Nous avons eu l’occasion d’essayer The Wanderer pendant une petite demi-heure, le temps de faire l’introduction du jeu et atteindre l’étape cruciale de la rencontre avec des gens « normaux ».

Monstrueuse mélancolie

Tout commence par un visuel, une patte graphique, une approche esthétique. Celle de The Wanderer : Frankenstein’s Creature a de quoi laisser dubitatifs les habitués des Underworld et autres Van Helsing de bas étage. Les filtres grisâtres cinématographiques laissent place à une palette de couleurs surprenantes, chatoyantes, vives. Elles servent des tableaux réalisés comme des aquarelles, que le joueur peint au fur et à mesure de ses déplacements. La justification est claire, la créature de Frankenstein est une âme pure, vierge, plongée dans un corps difforme. C’est donc logiquement que le joueur débute sa partie sur un tableau blanc, qui se remplit au fur et à mesure, le temps pour le personnage de prendre ses marques et de découvrir le monde.

Car il s’agit avant tout de ça. Frankenstein’s Creature est un récit de découverte(s), d’innocence, de douceur et de brutalité. Les différents niveaux illustrent à merveille ces différents aspects de l’histoire, que le joueur façonne tout de même plus ou moins selon son bon vouloir. Régulièrement, il est soumis à des choix. Un serpent veut tuer une biche : dois-je intervenir ou non ? Ce qu’il décide influe sur ce qui se passe à l’écran, l’imagerie peut changer du tout au tout, en fonction des émotions ressenties par le personnage. Les couleurs vives des débuts peuvent très rapidement laisser place à un rouge angoissant, puis à la noirceur.

Enfin, tout ça n’est qu’une histoire de décisions. La narration semble définie par les choix du joueur et il faut avouer qu’en dehors de ces choix, le joueur n’a que peu de choses à faire. On passe de scène en scène avec une facilité déconcertante, le jeu ne montrant jamais la moindre résistance lors de la progression. Est-ce problématique ? Pas vraiment. La Belle Games met tout en oeuvre pour raconter une histoire poétique, touchante et visuellement virtuose. Tous les jeux ne sont pas faits pour frustrer le joueur. Il faut un temps pour tout !

Sublime
The Wanderer n’est pas juste une énième réinterprétation de l’oeuvre de Mary Shelley. C’est avant tout une approche poétique, pleine de mélancolie, rappelant souvent les titres contemplatifs de thatgamecompany (Flower, Journey), que nous offre La Belle Games. Chaque tableau est une nouvelle occasion de s’émerveiller face à l’incroyable travail des artistes du studio, alors que notre créature découvre le monde avec le même regard. Vivement la version finale !

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