Cris Tales a été présenté à travers une session hands-off, durant laquelle le développeur s’est concentré sur les mécaniques temporelles du jeu.

Une aventure en trois temps

À l’origine de Cris Tales, il y a une envie : rendre hommage RPG japonais d’antan, Final Fantasy en tête. Ainsi il prend la forme d’un jeu de rôle au tour par tour, avec tout ce que cela implique d’éléments typiques du genre. En combat, on retrouve cette perspective de profil, alors que notre ou nos personnages choisissent les actions qu’ils souhaitent effectuer. Leur rotation est indiquée en haut de l’écran. Comme dans d’autres représentants du genre, les combats sont dynamisés par un jeu sur le timing. Il est possible d’amplifier une attaque ou de renforcer une défense en appuyant sur un bouton au moment propice. Jusque là, Cris Tales ne fait pas dans l’originalité, mais il y a un twist de taille.

En effet, Cris Tales tire profit de mécaniques temporelles. Crisbell, notre héroïne, hérite très rapidement d’un pouvoir qui lui permet de voir à la fois le passé, le présent et le futur, sur un seul et même écran. Lors des phases dites “classiques”, où l’on creuse la narration, l’écran est clairement scindé en trois zones. Le passé est à gauche, le présent au centre et le futur à droite. Cette spécificité permet de voir le décor évoluer en temps réel, de résoudre des puzzles (notamment avec la grenouille Matias, un vrai personnage à part entière) ou encore de compléter des quêtes en passant d’une époque à l’autre. Néanmoins, c’est durant les phases de combat que ce système révèle toute sa richesse.

Lors d’un combat, notre héroïne est capable d’envoyer ses opposants dans le passé ou le futur. L’intérêt ? Imaginez un sort de feu, brûlant un adversaire sur la durée. Projetez ce même opposant dans le futur et il subira d’un seul coup l’intégralité des dégâts provoqués par sa situation “flambante”. De la même manière, admettons que le joueur se retrouve face à un jeune dragon. Le projeter dans le futur fera de lui une menace considérable, alors que le renvoyer dans le passé alors qu’il n’était d’un bébé simplifiera grandement les choses. Dream Uncorporated et SYCK ont souhaité créer de nombreuses synergies entre les possibilités temporelles et les différentes situations rencontrées, pour un résultat bien souvent surprenant.

Comme si l’intelligence du gameplay ne suffisait pas, l’emballage de Cris Tales est une réussite totale. Loin du style “pixel art” comme on le voit tant chez les développeurs indépendants, le jeu propose une 2D absolument sublime, d’une finesse remarquable et animée avec soin. Chaque lieu visité impressionne par un sens du détail quasi-maladif de la part des développeurs. Rien n’est laissé au hasard. Comme quoi, le “fait main” a encore de beaux jours devant lui !

En résumé
Il a beau jouer à fond la carte de l’hommage, Cris Tales ne fait pas dans la facilité pour autant. En dehors de son incroyable style visuel, ses possibilités temporelles semblent apporter une véritable plus-value à des combats que l’on aurait qualifié de trop classique autrement. Ici, elles font toute la différence, donnant un petit coup de fouet à un genre habituellement trop stagnant. L’aventure devrait s’étaler sur une vingtaine d’heures. Espérons que les deux studios sauront maintenir la cadence !

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