Migraine technique

Le 18 mars dernier, aux alentours de 17h, avait lieu la première conférence officielle liée à la PlayStation 5. Passons sur les angoisses provoquées par les silhouettes mouvantes au premier plan pour nous focaliser sur le cœur du sujet : la voix de Mark Cerny, les arguments techniques de la PS5. Et il faut dire que les informations étaient bien au rendez-vous. Le lead architect s’est étalé pendant une longue heure sur un charabia technique incompréhensible pour qui n’apprécie pas un minimum de se bourrer le crâne à coups de données spécifiques, de la manière la moins spectaculaire possible. Autant vous dire que le temps paraissait long durant toute la conférence. N’espérez même pas le moindre design, ne serait-ce que de la future nouvelle manette. Il n’y avait de place que pour les promesses chiffrées.

Au niveau des chiffres donc, on a tout de même été bien servi. Auparavant on n’avait que les données sur la puissance brute de la Xbox Series X, ce qui empêchait toute forme de comparaison. Aujourd’hui, nous sommes en mesure de comparer et de dire qui a la plus grosse… En théorie.

La découverte du SSD

Du coup, nous avons retenu trois données principales vis-à-vis de ces deux consoles, là où le combat sera principalement mené : la puissance brute du combo CPU / GPU (processeur et carte graphique pour les non-initiés), le stockage via cette nouveauté qu’est le SSD et la capacité à étendre ce stockage. Tout le reste n’est que gnognotte.

Commençons par la puissance du processeur et de la carte graphique. Les deux consoles proposent un processeur AMD basé sur l’architecture Zen 2, disposant de 8 coeurs et cadencé à 3.8GHz chez Microsoft et à 3.5GHz chez Sony. Dans un cas comme dans l’autre, ce sera puissant. Graphiquement parlant, les deux constructeurs jouent également dans la même cour puisque Xbox Series X et PS5 seront toutes deux équipées par AMD d’une carte graphique RDNA 2, qui est la nouvelle architecture du fabricant. Une architecture inédite, qui arrivera sur les PC à peu près à la même période. Encore une fois, dans un cas comme dans l’autre, ce sera puissant.

 Xbox Series X processeur graphique
© 2019 Microsoft

Petite nuance tout de même, la Xbox Series X proposera une puissance théorique de 12 Teraflops (les bits des millenials), là où la PlayStation 5 devra se contenter d’un maigre 10,28 Tflops. Tout troll mis à part, les vrais savent ce que cela signifie : rien du tout. Les jeux seront sûrement identiques sur les deux supports et il y a même de fortes chances pour que les exclusivités de la PS5 tabassent nettement plus que celles de sa rivale. On connaît cette situation, on sait tous comment ça s’est fini la dernière fois !

Vient ensuite LA nouveauté avec laquelle on nous bassine depuis des mois et des mois : le SSD. Sans vouloir être mauvaise langue, il est nécessaire de rappeler que les PCistes connaissent cette technologie depuis pas loin de 10 ans. Dans le jargon, on pourrait même dire « depuis belle lurette ». Alors quand Sony et Microsoft tentent d’agiter leur petit monde avec des SSD, difficile de ne pas baisser les yeux en ricanant. Pourtant, si Microsoft est finalement resté dans les standards, avec une vitesse de 2.4 GB/s (c’est la vitesse d’un bon disque NVME en PCI-Express, à vos souhaits), Sony a mis les bouchées doubles. En effet, le SSD proposé par la firme nippone devrait grimper à 5.5 GB/s. Dans l’absolu, et dans les deux cas, cela se traduira par des temps de chargement considérablement amoindris, ce qui n’est pas du luxe. Toute personne ayant déjà joué à un titre Rockstar sera forcément d’accord.

Le retour des cartes mémoires ?

Malheureusement ces SSD sont limités à 1 To de données, chez l’un comme chez l’autre. Comme la génération actuelle en fait. Et à l’heure où des Call of Duty : Modern Warfare prennent jusqu’à 170 Go d’espace disque, il y a de quoi craindre pour nos futures ludothèques. Qu’en est-il de l’extension de l’espace de stockage ? C’est simple : chez Sony, il faudra acheter des SSD validés par Sony. Au regard du prix que ces derniers pratiquent sur le marché des cartes XQD et CFExpress, autant vous dire que vous allez raquer.

Chez Microsoft, c’est un peu différent. Pour garantir une vitesse d’exécution au poil, l’extension du stockage ne pourra se faire que d’une seule façon : avec des petites cartes à insérer derrière la console. Des cartes estampillées Seagate, dans un format réduit. Ça vous rappelle quelque chose ? Eh oui, Microsoft nous propose un retour à la bonne vieille carte mémoire des familles, avec un prix démultiplié depuis (mettons ça sur le dos de l’inflation). Autant vous dire qu’on n’hésitera pas à sacrifier quelques jeux pour ne pas avoir à passer à la caisse !

Les PCistes connaissent les SSD depuis belle lurette. Alors quand Sony et Microsoft tentent d’agiter leur petit monde avec ça, difficile de ne pas baisser les yeux en ricanant.

Finalement, qui est le gagnant ?

Bon, c’est bien joli tous ces chiffres, ces grandes déclarations pour rallier les joueurs à leur cause, mais qui de Sony ou Microsoft ressort gagnant de cette semaine de présentations ? Ni l’un, ni l’autre. En fait, c’est tout simplement le joueur. Parce qu’il ne s’agit que de ça au fond, ce concours phallique n’a pour autre conséquence que la mise à disposition de technologies facilitatrices pour les développeurs, qui seront alors en mesure de nous offrir des expériences exceptionnelles. Les mondes seront plus grands, les interactions plus poussées, les émotions mieux retranscrites. La lumière rendue par ray tracing brillera, l’audio 3D nous soufflera, les chargements disparaîtront. L’avenir sera radieux pour les joueurs.

Tout ça pour jouer à un p***** de FIFA. C’est moche, quand même.

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