à l’image de l’infirmière du lycée, particulièrement gâtée par la nature de bien des manières. Un aspect avec lequel Vanillaware semble toutefois avoir décidé de jouer grâce aux voyages temporels, une jeune femme en short n’étant pas vue de la même manière en 1945 et de nos jours…

Il est bien difficile de rendre justice au scénario du dernier jeu de Vanillaware tant il se montre passionnant à suivre, malgré (ou grâce à ?) son aspect tentaculaire.

High School of the Mechas

13 Sentinels Aegis Rim screenshot test PS4Si le jeu se montre particulièrement bavard, il ne laisse toutefois pas le joueur totalement spectateur. Lorsque ce dernier choisit un héros, à lui de le déplacer dans les quelques tableaux disponibles à chaque fois, de discuter avec les PNJ présents sur place ou encore d’observer les alentours. Un côté qui donne lieu à de petites énigmes : en trouvant des objets ou en parlant à d’autres, on débloque des mots-clés présentés comme des pensées.

Afin de lancer une action bien précise ou une discussion, il s’agit de choisir le bon mot-clé au bon moment et avec le bon personnage. Ces mini-puzzles se complexifient légèrement au fil du temps, d’autant plus que de très nombreux chapitres ont plusieurs timelines et qu’ils devront être rejoués plusieurs fois afin de tout débloquer. A-t-on déjà évoqué la complexité de la narration ? Heureusement, les Archives permettent de se faire régulièrement des piqûres de rappel, ce qui n’est clairement pas superflu.

Mais c’est durant les combats que le joueur sera le plus actif. En dehors de GrimGrimoire, sorti en 2007, l’Europe n’a pas eu droit à d’autres titres de stratégie en temps réel développés par Vanillaware. 13 Sentinels : Aegis Rim marque donc une sorte de retour aux sources, même s’il s’agit ici plus de semi-temps réel puisque le jeu se met sur pause lorsque l’on doit choisir quelle action effectuer. Les affrontements se déroulent toujours plus ou moins de la même manière : durant un temps imparti, le joueur doit défendre une zone spécifique des attaques d’aliens (appelés ici Deimos) grâce à ses méchas, les Sentinelles. Avant chaque vague d’ennemis, il s’agit de choisir six personnages à envoyer au front, les autres restant en défense, sachant que chaque Sentinelle a ses points forts et faibles.

Robotector

13 Sentinels Aegis Rim screenshot test PS4Ainsi, certaines sont spécialisées dans le corps-à-corps tandis que d’autres sont équipées de missiles anti-aériens et d’autres d’armes IEM, de quoi s’adapter à toutes les formes de Deimos qui tenteront de tout détruire. En tout cas en début de partie, car les améliorations permettent d’uniformiser un peu tout ça au fur et à mesure de la progression. En effet, le joueur remporte des points après chaque combat et ces points permettent de débloquer de nouvelles attaques, voire d’améliorer celles déjà équipées par ses Sentinelles.

Un petit côté RPG certes agréable mais qui, en contrepartie, gomme un peu les spécificités des méchas, rendant les combats encore plus faciles qu’ils ne le sont déjà, même si chaque pilote a tout de même droit à ses capacités passives. Le terminal informatique (nommé Égide) à protéger peut aussi gagner des niveaux et être amélioré, ce qui lui permet de donner un coup de main durant les affrontements, mais il ne peut le faire qu’un certain nombre de fois durant un combat.

Devenant petit à petit plus tactiques (en tout cas si on choisit une difficulté avancée), les phases de combats deviennent aussi de plus en plus brouillonnes. Et c’est là le vrai gros souci de 13 Sentinels : Aegis Rim : l’aspect graphique durant les affrontements. Pas la peine de passer par quatre chemins, c’est clairement très laid, en plus d’être austère. Les méchas sont représentés sous forme de triangles et les ennemis arrivent bien souvent en nuages, empêchant de discerner quelles unités attaquent. Il s’agit donc d’y aller au petit bonheur la chance, et de voir si l’attaque que le joueur décide de lancer va effectivement porter ses fruits, d’où l’intérêt ici de voir le temps s’arrêter lorsque l’on hésite. Et quand en plus on rajoute sur tout ça les points de dégâts qui s’affichent par dizaines, on obtient une bouillie infâme. Les menus ne s’en sortent pas franchement mieux et il est relativement désagréable de naviguer en leur sein.

Beauty and the Deimos

13 Sentinels Aegis Rim screenshot test PS4C’est d’autant plus étonnant que tout le reste du jeu se montre magnifique, à l’image de toutes les autres productions Vanillaware. Si les développeurs ont opté ici pour un côté plus ou moins réaliste, bien loin des dragons ou des fées d’un Dragon’s Crown ou d’un Odin Sphere, on retrouve malgré tout cette patte graphique si spécifique au studio. Les environnements en 2D, dessinés à la main, sont tous plus magnifiques les uns que les autres et regorgent de détails à découvrir, et le chara-design se montre tout aussi réussi, les lycéens étant tous très différents les uns des autres.

On apprécie également la traduction française intégrale, évidemment essentielle pour bien comprendre tous les tenants et aboutissants de l’histoire pour les joueurs ne maîtrisant pas parfaitement l’anglais, même si quelques petites coquilles se retrouvent ici ou là.

Ce test a été réalisé à partir d’une version dématérialisée, fournie par l’éditeur, sur PlayStation 4.

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Shauni
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