Test de Uncharted 4 : A Thief’s End (PS4)

Le test a été réalisé à partir d’une version physique sur PS4.

Perdu de vue

Quelques années se sont écoulées depuis les dernières (més)aventures de Nathan Drake dans L’Illusion de Drake. Apparemment comblé par sa nouvelle vie bien paisible aux côtés d’Elena, notre héros au grand cœur voit son passé de chasseur de trésor le rattraper. Sam Drake, son grand frère qu’il pensait disparu, vient le trouver avec une idée bien précise en tête : mettre la main sur les richesses du pirate Henry Avery. Nous n’en dirons pas plus sur le scénario de Uncharted 4 : A Thief’s End, une histoire qui promet quelques rebondissements et des séquences plus émouvantes. Ne le cachons pas, la surprise n’est pas toujours au rendez-vous avec ce scénario qui n’oublie pas son lot de clichés mais impossible pour autant ne pas en apprécier la narration. Comme d’habitude avec la franchise, la mise en scène tutoie l’excellence, le jeu des acteurs n’a rien à envier aux meilleures productions cinématographiques, les dialogues sont toujours justes et les voix demeurent quasi parfaites, que ce soit en VO ou en VF. Lors des phases de gameplay, Naughty Dog a même réussi à rendre les conversations encore plus naturelles. « Qu’est-ce que je disais déjà ? Ah oui, alors… » peut-on par exemple entendre lorsqu’une conversation entre deux personnages reprend après avoir été interrompue par une action du joueur/un événement inattendu. Bref, le silence n’est jamais de mise dans A Thief’s End qui se permet même de proposer des conversations optionnelles à déclencher auprès des PNJ, soit pour découvrir de sympathiques clins d’oeil ou alors pour creuser un peu plus les liens qui unissent les protagonistes.

L’ami Nate et ses compagnons n’hésitent pas à commenter les environnements qu’ils découvrent au fil de l’aventure. Et des paysages, Uncharted 4 : A Thief’s End nous en fait découvrir un bon paquet. Des décors aussi éblouissants les uns que les autres, Naughty Dog ayant réalisé un travail esthétique de titan. Tout est magnifique dans ce volet PS4, chaque scène regorge de détails ultra soignés, chaque paysage apporte son lot d’émerveillement et n’importe quelle session d’escalade se transforme en une contemplation, presque inlassable, du monde qui entoure nos héros. Jamais un jeu n’aura réussi à autant transporter le joueur sur le plan visuel, Uncharted 4 se payant le luxe de nous emmener dans une foule de lieux aussi variés que réussis. Dans un bateau sur un océan déchaîné, sur une plage déserte, à bord d’une jeep au pied d’un volcan éteint, au cœur de ruines ancestrales, dans des lieux plus contemporains ou encore sous l’eau, c’est à chaque fois une véritable claque que l’on prend sur la joue. Autant dire qu’avec la quinzaine d’heures que dure l’aventure et tous les endroits qu’elle nous fait traverser, on finit par avoir le visage bien rouge. L’impression de splendeur est d’autant plus grande que la PS4 assure comme il faut, avec tout juste quelques baisses de frame-rate lorsque les effets se font trop nombreux (principalement les séquences prenant place dans/sur l’eau). Pour le reste, A Thief’s End n’accuse d’aucune fausse note technique. Les effets de lumière sont à tomber par terre, la profondeur de champ laisse sans voix, les expressions sur les visages des personnages impressionnent au plus haut point… Les mots ne suffisent plus pour décrire ce que l’on ressent une fois tout cela en action.

A Thief’s Gameplay

Techniquement irréprochable, artistiquement brillant et solide sur le plan narratif, Uncharted 4 : A Thief’s End n’a pour autant pas oublié de nous gâter manette dans les mains. Tout n’est pourtant pas rose, notamment en ce qui concerne le rythme du jeu assez inégal. Après un démarrage sur les chapeaux de roues, Naughty Dog fait le choix de ralentir le rythme pour mettre en place son intrigue et installer confortablement ses personnages. Un choix discutable puisque l’on a l’impression que les chapitres s’enchaînent soit trop rapidement, souvent lorsqu’ils sont exclusivement dédiés à la narration, soit qu’ils traînent en longueur, lorsque l’on se coltine d’interminables phases d’escalades. C’est d’autant plus vrai avec les vastes environnements à explorer plus ou moins librement lorsque Nate dispose d’un véhicule, des niveaux où, de toute manière, le moindre sentier finit par nous emmener là où il faut absolument aller. L’impression d’arpenter librement et sans limite ces lieux est bien là, une sorte d’illusion très bien gérée par les développeurs qui en ont tout de même profité pour cacher une foule de trésors et de notes que les chasseurs de Trophées se feront un plaisir d’aller dégoter. L’arrivée de ces grands environnements dans Uncharted offre également une nouvelle manière d’aborder l’incontournable confrontation avec les forces ennemies : l’infiltration. S’il le souhaite, Nate peut se cacher dans les hautes herbes pour mieux surprendre l’ennemi en patrouille, profiter d’une architecture pensée par l’approche furtive pour faire tomber un mercenaire dans le vide ou encore tomber de haut sur un ennemi et l’assommer avant qu’il puisse donner l’alerte.

Pour mieux gérer les forces hostiles en présence, il est possible de marquer ses adversaires d’une petite icône blanche et de surveiller leur état d’alerte via un cône de vision qui change de couleur selon que l’on soit, ou non, dans leur champ de vision. Chaque grand environnement de Uncharted 4 : A Thief’s End se prête plutôt bien à cette nouvelle approche, mais la moindre alerte donnée nous replonge dans une confrontation armée made in Uncharted. Dès lors qu’il est repéré, Nate s’attire les foudres d’ennemis à la visée diablement précise et dont le nombre ne cesse de croître. Même constat pour les scènes où le conflit armé n’est pas une option, des phases prenant place dans des lieux généralement plus modestes en taille et où les objets qui servent à se couvrir sont extrêmement fragiles face à une IA adverse impitoyable, incroyablement résistante aux balles. Du simple troufion de base au soldat lourdement armé/protégé, on retrouve les mêmes types d’ennemis déjà croisés dans les précédents épisodes. L’arsenal, lui-aussi, n’évolue guère et certaines séquences se révèlent aussi agaçantes que frustrantes par leur difficulté artificielle. Là encore, l’impression de revivre certains moments déplaisants des autres épisodes fait surface. Un sentiment que n’a heureusement jamais vraiment le temps de s’installer avec ce volet PS4 tant il nous émerveille à de nombreux autres moments.

Histoire de mettre un peu de piment dans les séquences de grimpette, Naughty Dog a également intégré le grappin. Qu’il s’agisse d’atteindre l’autre côté d’un gouffre, d’attacher sa jeep pour l’aider à venir à bout des côtes boueuses, d’activer un mécanisme dans le cadre d’une énigme ou encore de s’attacher à une poutre salvatrice au moment d’une chute, le grappin et la corde offrent de nouvelles perspectives de jeu. Pas de quoi révolutionner une formule ré-(ré)utilisée (et tant appréciée des fans), mais on note l’effort qui a été fait pour rendre l’action encore plus dynamique qu’auparavant. C’est certain, Uncharted 4 : A Thief’s End regorge de moments spectaculaires que l’on aime jouer, ces séquences qui nous font aimer un jeu vidéo et dont on est sûr qu’elles marqueront notre expérience de joueur. En plus de régaler sur le plan visuel, A Thief’s End arrive comme ses aînés à proposer des scènes d’action mémorables, sans véritable prise de risque ni remise en question. Ce volet PS4 se permet même de jouer la carte émotion en plaçant ses personnages et leurs sentiments au cœur de certaines séquences narratives des plus saisissantes.

Uncharted 4 : A Thief’s End regorge de moments spectaculaires que l’on aime jouer, ces séquences qui nous font aimer un jeu vidéo et dont on est sûr qu’elles marqueront notre expérience de joueur.

On remet ça ?

Après avoir terminé le périple une première fois, libre au joueur de remettre le couvert en profitant des nouvelles difficulté et options débloquées plus ou moins utiles (mode miroir, filtres visuels, effets sonores, skins pour les persos, etc.). D’ailleurs, il est possible (et recommandé) de jouer pour la première fois à Uncharted 4 : A Thief’s End en désactivant la visée automatique et en ajustant certains paramètres (dont les aides visuelles, parfois trop présentes avec les puzzles).

Naughty Dog a cependant une autre ambition pour son titre en parallèle de l’aventure solo : le multijoueur. Pour la réalisation de ce test, nous avons participé à quatre grosses sessions. Peut-être pas de quoi se forger un avis définitif sur ce dont est capable d’apporter le online, mais on peut tout de même souligner une technique là encore à la hauteur avec une fluidité de tous les instants au prix d’une patte visuelle évidemment un peu moins impressionnante. Les 8 cartes qui composent ce multi se révèlent assez intéressantes à jouer bien qu’un peu trop petites à notre goût, l’avantage étant donné à ceux qui privilégient une confrontation directe plutôt qu’aux joueurs qui aiment prendre leur distance avec l’action. Du côté des modes proposés, Uncharted 4 fait dans le classique avec du traditionnel match à mort par équipe (5 contre 5), de la capture (4 contre 4) et de la conquête (5 contre 5). En se concentrant sur l’essentiel, sans aller chercher des parties aux objectifs obscurs, les développeurs semblent avoir réussi à proposer des parties en ligne solides où n’importe quel joueur est capable de trouver rapidement ses marques.

En plus d’assurer une année de contenus gratuits (des éléments notamment achetables via la monnaie virtuelle du jeu), Naughty Dog entend encourager la fidélité de sa communauté en proposant une foule d’éléments à débloquer, aussi bien des accessoires purement esthétiques que des objets réellement utiles au paquetage personnalisé du joueur. L’arsenal classique est d’ailleurs rejoint par des capacités mystiques aux rôles variés. Certains de ces pouvoirs, à l’usage évidemment limité, ont pour vocation d’affaiblir l’équipe adverse alors que d’autres sont plutôt utiles pour soutenir les alliés. De cette manière, A Thief’s End espère faire de son multi un espace où le travail d’équipe prime. Reste à savoir si les joueurs trouveront un véritable intérêt à investir leur temps dans ce multijoueur qui, il faut bien l’avouer, ne relève pas du même niveau d’excitation que l’expérience solo d’Uncharted 4 : A Thief’s End.

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LE VERDICT
WOW !
9
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Passionné de jeux vidéo depuis qu'il est en âge de tenir un pad, adepte de la news publiée 24h/24 et du test relu 10 fois avant publication. Également râleur pro et (trop) gros consommateur du café.

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