Test de Yomawari : Night Alone (PS Vita)

Le test a été réalisé à partir d’une version dématérialisée sur PS Vita.

Alone in the dark

Se situant au cœur d’une petite bourgade japonaise en pleine nuit, Yomawari : Night Alone propose d’incarner une fillette ayant soudainement perdu Poro, son chien. De retour à la maison, sa grande sœur décide immédiatement de partir toute seule à sa recherche. Forcément, arrive ce qui devait arriver : au bout de plusieurs heures, la grande sœur ne revient toujours pas. La petite héroïne va donc passer toute sa nuit à la chercher aux quatre coins de la ville, uniquement armée d’une lampe-torche. Avec un postulat de départ tout ce qu’il y a de plus classique, le titre de Nippon Ichi Software ne mise de toute évidence pas sur son scénario. Ce qui se vérifie malheureusement tout au long de l’aventure puisque l’histoire ne parvient jamais vraiment à décoller, la faute à une narration qui reste la plupart du temps en retrait. Dommage mais, fort heureusement, ce défaut est compensé par une ambiance pour sa part bien plus travaillée.

Derrière une direction artistique mignonne voire enfantine, ce survival-horror cache une ambiance lourde et parfaitement maîtrisée. Dès le départ, le joueur est plongé dans un univers sombre et tendu, avec la disparition aussi soudaine qu’inattendue de Poro. L’ambiance sonore y est pour beaucoup, comme souvent dans ce genre de jeux : le silence est prédominant pendant la quasi intégralité de l’aventure et les rares compositions musicales sont lourdes et stressantes. Ce silence pesant est en revanche accompagné par des bruitages qui participent eux aussi à plonger le joueur dans l’ambiance. Le chant des grillons, le bruit des pas sur le bitume, le claquement d’une plaque d’égout lorsque l’héroïne passe dessus, le bruissement des feuilles, mais aussi et surtout les battements de son cœur. Si aucun habitant bien vivant ne se trouve dans les rues de cette petite ville, de nombreux yokai sont pour leur part bel et bien de la partie, et ce sont les battements de cœur de la fillette qui avertissent de leur présence. Forcément, plus ces derniers sont rapides et plus le danger est proche.

Nuit magique, nuit tragique

Un avertissement plus que bienvenu puisque les créatures sont tout sauf amicales. Issues du folklore japonais, elles ont toutes un aspect différent (tête de chat volante, masse bloquant toute la rue, ombre filiforme, etc.) mais aussi et surtout des patterns qui leurs sont propres. Il y en a des lents, des rapides, des sensibles à la lumière, au bruit, des qui ne supportent pas qu’on leur tourne le dos et ainsi de suite. L’héroïne, pour sa part, n’a que deux moyens de leur échapper. Il est bien possible d’envoyer des cailloux pour faire diversion mais ce système ne fonctionne pas vraiment : soit elle se cache derrière des buissons en attendant que l’ennemi aille voir ailleurs, soit elle prend ses jambes à son cou, sachant qu’elle dispose d’une jauge d’endurance qui se vide bien vite, surtout quand elle est terrifiée. Et il s’agit de correctement gérer cette dernière car les yokai tuent la petite fille en un seul coup (et accessoirement dans une effusion de sang). Yomawari ne laisse donc aucune place à l’erreur et se pose en vrai die & retry : au joueur d’apprendre de ses échecs et de ses (très) nombreuses morts, avec tout ce que ça peut engendrer comme crises de nerfs. Bref, un système extrêmement frustrant pour tout ceux qui n’en ont pas l’habitude, d’autant plus que les statues permettant de sauvegarder et de se téléporter ne se trouvent pas à tous les coins de rue et qu’elles demandent en plus une petite piécette en échange.

Derrière une direction artistique mignonne voire enfantine, ce survival-horror cache une ambiance lourde et parfaitement maîtrisée.

Et pour trouver ces dernières, il s’agit d’explorer le terrain de jeu de ce survival-horror, qui est en fait un petit open-world avec tout ce que ça comporte d’environnements différents présents dans une ville (quartier résidentiel, école, déchetterie, etc). L’argent n’est d’ailleurs pas la seule chose qu’il est possible de trouver sur place, car quelques énigmes simplettes nécessitant des items spécifiques sont aussi de la partie. Si les pièces sont visibles de loin puisqu’elles brillent, les autres objets sont toutefois moins faciles à trouver et ce pour une raison simple : pour les récupérer, le joueur doit se placer au pixel près. Fatalement, avec des ennemis qui ne sont jamais bien loin, ce n’est pas toujours chose aisée et il est assez récurrent de mourir bêtement en essayant de se placer à l’endroit exact et de se faire attraper par un yokai sorti de nulle part. Heureusement une petite aide est de la partie, c’est toujours ça, prenant la forme de points d’interrogation et d’exclamation s’affichant au dessus de la tête de la petite fille. Il est également bien rare de tourner en rond pendant des heures, sauf si l’on décide d’absolument tout explorer, puisque la suite des opérations est en règle générale assez logique, avec par exemple de petites notes donnant des indices du genre  »il y a un chemin caché entre deux arbres pour se rendre à tel endroit’‘. Si le titre n’indique pas clairement où aller, il consent donc tout de même à aiguiller le joueur (à condition de parler anglais), quitte à lui imposer de nombreux allers-retours.

La nuit est sombre et pleine de terreurs

Le jeu de Nippon Ichi Software a donc bien du mal à trouver son équilibre, entre une trop grande simplicité au niveau de ses énigmes et une difficulté retors à cause de son aspect die & retry. Bref, il y a de quoi vite se décourager pour les moins patients, d’autant plus que Yomawari ne remplit pas totalement son objectif principal : faire peur. Si quelques rares jump scare sont de temps en temps de la partie, c’est bien plus souvent le stress qui se fait ressentir. Et pas le genre de stress que doit procurer un survival-horror, mais plutôt le stress que l’on ressent à l’idée de mourir bêtement et de devoir se retaper toute une section éprouvante parce que l’on n’avait pas les moyens de sauvegarder entre temps… Sans parler des nombreux problèmes techniques que l’on peut rencontrer sur PS Vita et qui peuvent gâcher l’aventure, à commencer par des sauvegardes corrompues, obligeant à tout recommencer de zéro. Là encore, il y a de quoi rager, mais au moins la petite durée de vie du titre, qui se termine en une poignée d’heures, permet de se dire que l’on ne vient pas non plus de perdre 40 heures…

LE VERDICT
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6
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