Test de Blood and Wine, extension de The Witcher 3 : La Traque Sauvage (PC, PS4, Xbox One)

Le test a été réalisé à partir d’une version dématérialisée sur PC.

Entretien avec des Vampires

Comme pour Hearts of Stone, The Witcher 3 : Blood and Wine est accessible à tout le monde. Que les joueurs aient fini le jeu ou qu’ils soient encore dans une partie en court, il y a toujours moyen de récupérer le point de départ de cette nouvelle aventure. D’une façon ou d’une autre les choses finiront de la même manière pour tout le monde: Geralt débarque à Toussaint pour apporter son aide pour une affaire urgente. Contrairement à Hearts of Stone qui était ancré dans les environnements du jeu de base CD Projekt a décidé d’introduire avec The Witcher 3 : Blood and Wine une toute nouvelle région histoire d’offrir aux joueurs un peu de dépaysement. Pour les lecteurs des romans de Sapkowski, il ne s’agit pas d’une région étrangère, puisque le sorceleur s’y est déjà rendu dans les livres. Célèbre province de l’Empire de Nilfgaard, Toussaint est réputée pour ses célèbres vins et sa duchesse aimée de tous, Anna Henrietta. La région profite également d’une certaine imperméabilité aux conflits. De ce fait la guerre qui faisait rage dans The Witcher 3 : La Traque Sauvage, n’a ici aucun impact. Tout au plus on pourra trouver des PNJs qui en font mention, mais en aucun cas la dure réalité de Velen ne viendra perturber le calme apparent de cette région pas comme les autres. Pour clore la leçon de géographie, cette nouvelle région n’a vraiment rien à voir avec Velen ni même les îles Skellige. Ensoleillée, bourrée de verdure et de vignobles verdoyants, la région de Toussaint fait, au premier abord, vraiment plaisir à voir. Si les offices de tourisme du Sud de la France avaient besoin d’une carte postale virtuelle, nul doute qu’un bon screenshot 4K de The Witcher 3 : Blood and Wine ferait amplement l’affaire.

Techniquement le jeu profite d’une nouvelle mise à jour (indépendante du DLC) qui a permis au studio d’optimiser les performances de son moteur maison. Le bilan est plutôt flatteur avec de précieuses images par secondes de gagnées dans toutes les circonstances. Toussaint de son côté est riche en couleurs et on retrouve bien la petite touche de CD Projekt avec des environnements visuellement très fouillés et parfaitement cohérents. Malheureusement pour Geralt, le tourisme n’est pas au programme de ce déplacement. Ce cadre idyllique est le lieu choisi par une bête pour tuer sans vergogne des habitants de Toussaint. Une rapide investigation permettra de comprendre que ces horribles crimes ne sont pas le fruit du hasard et qu’il existe un lien entre les premières victimes. Sans en dévoiler davantage, sachez que CD Projekt a, une nouvelle fois, fait très fort au niveau de l’écriture et de la narration pour ce nouveau chapitre. Les dialogues sont passionnants et l’accent forcé des habitants de Toussaint rappelle en permanence que l’on est bien dans une nouvelle région. Les PNJs n’hésitent pas à raconter leur histoire personnelle offrant ainsi un background d’une énorme richesse qui pousse sans arrêt à la curiosité tout en s’offrant un lot impressionnant de références en tout genre (Dark Souls, Lord of the Ring, Portal ou encore Game of Thrones). Les amoureux des bouquins seront même ravis de retrouver un personnage emblématique de la saga avec lequel Geralt a souvent des conversations d’ordre philosophique. Un personnage parfaitement respecté par CD Projekt qui offre ici aux joueurs une belle occasion d’aborder des sujets profonds sur l’existence, la religion ou encore la nature humaine. Quant à la mise en scène elle reste égale à elle même avec des moments mémorables comme la fin de ce dîner d’un genre un peu particulier auquel le joueur prendra part durant l’aventure. Enfin pour ne rien changer de ses bonnes habitudes, le studio a bien entendu introduit tout un tas de choix à faire qui impacteront la quête principale. Des choix qu’il faudra assumer évidemment et qui sont, encore une fois, une affaire de compromis, le manichéisme n’ayant définitivement pas sa place dans l’univers de The Witcher.

Farewell Geralt

En marge de cette histoire passionnante, The Witcher 3 : Blood and Wine introduit évidemment tout un tas de nouveautés qui poussent encore un peu plus loin le niveau de finition du chef d’œuvre de CD Projekt. Nouvelle région oblige, on récupère de nombreuses nouvelles occupations en lisant les panneaux d’affichage. 90 quêtes (dont plusieurs véritablement épiques), 40 points d’intérêt et une superficie égale à celle des îles Skellige réunies: voilà à quoi il faut s’attendre lorsque l’on débarque à Toussaint. L’occasion pour partir à la recherche des nouveaux plans de set de sorceleur (dont celui de la Manticore) qui profitent de ce DLC pour gagner un rang supplémentaire et offrent enfin des bonus lorsque le joueur en est équipé de la tête aux pieds. Que ceux qui n’apprécient pas ces sets d’armure se rassurent, il pourront se rabattre sur les quelques cent pièces d’armure ajoutées ainsi que la trentaine d’armes inédites pour s’équiper correctement afin d’occire efficacement les quarante nouvelles créatures ajoutées au bestiaire. Au chapitre des petites améliorations on peut enfin personnaliser la couleur de ses armures et les différents interfaces gagnent, presque toutes, en lisibilité et en ergonomie. Seul le menu dédié à l’artisanat reste toujours aussi pénible à manipuler, surtout avec plus de cent heures de jeu au compteur et des recettes de fabrication plein les poches. Il faut toujours parcourir des listes interminables pour trouver la recette que l’on cherche alors qu’un système par onglet aurait été plus que bienvenu. Dommage que CD Projekt n’y ait pas pensé surtout que certains mods élaborés par la communauté montrent qu’il est tout à fait possible d’obtenir quelque chose de très simple à utiliser.

The Witcher 3 : Blood and Wine introduit tout un tas de nouveautés qui poussent encore un peu plus loin le niveau de finition du chef d’œuvre de CD Projekt.

Mais le studio polonais préféré des joueurs ne s’est pas contenté de quelques petites améliorations et a bien pensé à tous ceux qui on déjà pas mal d’heures de jeu au compteur et a donc ajouté un nouveau système de mutation dit de grand-maître. Pour débloquer les nouveaux talents les joueurs devront consommer des points d’expérience et des mutagènes supérieurs et ainsi bénéficier de nouvelles compétences totalement jubilatoires. Évidemment ces nouvelles compétences sont coûteuses en temps puisqu’il faudra plusieurs point d’expérience pour débloquer une seule de ces compétences, mais l’investissement en vaut la chandelle. Parmi les talents les plus abusés on en trouve un qui annule la mort toutes les 90 secondes, un autre qui permet de déclencher des coups critiques sur les signes (bain de sang garanti) ou encore un signe d’ Aard capable de geler les ennemis. Cerise sur le gâteau, ces nouvelles compétences peuvent se cumuler avec les enchantements de l’équipement de Hearts of Stone pour un résultat encore plus sauvage. Ce nouveau système de mutation apporte également 4 nouveaux emplacements de compétences permettant d’en activer encore un peu plus. Pour les joueurs qui ont atteint un niveau assez élevé et qui sont avancés dans le New Game+ c’est une motivation supplémentaire pour continuer à prendre des niveaux supplémentaires. Enfin les amateurs de Gwynt apprécieront l’arrivée d’un nouveau deck de jeu, celui des îles Skellige qui se voit même dédier une quête secondaire entière avec un mini scénario qui rappelle, si besoin été, à quel point CD Projekt aime soigner le moindre détails de ses productions.

Et puis comme pour bien montrer que, pour Geralt, l’heure de la retraite approche, The Witcher 3 : Blood and Wine offre aussi aux joueurs la possibilité de récupérer, via une quête, un vignoble avec une belle bâtisse qu’il faudra aménager et restaurer. Pour cela il faudra bien évidemment dépenser pas mal d’argent mais aussi se servir des armes et armures que l’on garde dans son coffre pour les exposer dans toutes les pièces de la maison. On pourra également retaper l’écurie pour reposer Roach. Le canasson de Geralt, pourra ainsi profiter d’un repos bien mérité puisque malgré toutes les mises à jour du jeu c’est bien le seul élément qui est resté constant du début à la fin avec son IA affligeante et sa maniabilité digne d’un 33 tonnes. Ceci étant, le système de housing de The Witcher 3 : Blood and Wine n’est pas aussi poussé que celui d’un Fallout 4 par exemple, mais le but premier est ici de planter, dans l’esprit des joueurs, le fait que le sorceleur arrive à la fin de son aventure et que, tôt ou tard, il faudra accepter l’idée qu’il ne soit plus disposé à partir sur la voie. En tout cas pour CD Projekt les choses sont claires si l’on en juge par le dernier message post crédit affiché par le jeu. The Witcher: c’est terminé, et The Witcher 3 : Blood and Wine met fin à cette aventure de manière tout simplement magistrale.

Mention HIT jeuxvideo24, les meilleurs jeux

LE VERDICT
CUVÉE D'EXCEPTION
9
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Rédacteur/Testeur/Râleur tendance sociopathe avec un sérieux penchant pour le troll méchant. A développé une sale dépendance à BF1 et Darkest Dungeon.

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