Impressions sur The Legend of Zelda : Link’s Awakening (Nintendo Switch)

Cet aperçu a été rédigé après une session jouable sur Nintendo Switch, à l’occasion d’un événement organisé par Nintendo.

Un nouveau souffle de la nature

C’est un temps que les jeunes de moins de vingt ans ne peuvent pas connaître. En 1993 sortait sur GameBoy, la console de poche vedette de l’époque, le quatrième épisode de la saga Zelda, le dénommé Link’s Awakening qui rappelons-le, fut salué par toute la presse internationale. 26 ans plus tard, Nintendo et le studio Grezzo (connu d’ailleurs pour avoir remis au goût du jour Ocarina of Time et Major’s Mask sur 3DS) se sont donnés comme défi d’offrir une nouvelle vision aux premières et féeriques aventures portables de Link. Pourra t-elle être à la hauteur de l’original ? A cette question, nous pouvons en partie y répondre après avoir mis nos mains sur la démo E3 du jeu.

Révélé lors du Nintendo Direct de février dernier, The Legend of Zelda : Link’s Awakening continue d’en surprendre plus d’un avec sa direction artistique qui, en plus de mettre au placard la patte 8 bits pour de la 3D, s’offre un chara-design assez spécial. Néanmoins, si son changement esthétique peut étonner, la part graphique montre quant à elle que de l’eau à couler sous les ponts depuis la quatrième génération.

La portion de l’île Cocolint découverte lors de la démonstration montrait de fines textures, de chatoyants reliefs et débordait de vie. Le point qu’il reste toutefois à revoir est celui de la technique. La framerate du jeu oscille entre 30 et 45 fps notamment en environnement extérieur ce qui, sans être désagréable à l’oeil, saccade quelque peu l’action. Mais les développeurs ne devraient avoir aucun souci à corriger cette petite faiblesse avant septembre…

Chocolat Noix Coco de Lindt

Se présentant davantage comme un remake sur le plan visuel que du game design, Ce nouveau Link’s Awakening sur Switch propose une structure identique à celle de la version GB. PNJ, ennemi, brin d’herbe et élément contextuel, tout est resté à sa place. Les joueurs pourront ainsi (re)découvrir cette fameuse histoire dans laquelle Link se retrouve accidentellement hors du Royaume et doit explorer les lieux à la fois hostiles et enchanteurs de l’île Cocolint afin de réunir les instruments des Sirènes qui permettraient de réveiller le Poisson-Rêve. Ces précieux artefacts musicaux sont cachés à l’intérieur de donjons aussi dangereux que complexes. Au-delà de leurs secrets et trésors, les joueurs de la première heure doivent sûrement se rappeler de la difficulté qu’imposent certaines énigmes mises en place dans ces labyrinthes souterrains.

Pour une quête d’une telle envergure, notre cher Link aura bien évidemment à sa disposition un arsenal digne de ce nom avec notamment une épée, un bouclier et un arc pour ne citer que ces armes. Sans surprise, leur utilité ne sera pas que martiale puisque comme tout Zelda qui se respecte, les phases de puzzle demanderont de les mettre à profit. Tirer une flèche sur un mécanismes, déplacer de lourds obstacles ou encore utiliser un pot en guise de poids sur un levier à charge, les casses-têtes devraient être encore une fois d’une grande ingéniosité et n’auront sûrement aucun mal à nous triturer les méninges.

Loin de vouloir révolutionner la saga, ni même d’atteindre l’envergure d’un Breath of the Wild, Link’s Awakening tend davantage à ranimer les souvenirs nostalgiques des premiers fans et à inviter les plus néophytes à découvrir des sensations d’antan. La prise en main va d’ailleurs dans ce sens en se voulant à la fois facile d’accès et encore plus fluide qu’à l’époque. Cette plus grande fluidité s’explique d’une part par le fait que les déplacements se font désormais en 360° alors que sur Game Boy, ils se limitaient à huit axes. D’autre part, la carte est à présent ouverte et ne propose plus une structure en tableau comme c’était le cas dans la version de 1996 qui, avec ses lentes transitions, pouvait quelque peu perturber l’action. Outre cela, les menus et l’inventaire ont également gagné en lisibilité et ergonomie. Pour ainsi dire, les évolutions techniques et architecturales apportées par Grezzo Studio ne devraient en aucun cas ternir l’oeuvre originale, au contraire, elles semblent bien partie pour rendre l’expérience de jeu plus agréable.

The Legend of Zelda Maker ?

En somme, l’aspect qualitatif de ce remake semble tout bonnement assuré. Reste à voir si ce dernier va réussir à tenir en haleine d’un point de vue quantitatif. Encore une fois, la question de la durée de vie ne devrait pas poser problème sachant que le jeu de base reconnu pour avoir d’honorables longues heures d’amusement, se terminait entre 10 et 20 heures, voire plus pour ceux cherchant à découvrir tous les secrets. Pour combler le tout, un nouveau mode de jeu qui peut faire rappeler dans une moindre mesure les activités d’architecte du cousin Mario, a été ajouté histoire de faire durer les plaisirs. Bien plus limité qu’un Super Mario Maker, il s’agit d’un atelier de création à travers lequel le joueur va pouvoir construire ses propres donjons. Au préalable, il devra trouver ou gagner à travers des quêtes spéciales des modèles de salles. Une fois cette tâche accomplie, il aura à sa guise la possibilité d’organiser les pièces de son donjon, poser les pièges, sélectionner les ennemis et même poster un boss en fin de parcours.

Enfin, nous avons en parallèle pu découvrir en vrai et en résine, l’Amiibo à l’effigie du Link de ce remake. En plus d’avoir de jolis reliefs brillants et une bouille des plus craquantes, ladite figurine aura la particularité de fournir à son possesseur des éléments de création supplémentaires. Et ce ne sera pas le seul puisque tous les Amiibo de la série The Legend of Zelda seront compatibles avec le jeu et renfermeront bien évidemment tout un tas de bonus. En d’autres termes, The Legend of Zelda : Link’s Awakening sur Switch ne devrait avoir aucun mal à trouver son public avec son contenu à la fois intemporel et intergénérationnel. Au-delà de ça, s’il s’appuie là où le titre original à réussi, c’est-à-dire en offrant une aventure épique à vivre n’importe où, ce remake pourrait bien devenir un classique de la console hybride de Nintendo.

Nostalogique
Rendre son éclat à une perle qui a su fasciner une importante communauté de fans n’est pas chose facile. Un remake de The Legend of Zelda : Link’s Awakening se veut ainsi un projet des plus périlleux. Cependant, au vu de cette première approche, les amoureux de la série ainsi que les curieux d’aventures rétro peuvent tempérer leurs inquiétudes. Mise à part une direction artistique qui peut cliver et une résolution quelque peu paresseuse, le travail de restauration se présente sous les meilleurs auspices. Bénéficiant d’une refonte graphique totale, d’un remaniement de l’interface et de meilleurs contrôles, le remake de Grezzo Studio sent bon les saveurs d’antan. Ajoutons à cela, une partie création de donjons qui s’annonce des plus intéressantes, et nous devrions avoir là, l’un des meilleurs titres Switch de l’été 2019.

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