Nous avons eu l’occasion de découvrir Dual Universe au travers d’une présentation et d’une session « hands-off ».

Un véritable « life sim » spatial ?

Pour cerner Dual Universe, il faut tout d’abord être capable d’appréhender son concept. Il ne s’agit pas de se focaliser sur de l’exploration, de la construction, du commerce ou de la guerre, mais de faire un peu tout ça à la fois. Plus globalement, le but, si tant est qu’il y en ait réellement un, est de façonner un univers, de le peupler sans limite de joueurs, de créer des civilisations auto-gérées, ou plutôt gérées par les joueurs, et sur lesquelles les développeurs n’auraient aucune emprise. En bref, Novaquark ne fournit que les outils, c’est ensuite aux joueurs de les exploiter pour ériger ce qu’ils souhaitent.

Et des outils il y en a à la pelle, à commencer par les possibilités de construction, permises par la technologie du jeu en « voxels ». Cela se traduit par des matières totalement exploitables et modifiables, pour créer tout et n’importe quoi. Une table ? Un bâtiment ? Une ville complète ? C’est jouable. Mieux encore, plutôt que d’avoir à se contenter de modèles pré-établis, les joueurs peuvent façonner leurs propres vaisseaux eux-mêmes, à la taille qu’ils le souhaitent, sans contraintes esthétiques. Dans la version présentée par les développeurs, nous avons pu découvrir une petite ville, entièrement bâtie à l’aide de ressources récupérées en jeu, avant de décoller pour l’espace et se poser sur une station complète, là-aussi construite à l’aide des outils intégrés. L’idée semble à la fois folle et pourtant parfaitement faisable, plausible. Les technologies utilisées par les développeurs sont entièrement dédiées à l’imagination des joueurs et à leurs envies de role playing.

Vers l’infini mais pas au-delà

Pourtant, ce n’est pas forcément le plus impressionnant. Novaquark a intégré au coeur de son jeu des notions d’automatisme (via des connecteurs logiques) et de programmation, permises par le langage LUA. En jeu, cela s’est traduit par l’intégration d’un casse-briques sur un écran. Un véritable jeu dans le jeu. Une seule question nous est venue à l’esprit à ce moment-là : « Donc si je souhaite faire une sorte de salle d’arcade dans le jeu, théoriquement, je peux ? ». La réponse fut « Oui », bien que la faisabilité de cette idée dépende avant tout de mes compétences en codage. Ce langage, ainsi que l’intégration des connecteurs logiques, permet d’envisager la création d’usines, pour développer des ressources et des pièces à ne plus savoir quoi en faire. C’est là que le troisième outil important entre en jeu : le commerce.

Quand on y pense bien, un marché, c’est simple. Il y a de l’offre et de la demande, les deux se rencontrent « et paf ! », ça donne un marché. Dual Universe devrait permettre la création d’une véritable économie, encore une fois entièrement gérée par des joueurs. Vous êtes à l’origine de 95% de la production d’une pièce spécifique sur une planète ? Profitez-en ! Il est possible de se retrouver face à une économie très équilibrée, ou au contraire face à des monopoles dévorants. Tout est constamment entre les mains des joueurs.

Du coup, une question essentielle se pose : à quoi bon développer des villes, des relations politiques ou même une économie si les joueurs ne se rencontrent jamais ? Effectivement, dans un jeu comme No Man’s Sky, ça n’aurait pas de sens. Mais Dual Universe ne joue pas dans la même cour que No Man’s Sky. L’infini n’est pas son terrain de jeu, bien au contraire. Novaquark préfère proposer une zone de jeu réduite, générée procéduralement mais avec des règles très précises, dans laquelle les joueurs seraient forcément poussés à l’interaction. Plutôt que d’avoir des milliers de planètes à explorer, à coloniser et à exploiter, Dual Universe fait le pari d’une aire de jeu composée d’une poignée de planètes, de quelques lunes et d’astéroïdes… Pour l’instant.

En résumé
Rares sont les titres aussi ambitieux que Dual Universe. Enfin, rares sont ceux qui ne virent pas dans la surenchère quantitative à la moindre sortie marketing. Plutôt que de jouer sur la quantité, véritable mamelle de nombreux titres spatiaux, le jeu de Novaquark joue la carte de l’exploitation. Sur le papier, l’idée de confier le destin d’un univers à des joueurs semble suicidaire. Pourtant, face au titre, on constate que tous les outils ont été conçus et intégrés de manière suffisamment intelligente pour que la chose soit plausible. Reste à savoir combien de temps il faudra attendre pour découvrir une Etoile de la Mort complètement fonctionnelle dans les cieux de Dual Universe

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