Impressions sur Cyberpunk 2077 (PC, PS4, Xbox One)

Cet aperçu a été rédigé après une présentation faite par les développeurs sur PC.

Welcome to Night City

Tout commence dans Night City, la ville théâtre de l’aventure. Une mégalopole dont nous n’avons eu qu’un trop bref aperçu mais qui comprendra six grands districts à terme, tous visitables avec un grand nombre de bâtiments, d’immeubles et de sous-sols que l’on pourra parcourir de fond en comble comme le promettent les développeurs. En attendant, la démo s’ouvrait par la personnalisation de V, le héros ou l’héroïne principale. Dans la plus pure tradition des RPG, le jeu offre la possibilité de choisir le sexe mais également l’apparence et surtout des éléments du passé de l’avatar afin d’influer les dialogues et le cours de l’histoire. Impossible de juger de la véracité des dires dans cette démo mais les quelques lignes de background glanées avec un peu d’attention montrent que l’on pourra incarner des profils psychologiques et sociaux radicalement différents. Il sera également possible, à la manière d’un Fallout, de choisir de répartir des points en force, intelligence, technique, constitution, réflex et l’énigmatique cool.

Le public ayant voté à l’unanimité pour jouer une femme, c’est donc avec une V aux formes agréables que le jeu a commencé. Dès les premières images, c’est la claque visuelle. CD Projekt Red ajoute une nouvelle corde de maîtrise à son arc : après les TPS en monde ouvert absolument bluffant, place à un FPS tout aussi impressionnant de détails. On a d’ailleurs peine à croire que le titre n’est qu’en pré-version tant les textures sont fines et détaillées. Et que dire de la modélisation des objets, des personnages et plus globalement de la ville si ce n’est que l’on doute de la sortie du jeu sur la génération actuelle de console. Chipotons simplement en disant que le premier couloir traversé pour sortir de l’appartement de V semblait techniquement un poil en deçà. Mais c’est vraiment pour chipoter car pour le reste, il n’y a rien à dire : c’est du grand art. En témoigne une première mission « d’infiltration » dans un appartement pendant laquelle il était possible de se glisser dans le dos d’un ennemi avant de lui plonger la tête dans une baignoire et de la lui flinguer à bout portant dans l’eau pour étouffer le bruit de la détonation. Simple et efficace.

Cyberpunk, blood, sex and drugs

Mais cette claque n’était rien comparée à celle que nous avons prise lors de la première sortie en ville. Sous nos yeux ébahis se sont déployés une myriade de détails et surtout un univers qui semble cohérent avec beaucoup de PNJ qui vaquent à leurs occupations que ça soit en intérieur comme en extérieur et cela sur plusieurs niveaux, y compris dans les airs. L’ambiance respire le cyberpunk et prend ses inspirations autant dans le Cinquième Élément que dans Blade Runner ou dans Ghost in the Shell.

Et que dire de la modélisation des objets, des personnages et plus globalement de la ville si ce n’est que l’on doute de la sortie du jeu sur la génération actuelle de console

Cette référence nous a particulièrement sauté aux yeux car V, comme son acolyte qui l’accompagnait durant les deux missions présentées, disposent de la faculté de se connecter, via une prise fichée dans leur avant-bras, au cerveau des ennemis ou PNJ croisés. Cela pour glaner des informations ou carrément pirater des systèmes de défense ou de sécurité. Ces augmentations et améliorations sont d’ailleurs au centre du gameplay et influent directement sur l’interface qui varie en fonction des choix effectués. À ce titre, la première « quête » de V consistait à rendre visite à un « docteur » spécialisé dans ces implantations pour faire remplacer son œil par un nouveau disposant d’une modification permettant de voir de beaucoup plus loin et d’effectuer des zooms sauvages. Un côté Deus Ex pleinement assumé mais également tellement supérieur dans le titre de CD Projekt Red. Ceci étant fait, les développeurs nous ont emmené en voiture pour ce qui était sans doute la phase la moins passionnante de cette longue séquence avec une conduite qui semblait plutôt rigide. La faute à une voiture semblant être montée sur des rails. Techniquement c’est toujours impressionnant mais à regarder c’était en revanche moins intéressant, cela jusqu’à ce qu’une course poursuite (scriptée sans aucun doute) ne s’engage et ne s’achève dans un joli crash et une multitude d’explosions. Justement, l’action pourra être au centre de la résolution de toutes les nombreuses missions qui seront offertes tout comme les dialogues. Les développeurs avaient d’ailleurs fait le choix d’adopter une approche pacifique pour dealer avec un trafiquant d’arme histoire de nous montrer les nombreux choix de dialogues possibles.

Bien évidemment le tout a rapidement dégénéré dans une fusillade permettant d’apprécier les augmentations de notre héroïne qui s’activent en inhalant une mystérieuse drogue. En gros, il faut se shooter pour être boosté ce qui confirme les propos introductifs du senior level designer qui assurait le commentaire de la séquence jouée : « There will be blood, sex and drugs ». V pouvait ainsi déclencher une sorte de bullet time, scanner les ennemis à travers les murs et surtout s’agripper à eux pour fondre sur l’adversaire grâce aux lames planquées dans ses avants bras. Un modeste aperçu des nombreuses augmentations qui seront finalement disponibles. Extrêmement nerveux et absolument pas ennuyant à regarder (ce qui est un gage certain de qualité), les gunfights sont parmi les plus immersifs qu’il nous ait été donné de voir depuis très longtemps : c’est fluide, c’est dynamique, les flingues sont précis et l’action hyper rapide. L’IA se déplaçait, se mettait à couvert obligeant ainsi à changer souvent de couverture et à exploiter le décor pour repérer les murs et parois que les balles pouvaient transpercer.

Car oui, CD Projekt Red a poussé le vice du détail jusqu’à permettre de péter les différents éléments visibles à l’écran. Par ailleurs, l’acolyte latino de V (dont les lignes de dialogues sont énormes) se plaçait toujours idéalement et pour la couvrir parfaitement. Et question armement, cette démonstration nous aura plus que convaincu : outre le flingue de base, V a pu manier une mitraillette dont les balles à tête chercheuse allaient déloger les adversaires dans les coins et surtout une épée dont l’effet secondaire était de générer un bouclier repoussant les balles par vibration. Idéal pour attendre que l’ennemi recharge pour ensuite courir vers lui pour glisser et lui sectionner les jambes d’un coup net. Trippant, il n’y a pas d’autre mot. Le niveau s’achevait alors avec un combat contre un chef de gang maniant un exosquelette façon Aliens, en plus lourdement armé. Cela n’a pas empêché V de lui faire sa fête et de l’achever en lui enlevant la moitié du crâne. A noter que les ennemis disposeront sans doute d’une barre de vie visible (ou pas) car les points d’impacts s’affichent actuellement à l’écran comme cela se fait dans la plupart des RPG.

On aurait volontiers gardé en otage les développeurs pour en savoir plus mais malheureusement nous avons dû quitter la salle avec un grand nombre de questions auxquels les mois (années ?) à venir répondront sûrement : qu’en est-il de la grandeur de l’open world ? Pourra-t-on sortir de la ville ? Comment seront gérées l’expérience et les augmentations ? Combien de quêtes seront offertes ?

Peu importe en fait, Cyberpunk 2077 confirme son statut de futur must have en réussissant à remettre au goût du jour des concepts et inspirations déjà vus dans des Fallout, Deus-Ex et compagnie en se payant le luxe de les sublimer.

Cyberclaque
Cyberpunk 2077 c’est le titre auquel on veut croire tout en espérant qu’il puisse atteindre les objectifs ambitieux annoncés. Connaissant le savoir faire de CD Projekt Red, nul doute que le titre sera à la hauteur d’autant plus si la version finale est du même tonneau que ce qui nous a été présenté. Inutile de nier qu’on avait une furieuse envie d’arracher le pad des mains du développeur chanceux qui réalisait la démonstration. On a donc hâte d’en voir plus et surtout de pouvoir enfin y jouer. Un jour. Quand il sortira. Et avant 2077 espérons-le car pour le moment rien n’est annoncé.

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here