Test de Total War : Warhammer 2 (PC)

Ce test a été réalisé à partir d’une version physique sur PC.

Le Grand Stratège, c’est toi

L’intérêt majeur d’un Total War, c’est sa grande campagne qui va vous engloutir au minimum une bonne vingtaine d’heures pendant lesquelles vous bâtirez votre empire, via la diplomatie et surtout la guerre. Depuis toujours, la série mise sur un mélange de gestion-stratégie et de la pure tactique militaire. TW Warhammer premier du nom nous faisait découvrir le Vieux Monde, où se mettaient joyeusement sur la tronche Vampires, Armées du Chaos, Humains de l’Empire, Orc, Gobelins et Nains. Ces races ont ensuite été rejointes par les Elfes des bois, les Hommes-bêtes, la Bretonnie et enfin les hommes de la Norsca, à grands coups de DLC payants (sauf un, les Bretons). Pour Total War : Warhammer 2, on part un peu plus à l’est de la carte de campagne précédente, pour se diriger vers le Nouveau Monde. On peut déjà se rendre compte et apprécier de larges étendues d’eau et on s’imagine aisément le retour de toutes les stratégies liées à elles : la piraterie des routes commerciales maritimes, le blocus et bien sûr les batailles navales. Mais on reviendra dans le détail plus tard. On retrouvera ainsi quelques-unes des races/factions du jeu précédent mais on accueillera surtout les quatre ethnies principales de ce nouveau jeu : les Hauts-Elfes, les Elfes Noir, les Hommes-Lézards et les Skavens.

Le jeu vous accueille avec une cinématique introduisant votre faction, un petit bout de vidéo qui vous ancre bien dans l’histoire qui va rythmer votre campagne. L’habituel Conseiller des jeux Total War est là dès le départ pour nous guider. On se rend compte très vite que Creative Assembly a encore pris le parti de doubler en français uniquement ce personnage, ce qui donne un jeu “franglais” à l’oral pour le moins déroutant. Le Conseiller est le seul personnage qui parle dans la langue de Molière alors que tous vos soldats, héros, chefs de faction s’expriment en anglais. C’était déjà pareil dans le premier Warhammer, rebelote pour celui-ci donc.

On sent aussi que Creative Assembly a voulu chouchouter les joueurs qui débuteraient dans la série Total War avec un tuto bien foutu, qui permettra à n’importe quel joueur de ne pas être désemparé face à tous les éléments de gestion des villes et des batailles. Nous avons commencé notre première campagne avec les Hauts-Elfes et il n’y a rien à dire, l’introduction de notre épopée, la mise en bouche qui sert de tutoriel, les petites cut-scenes… Tout est là pour nous immerger au cœur de la bataille. On déplore cependant le mixage audio foireux qui nous saute toujours autant à la gueule, comme à chaque sortie d’un Total War : musique à fond, dialogue en berne, vous serez obligé de faire votre propre réglage afin de pouvoir entendre ce que vous indique votre conseiller ou votre général sans avoir à tendre l’oreille.

Un roster pas vraiment total

Le jeu propose donc actuellement quatre factions jouables : les Hauts-Elfes, les Elfes noirs, les Hommes-Lézard et les Skavens (vos amis rats que vous avez sûrement adoré dégommer dans Warhammer : Vermintide). Et c’est là que la première déception du jeu vient nous mettre une petite claque sur le nez : le nombre ridicule de faction. Pour ceux qui n’ont pas l’habitude des Total War, en général ça tourne autour de huit factions différentes. Lors de leur sortie respective, et hors DLC, Shogun 2 en avait dix de jouable, Rome 2 en avait huit, Attila dix, et TW Warhammer premier du nom, cinq si vous aviez pré-commandé le jeu (ou acheté le jeu durant le premier mois de sa sortie). Total War : Warhammer 2 vous dit merde et ne vous propose que 4 factions. La cerise sur le rat-ogre, c’est que certaines des races jouables dans le précédent opus sont présentes. Oui elles sont là, dans le jeu, vous allez vous battre contre elles, mais c’est uniquement l’IA qui les contrôle. Joie. Creative Assembly ne semble pas avoir retenu la leçon après les retours négatifs des joueurs à la sortie du précédent volet. Ils persistent et signent.

Chaque faction dans ce jeu a une gestion subtilement différente de ses concurrentes. Les Hauts-Elfes par exemple devront engranger des points de diplomatie, à l’aide de leur conquête ou de leur choix lors des différents événements politiques. Ces points de diplomaties leur permettront d’utiliser un système baptisé “Embrouilles à la cour” où vous pourrez augmenter ou diminuer votre affinité avec la faction de votre choix. Nos amis poilus, les Skavens, auront un système de nourriture différents des autres factions et un peu à l’image de la diplomatie pour les Hauts-Elfes, cette ressource permettra de débloquer des bonus pour vous aider, alors qu’une mauvaise gestion de celle-ci vous mettra vraiment dans la mouise. Les Skavens répandront aussi une corruption (la peste) dans leur ville mais également sur les territoires frontaliers, ce qui rendra la production de ressources dans vos territoires plus difficile avec le temps. Ainsi, vous serez tenté d’élargir votre empire afin de garder une production toujours efficace.

Une nouvelle ressource fait aussi son apparition pour chacune des factions : les fragments de pierre. Ces fragments, que vous obtenez et produisez dans certaines villes clefs, vous permettront d’effectuer des rites qui vous octroieront des bonus divers, militaires ou civils. Et le déroulement de la campagne tourne vraiment autour de cette ressource toute particulière. Plusieurs paliers importants sont accessibles pour toutes les factions, pouvant permettre un retournement de situation globale de la partie (une faction plutôt dans le mal pourra vraiment rebondir et devenir à nouveau la menace numéro un). Enfin, le studio a décidé de revenir en arrière sur les limitations de conquête présente dans TW Warhammer 1. N’importe quelle faction peut conquérir les cités de son choix, cependant il faudra dorénavant garder un oeil sur le climat de sa future conquête. Chaque race préférera un climat plutôt qu’un autre et s’installer dans une zone où il nous est défavorable s’accompagnera de son lot de malus pour nous punir un peu.

Guerre Totale à ton GPU

Côté performance, on retrouve la même patte graphique que dans le premier volet avec cependant ce goût amère de la défaite de l’optimisation. Total War : Warhammer 2 n’est guère plus beau mais vous perdrez entre 10 et 20 fps entre les deux jeux. Le DirectX 12, en bêta depuis la sortie de TW Warhammer est proposé en version encore moins optimisée que pour DirectX 11. La carte de campagne affiche un peu plus de verdure mais, comme à l’époque du premier épisode, on regrette cette sur-saturation des couleurs qui fait mal aux yeux et nous rend nostalgique de l’aspect léché d’Attila ou de Rome 2 à leur époque. C’est le même moteur mais non, on a ce petit soupçon de “pas terminé” qui fait un peu mal aux yeux comme au cœur. Des effets de saturation, de chaleur, qui sont à la rue tant visuellement qu’en économie de ressources, des arcs-en-ciel ridicules et des fumées pour le moins essoufflées. Les VFX ne sont pas ses points fort et cela ne s’améliore pas quand on utilise la magie dans les batailles. Mais à la limite, tout ça, on s’en cogne. Ce qu’on aime dans Total War : Warhammer 2, c’est voir des milliers d’unités s’affronter, dans la sueur et dans le s… Ha non, le sang n’est pas présent au lancement du jeu. L’option payante (entre 3 et 5 euros s’ils font comme pour chaque Total War), proposée en DLC, n’est pas disponible à la sortie. Mais pour ceux qui ont déjà eu le privilège d’acheter le déblocage de l’option dans le premier TW Warhammer, Creative Assembly a longtemps communiqué que ça serait gratuit pour eux. Wow, quelle générosité.

Un des points fort de Total War : Warhammer 2 comparé à son prédécesseur, c’est que les champs de batailles sont plus jolis et variés que dans le premier. Bon, jolis, n’est peut-être pas l’adjectif le mieux adapté selon les terrains, mais disons plutôt immersif et réussis. Les batailles pour les petites villes sont vraiment à côté de celles-ci et pas à trente kilomètres contrairement au premier jeu. On retrouve une variété de champs de bataille très appréciable, les maps donnent plus dans la différence ce qui apporte une dynamique plutôt appréciable dans l’évolution géographique de nos conquêtes. C’est vraiment agréable de voir que la zone où l’on déclenche le combat sur la world map va définir le champs de bataille.

Dans son ensemble, Total War : Warhammer 2 ne changera pas beaucoup la donne aux habitués de son prédécesseur.

Quelques lézards ici et là

Dans son ensemble, Total War : Warhammer 2 ne changera pas beaucoup la donne aux habitués de son prédécesseur. Mis à part quelques changements sur l’UI, pas franchement bienvenus, le jeu est relativement similaire. Ce qui change réellement serait plus du domaine de l’équilibrage entre les différentes unités qu’une réelle façon différente de jouer. Pour le moment la faction qui nous plaît le plus c’est les Skavens, car le rythme imposé par la détérioration de vos colonies par la peste est réellement intéressant. Nous avions remarqué le retour des étendues bleu dans le jeu et finalement ici se trouve encore une fois une déception. Les batailles navales ne peuvent se résoudre qu’en automatique et donc peuvent amener à des situations frustrantes où votre bateau de 20 unités surarmées peut se faire déglinguer par un frêle esquif de 4 unités seulement. La raison à cela ? Ce foutu système de résolution automatique des batailles, qui ne prend en compte que les stats sur le papier des unités et dans une formule mathématique dont seule Creative Assembly a le secret : le jeu décide si oui ou non vous allez être victorieux. Un système qui peut être plus qu’agréable lorsque vous voulez vous éviter une bataille de 30 minutes où vous êtes certains d’être victorieux, mais le fait qu’il soit systématiquement imposé pour les batailles navales nous dérange. Surtout quand on garde en tête que les précédentes versions des Total War possédaient toutes des batailles navales jouables.

Une des vraies nouveautés de cet opus, c’est la possibilité de lancer des expéditions dans certains points d’intérêt de la carte, ou même des ruines de cités, afin de découvrir des trésors… Ou des mauvaises surprises. Au départ anecdotique, cette fonctionnalité renforce l’aspect “jeu de rôle” (même si c’est un bien grand mot) de votre campagne et puis bon, pour une fois qu’on trouve quelque chose de réellement nouveau, on l’accueille avec plaisir. On note aussi que l’IA semble être un poil plus agressive que dans le précédent épisode, ce qui est vraiment appréciable. Elle n’hésitera pas à prendre des risques, ce qui pourra parfois surprendre des joueurs un peu plus habitués de la série.

Total Art

Ce qui nous séduit dans Total War : Warhammer 2, évidemment, c’est le soin apporté à l’ambiance sonore du jeu. Même si le mixage semble être bancal en de nombreux endroits, il faut évidemment rendre hommage à la bande originale qui semble beaucoup plus inspirée que celle de TW Warhammer premier du nom. Les musiques dynamiques accompagnent un peu plus l’action et les thèmes des factions sont vraiment au poil. Seul bémol dans le sound design, les jingles de fins de batailles sonnent un peu plus mou que dans le précédent jeu. En même temps, il est dur de faire mieux que le célèbre cri des Nains après une victoire, le fameux Khazukan Kazakit – Ha !

On déplore cependant le soin qu’était apporté aux unités dans les précédents Total War jusqu’à Attila. Vos troupes ressemblent plus à une armée de clones, dans de jolis armures certes et bien modélisées. Mais il manque clairement de la diversité au sein d’une même unité pour donner de la vie à vos joyeux troufions que vous enverrez mourir sur les remparts d’une cité des Elfes Noir. Ce défaut était aussi présent dans le premier opus. Mais finissons sur une note positive, les doublages en anglais, même pour la version francophone, mais ô combien réussis. Jouer la faction des Skavens est un plaisir. La direction des acteurs est à saluer, et les sondiers de Creative Assembly ont encore montré une fois de plus leur savoir-faire.

LE VERDICT
SONNEZ L'HALALI !
6
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Troubadour qui traubade un peu trop. Crie fort quand "ça ne touche pas".

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