Test de The Legend of Zelda : Breath of the Wild (Nintendo Switch, Wii U)

Le test a été réalisé à partir d’une version physique sur Nintendo Switch.

Le bonheur est dans le pré

Le réveil du héros s’effectue dans une caverne futuriste. Sortant d’un « cercueil » de lumière, Link se retrouve dès ses premiers pas en extérieur plongé dans un vaste monde sans pour autant connaître les raisons qui y ont précipité sa venue. Raisons que nous ne dévoilerons pas, mais qui tourneront autour de la princesse Zelda, d’un grand méchant classique et d’une prophétie convenue. Nintendo faisant ici le choix d’une structure narrative par bribes, bien maîtrisée et dont les protagonistes disposent enfin de vraies voix audibles pour la première fois. Émotion garantie ! L’occasion aussi de souligner le travail exceptionnel de Manaka Kataoka sur la musique qui explose lors des cinématiques ou des combats, mais reste trop discrète (à notre goût) pendant les phases d’exploration.

Mais revenons à l’essence même du titre. La première heure et demie est linéaire, se limitant à l’exploration du plateau du réveil. Le temps de découvrir la tablette Sheikah, son fonctionnement, les pouvoirs afférents et les bases d’un gameplay à la fois simple et exigeant. Le joueur se familiarise ainsi avec l’importance de la jauge d’endurance qui permet à la fois d’escalader, de nager, de sprinter et de se battre : une fois celle-ci épuisée, c’est la chute, la noyade ou la grosse fatigue vous rendant vulnérable. Tout au long de son périple, Link aura le moyen via des tenues, des potions à concocter, des plats à cuisiner d’augmenter temporairement cette jauge ou d’en réduire la vitesse de diminution.

Into the wild

Une fois la main mise sur un paravoile, Link est parachuté (ha ha) dans un monde immense à l’exploration totalement libre. Du moins pour les aventuriers qui ne voudront pas suivre les marqueurs de quêtes disponibles sur la carte (et qu’il est possible de désactiver dans les options). La quête principale peut d’ailleurs se boucler en une trentaine d’heures (voire en quelques minutes selon les amateurs de speedrun), mais ce serait un pêché que de se priver de tout ce qui fait le charme de cet épisode : la découverte. Avec Breath of the Wild, Nintendo frappe un grand coup car le jeu brise les codes qui servaient de structure aux précédents opus : un donjon, un boss et un objet permettant d’accéder à la suite de l’aventure. Cela même si pour être parfaitement honnête, des titres comme Skyward Sword, The Wind Waker ou même plus récemment A Link between worlds avaient déjà essayé de laisser plus de liberté au joueur.

Ici, une fois l’apprentissage des pouvoirs de la tablette effectué dans la zone de départ (deux types de bombes, la possibilité de figer des objets pour accumuler de l’énergie cinétique et les propulser une fois la stase terminée, celle de créer des colonnes de glace sur l’eau et celle de déplacer les objets métalliques), c’est tout l’univers qui s’offre au joueur avec pour seule obligation de s’adapter à l’environnement pour survivre : un orage qui arrive ? Vite, il faut déséquiper tous les objets métalliques pour ne pas finir frappé par la foudre. De la pluie ? Vite, il faut cesser d’escalader une surface sous peine de chuter à cause de l’eau ruisselant sur les parois. De la neige ? Il faut trouver une tenue adaptée pour ne pas mourir de froid ou casser un arbre pour faire du feu à l’aide d’un silex… Breath of the Wild met le joueur face à une véritable expérience de survie qui va durer tout au long de l’aventure et qui peut se révéler très déroutante au départ. Les débuts seront donc difficiles et il est conseillé de découvrir le plus de sanctuaires possible : ces derniers permettent en effet, après avoir résolu une ou plusieurs énigmes à l’aide des pouvoirs de la tablette, de gagner un emblème du triomphe. Une fois 4 emblèmes récupérés, une prière devant une statue de la déesse Hylia permettra d’augmenter sa vie d’un cœur ou sa jauge d’endurance. Le choix sera donc cornélien entre résistance physique et capacité d’action augmentée. À noter, chaque sanctuaire débloqué sert de point de téléportation, ce qui est franchement utile dans ce vaste monde.

Breath of the Wild met le joueur face à une véritable expérience de survie qui va durer tout au long de l’aventure

Cet élément type RPG n’est pas le seul à avoir été introduit puisque Link pourra mettre la main sur différentes tenues aux caractéristiques propres, conférant même parfois un bonus d’ensemble, ainsi que sur de nombreuses armes à une ou deux mains. Toutes ces armes seront d’ailleurs destructibles et ne pourront pas être réparées (à l’exception d’une certaine épée bien cachée). Il faudra donc bien faire attention durant les combats à disposer d’un stock suffisant d’épées, de hallebardes, de masses ou autres joyeusetés pour cogner les adversaires. Sachant qu’une arme brisée en pleine action déclenchera un critique qui vous laissera quelques secondes pour en équiper une nouvelle.

Fight club

Les affrontements seront en effet nombreux et pour la plupart ardus. À tel point d’ailleurs, que les combats contre les (trop peu nombreux) boss principaux feront office d’amuse-gueule à condition d’être bien préparé. L’affrontement en force brute est souvent synonyme de mort, surtout au départ. Il faudra donc réfléchir, utiliser l’environnement avant d’agir et connaître les faiblesses de son adversaire. S’ils campent dans de l’herbe, mettre le feu permettra de s’en débarrasser facilement et sans risque. Idem si un rocher les surplombe, il suffira de leur faire tomber sur la tête. Tous les moyens sont bons, y compris les plus originaux comme la bonne vieille attaque des poulets qui consiste à laisser un ennemi taper un gallinacé et à le regarder subir le courroux de centaine d’entre eux qui viendront le mettre en pièce. Les armes des ennemis peuvent être toutes récupérées et utilisées ce qui compense leur faible résistance. Il est même possible en plein combat de priver les monstres de leur équipement et de le récupérer avant eux. Bref, il faut être malin, créatif et agile. C’est ce qui rend d’ailleurs Breath of the Wild aussi fantastique, car chaque affrontement diffère du précédent en fonction du lieu, du temps et de l’environnement.

Des armes aux capacités magiques pourront également être dégotées pour rendre les affrontements plus aisés (épée de feu, de glace, baguette de foudre, etc.) ou même pour aider à survivre dans un environnement hostile (essayez d’équiper une épée de glace dans le désert pour voir…). Un système de ciblage et surtout d’esquive est également présent. Une esquive bien placée permettra de déclencher une avalanche de coups dévastateurs, mais fragilisant plus rapidement l’arme.

Poulet de Breath

The Legend of Zelda : Breath of the Wild regorge également d’activités et de quête secondaires. Outre la quête principale, un grand nombre de PNJ viendra vous demander de l’aide. Ces missions sont plutôt bien écrites et diversifiées. Elles iront de la traditionnelle quête FEDEX à des aventures plus fouillées et demandant de la réflexion. Certaines déboucheront également sur la découverte de trésors intéressants ou de sanctuaire à énigmes permettant de récupérer un emblème. L’exploration de l’univers sera également l’occasion de récolter différents ingrédients permettant de cuisiner des plats aux effets divers et variés ou encore de prendre des photos pour les partager avec les PNJ.

À partir d’un certain point, il sera même possible de crafter des objets et même d’améliorer les pouvoirs de la tablette Sheikah vous obligeant à aller chercher différents minerais et matériaux. Il y a de quoi passer le temps utilement en domptant des chevaux qu’il sera possible ensuite de domestiquer dans des relais, en s’essayant au même exercice sur des ours ou encore en tentant de découvrir l’emplacement des différentes fées qui augmenteront les capacités des nombreuses tenues à acheter ou trouver dans les coffres disséminés. Avec beaucoup (mais alors vraiment beaucoup) de courage, il sera aussi possible d’augmenter sa capacité d’inventaire en partant à la recherche des 900 noix de Korugu. Difficile donc de s’ennuyer ! Pour notre première partie, en 100 heures, nous n’avions effectué que 50 % de la quête principale… C’est dire.

Pour notre première partie, en 100 heures, nous n’avions effectué que 50 % de la quête principale…

A link between open world

C’est en revanche techniquement que le bât blesse. Nintendo, limité par les capacités de sa console, offre un open world très convaincant d’un point de vue de cohérence artistique et de construction, mais qui n’est pas à la hauteur des standards actuels. Les soucis de framerate demeurent, surtout en mode nomade, malgré les différents patchs alors que la distance d’affichage est trop faible et les textures bavent trop souvent. C’est dommage, mais c’est sans doute le prix à payer pour pouvoir basculer d’un mode portable à un mode fixe sur l’écran. Heureusement que la magie qui se dégage de l’univers fait oublier tous ces soucis. Côté gameplay, l’utilisation de la manette pro est conseillée, car les commandes sont peu intuitives au départ. Le choix assumé d’avoir associé plusieurs actions à un seul bouton n’est pas forcément le plus intuitif et nécessite un temps d’adaptation non négligeable pour ne plus s’emmêler les pinceaux entre la visée, les pouvoirs de la tablette Sheikah, le switch d’armes, de flèches, etc. En mode nomade, on pestera surtout contre les gâchettes des Joycon trop peu espacées qui provoquent parfois des situations cocasses dans lesquelles il n’est pas rare de lancer son arme à la figure de l’adversaire alors que l’on voulait simplement bander l’arc et décocher une flèche sur l’opportun.

Oracle of seasons pass

Cédant aux sirènes du DLC, ce Zelda propose un season pass (20 €) contenant deux contenus additionnels dont le premier, « Les épreuves légendaires » est disponible à l’heure où ces lignes sont écrites. Le moins que l’on puisse dire c’est que le contenu de celui-ci est à la hauteur des attentes : une dizaine de trésors « EX » sont à dégoter en réalisant pas mal de recherches et d’exploration afin de mettre la main sur plusieurs équipements hommages aux précédents épisodes. Leur utilité étant vraiment avérée pour survivre dans le monde original. Une option « Hero’s pass » permet de regarder les endroits explorés et les morts survenues.

Plus intéressantes, les épreuves de l’épée vous mettront au défi (pour une récompense à la hauteur si vous n’avez pas déjà mis la main sur les armes plus puissantes de fin du jeu) en vous faisant traverser de nombreuses salles armés des seuls objets que vous allez récupérer, de vos pouvoirs de tablette et de votre cerveau. Un vrai challenge qui demande à bien connaître les mécaniques du jeu pour espérer survivre pendant environ 3 bonnes heures. Attention, la mort sera synonyme de retour au point de départ. Enfin, le jeu se dote d’un mode expert qui porte bien son nom puisque tous les niveaux des ennemis augmentent d’un cran dès le départ et que certains sont « hors classe ». Cela oblige alors à la jouer tactique plus que d’habitude. Dommage simplement de ne pas pouvoir switcher d’un mode à l’autre. Il faudra donc recommencer au début l’aventure pour pouvoir bénéficier de ce challenge.

Mention HIT jeuxvideo24, les meilleurs jeux

LE VERDICT
SOUFFLE ÉPIQUE
9
PARTAGER
Article précédentLa Terre du Milieu : L’Ombre de la Guerre en action
Article suivantHearthstone aussi à la fête à Cologne
Gamer depuis sa plus tendre enfance. A fait tout son skill sur Quake 3 mais n'a plus progressé depuis. Best ratio sur BF1 ever. Geek de tout un tas de trucs inutiles et coûteux. Type sympa, quand même.

Laisser un commentaire