Test de Valkyria Chronicles Remastered (PS4)

Le test a été réalisé à partir d’une version physique sur PlayStation 4.

La guerre est dans le pré

L’histoire de Valkyria Chronicles Remastered se situe dans une Europe alternative des années 30 pendant une sorte de Seconde Guerre mondiale revue et corrigée. Les pays de l’est, réunis sous la bannière de l’Alliance Impériale, ont subitement développé des envies de conquête et ont donc commencé à croiser le fer avec les pays de l’ouest, regroupés sous le nom de Fédération Atlantique. Et entre les deux, le petit pays neutre de Gallia d’où est originaire le héros, Welkin. Passionné par la faune et la flore, il est pourtant bien vite enrôlé dans l’armée de milice et placé à la tête de l’Escouade 7, aux côtés d’ailleurs d’une jeune femme née dans le même village campagnard que lui, Alicia. Leur mission ? Tenter de stopper la progression de l’ennemi, bien décidé à se rendre dans un désert, situé au centre du pays, renfermant une puissance ayant appartenu au peuple des Valkyriens. Une puissance qui, bien entendu, ferait clairement pencher la balance en faveur de ceux qui auraient mis la main dessus… Comme tout bon RPG japonais qui se respecte, Valkyria Chronicles Remastered parle beaucoup, tout le temps. Le joueur est martelé de cut-scenes et autres cinématiques destinées à faire progresser ce scénario, même si ce dernier a malheureusement bien du mal à se montrer aussi grave et intéressant que son sujet.

En effet, malgré la présence de thèmes durs comme le racisme – en l’occurrence envers une ethnie baptisée Darcsen – ou encore l’emprisonnement dans des camps, il est bien rare d’avoir droit à une réaction à la hauteur de la part des personnages. Les différents héros, tout comme les dialogues d’ailleurs, sont clichés au possible et il est bien difficile de s’attacher à l’un ou l’autre tant ils se montrent creux. Et pourtant, ils ont tous eu droit à une fiche évoquant leur background et évoluant au fur et à mesure de la progression du joueur dans l’histoire. Heureusement, si cette trame ne se montre pas à la hauteur, tout le reste est déjà bien plus intéressant, à commencer par les différentes missions offrant des batailles épiques. Valkyria Chronicles Remastered est donc un RPG stratégique mais le titre de Sega a su se démarquer de la concurrence en rajoutant un côté action bienvenu mettant le joueur directement dans la peau de ses soldats (en vue à la troisième personne). Ainsi, si le principe de base reste le même, à savoir déplacer les personnages grâce à des points d’action, ici les traditionnelles cases ont disparu au profit d’une jauge. Plus ou moins longue en fonction du type de soldat choisi, cette dernière diminue petit à petit et il s’agit de bien faire attention à se mettre à couvert avant qu’elle n’atteigne zéro, sous peine de se trouver sous le feu ennemi – qui n’hésite pas à tirer en temps réel, sans attendre son tour. Pas de panique toutefois si ça arrive : il suffit alors d’utiliser un point d’action supplémentaire pour cette même unité (ou deux s’il s’agit d’un véhicule blindé), même si dans ce cas sa jauge d’action sera en partie amputée.

Beware the valkyries

En plus des déplacements, chaque unité a bien entendu la possibilité de tirer. Là encore, c’est au joueur de dégainer et de viser, en tentant autant que possible le headshot même s’il arrive bien souvent que les soldats ratent leur cible – et ce même si elle se trouve juste devant eux. Évidemment, côté tactique oblige, plusieurs types d’unités sont disponibles, disposant chacun de leurs forces et faiblesses, et le nombre de points d’action est en général inférieur au nombre de soldats sur place. Il s’agit donc de faire les bons choix et d’établir les priorités. Un tank en approche ? Il serait alors intelligent d’utiliser un  »lancer » pour tenter de l’abattre. Un  »shocktrooper », unité munie d’une mitrailleuse, en approche ? Demander à un sniper de s’occuper de lui avant qu’il ne soit trop proche serait une bonne idée. Il est même possible de tenter une action suicide avec un  »scout », soldat faible mais disposant de la plus grande jauge de déplacement, histoire de dévoiler les positions ennemies. Attention tout de même, car lorsqu’un personnage tombe sur le champ de bataille, le joueur ne dispose que de trois tours pour aller le récupérer (en espérant qu’il ne soit pas capturé avant par l’ennemi). S’il n’y parvient pas, le soldat meurt pour de bon et, même si la caserne propose une certaine quantité de recrues, il est toujours dommage de perdre un bon élément.

D’autant plus qu’ils possèdent tous des capacités secondaires pouvant booster leurs performances, comme par exemple avoir une bonne vue de nuit ou encore être particulièrement à l’aise au milieu de la nature. En contrepartie, ils ont aussi des capacités apportant des malus, comme le fait d’être claustrophobe ou pessimiste. Il s’agit donc, là encore, de choisir soigneusement ses unités avant chaque combat et, si possible, de placer celles qui s’entendent les mieux les unes près des autres. Dans tous les cas, elles seront toutes au même niveau puisque les points d’expérience gagnés après chaque mission sont dispatchés en fonction de chaque type de soldat. Sachant qu’il y en a cinq (scout, shocktrooper, lancer, sniper, engineer), au joueur de voir s’il fait monter tout le monde équitablement ou s’il préfère favoriser certains au dépend d’autres. L’équipement peut également être amélioré, cette fois-ci en échange d’argent : les armes et les tenues peuvent être boostées, tout comme le tank Edelweiss. En plus de ces deux éléments importants, le joueur a également la possibilité d’offrir de l’expérience à un personnage précis pour récupérer des ordres à utiliser durant les missions contre des points d’action (guérison de l’équipe, retraite…), ou de l’argent à une journaliste pour débloquer des chapitres secondaires. Et si jamais un besoin d’argent et / ou de points d’expérience se fait sentir, il est toujours possible de rejouer encore et encore les escarmouches qui se débloquent petit à petit.

Valkyria Chronicles Remastered n’est pas un titre forcément très facile, surtout pour les néophytes du genre.

Valkyriposte

Bref, autant de petites choses qui viennent au fur et à mesure faciliter la vie du joueur. Ce qui n’est pas plus mal, car Valkyria Chronicles Remastered n’est pas un titre forcément très facile, surtout pour les néophytes du genre, même si l’on a parfois franchement l’impression que tout est surtout fait pour faire perdre les membres de l’Escouade 7. Ainsi, si ces derniers ratent leurs tirs presque une fois sur deux, les ennemis font pour leur part quasiment toujours mouche. Et c’est sans compter ceux qui utilisent le décor pour se cacher, que ce soit derrière un muret ou dans les hautes-herbes, pour surgir par surprise. Au joueur alors de ruser et retourner la situation à son avantage en utilisant au mieux, justement, les environnements, sachant que certains sont destructibles : là une tourelle où poser un sniper, ici un tas de sacs de sable pour se mettre à couvert, là encore une ruelle pouvant servir à attaquer l’ennemi par derrière… Le joueur prévoyant pensera également à sauvegarder souvent durant les missions, histoire de pouvoir revenir en arrière si jamais il s’est fait piéger, d’autant plus que l’adversaire fera avancer ses pions exactement de la même manière et qu’il sera donc facile de prévoir. Des sauvegardes qui permettent d’ailleurs aussi de faire une petite pause en pleine partie, les missions durant assez longtemps la plupart du temps (une heure en général).

Visuellement, et malgré sa remasterisation, le titre de Sega a tout de même pris un petit coup de vieux. Si certaines cinématiques sont plutôt agréables à la rétine grâce à leur rendu  »crayonné », le reste accuse son âge, avec des textures grossières et des décors simplifiés au possible. Les personnages s’en sortent pour leur part un peu mieux, avec davantage de détails, mais ils restent tout de même très rigides. Mais ces problèmes relèvent uniquement du côté esthétique et côté pratique il n’y a pas grand-chose à redire : maps plutôt vastes, distance d’affichage suffisante pour bien appréhender les affrontements, temps de chargement assez courts et fluidité à toute épreuve (ce remaster tournant à 1080p et 60fps). Le seul gros défaut à ce niveau là se trouve au niveau de la lourdeur des menus. L’aventure de Valkyria Chronicles Remastered est présentée sous forme de livre divisé en plusieurs onglets permettant chacun d’accéder à un élément différent. Que ce soit pour progresser dans le scénario, pour consulter une fiche personnage ou encore pour aller améliorer son équipement, il faut constamment ouvrir le menu, voire le sous-menu, et choisir l’onglet où l’on désire se rendre. Pouvoir simplement switcher d’un élément à l’autre via une gâchette aurait été bien plus ergonomique. Dommage.

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LE VERDICT
RE-MASTER
7
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