À l’occasion de la sortie de Furi en téléchargement sur Nintendo Switch, nous avons eu l’occasion de poser quelques questions à Emeric Thoa, directeur créatif et co-fondateur du studio français The Game Bakers.

En attendant de découvrir notre verdict sur cette version d’un titre paru pour la première fois durant l’été 2016 sur PC/PS4, voici donc venir un bref entretien durant lequel ont été notamment évoquées les particularités de l’adaptation sur Switch.

Nous en avons également profité pour porter un regard plus général sur Furi tout en nous interrogeant sur l’avenir de The Game Bakers.

Emeric Thoa interview jeuxvideo24

jeuxvideo 24 : Après la sortie initiale sur PC/PS4 puis son arrivée sur Xbox One, comment Furi s’est retrouvé sur Nintendo Switch ?

Emeric Thoa : On a attendu que la console sorte pour la tester. Et quand on s’est rendu compte que c’était une super console, on n’a plus trop hésiter à travailler pour amener Furi sur Switch.

Combien de personnes dans votre équipe ont travaillé sur cette version ? Pendant combien de temps ?

C’est à peu près 6 personnes pendant 5 mois.

Ce portage a-t-il posé des soucis particuliers ou est-ce que, au contraire, la console est relativement simple à appréhender ?

Tout était relativement simple, sauf l’optimisation. On avait développé le jeu pour la PS4 et les PC, et la Switch est une console hybride, donc un peu moins puissante que les consoles dédiées « salon ». Les 5 mois de développement ont été presque entièrement dédiés à l’optimisation. Au final, le jeu est quasi identique sur Switch et sur PS4.

La fluidité est primordiale dans un jeu aussi exigeant que l’est Furi. Est-ce qu’il a fallu faire des sacrifices sur le plan technique pour assurer cet aspect-là sur Switch ? 

Quelques sacrifices sur quelques patterns de tirs, en diminuant un tout petit peu le nombre de bullets à l’écran. Mais ça ne change pas le fun du jeu, c’est juste « mieux conçu » en fait. Parfois les contraintes techniques nous obligent à mieux faire les choses.

On sait que les choses peuvent être tendues, pour un studio indépendant qui n’a pas la force de frappe d’une plus grosse structure, au moment de soumettre un titre sur une machine comme la Switch. Comment les étapes de validation ont été gérées avec Nintendo ? Les échanges ont-ils été nombreux ?

En réalité, c’est beaucoup plus simple qu’on ne croit. On avait déjà des contacts avec Nintendo car on avait fait Squids Odyssey sur Wii U et 3DS. On leur a dit « on aimerait amener Furi sur Switch ». Ils ont dit « Super, on vous envoie des kits de développement ». On a payé les kits et on s’est mis au travail. C’est tout.

« C’est un projet qui sera dur à égaler. Il a dépassé mes attentes à tous les niveaux. Parfois, les étoiles s’alignent, c’est comme ça. Mais maintenant, je pense à la suite. »

Emeric Thoa, directeur créatif et co-fondateur de The Game Bakers, à propos de Furi.

En tant que développeur, et tout simplement comme joueur, quelle version de Furi vous satisfait le plus ? Pourquoi ?

Les versions les plus complètes sont les versions Switch et PC. La version dans mon cœur est toujours la première, celle qui a guidé la production, la version PS4. Mais en réalité, c’est vraiment le même jeu partout… donc c’est un peu du chipotage.

Chez jeuxvideo24 on est assez fan des réalisations de Carpenter Brut (note à nos lecteurs : n’hésitez pas à faire un petit tour sur cette page si vous ne connaissez pas l’artiste). Comment s’est passée votre collaboration ? Lui avez-vous laissé carte blanche ou y avait-il une orientation bien précise que vous souhaitiez donner à l’OST de Furi ?

On a adoré travailler avec Carpenter Brut. C’est un gars génial, hyper pro et inspiré. On lui a donné des briefs sur les boss, l’univers, l’atmosphère, le déroulé du combat. On lui a envoyé des vidéos du jeu en cours de développement. Là il a proposé des ébauches, on a tout de suite aimé. On a fait quelques aller-retour, il a toujours été dispo pour améliorer, corriger selon l’évolution du jeu. Le résultat parle de lui-même.

La sortie de Furi en 2016 a été la consécration d’un projet imaginé de longue date et mené de bien belle manière jusqu’à son terme. Quel regard portez-vous sur cette aventure avec un peu de recul ? 

C’est difficile à décrire. C’est un projet qui sera dur à égaler. Il a dépassé mes attentes à tous les niveaux : le fun qu’on tire du jeu, sa réalisation mais aussi les conditions de développement. Parfois, les étoiles s’alignent, c’est comme ça. Mais maintenant, je pense à la suite.

Quel bilan créatif pouvez-vous en tirer ?

J’ai tout noté dans un carnet pour en faire un livre de « bonnes pratiques du game design ». On en reparle à la sortie du bouquin 😉

Maintenant que la page Furi est tournée (Ou pas ? Peut-on espérer une version PS Vita ?), sur quel(s) projet(s) The Game Bakers est en train de plancher ? Le succès de Furi vous offre-t-il une certaine liberté financière ?

On travaille sur un jeu très différent, dont il est trop tôt pour parler. On a suffisamment de liberté financière pour le produire nous-mêmes, mais on n’a pas trop le droit à l’erreur. Et même si c’est peu réaliste, on adorerait faire Furi sur Vita 🙂