Test de Super Mario Maker (Nintendo Wii U)

Le test a été réalisé à partir d’une version physique sur Wii U.

Let’s create

Si vous faites partie de ceux qui ont la fibre créatrice, ceux qui fourmillent d’idées et qui ne demandent qu’à les mettre en place, alors Super Mario Maker vous comblera. Vous êtes plutôt du genre à avoir l’angoisse de la feuille blanche ? Vous avez passé des heures sur l’éditeur de LittleBigPlanet sans jamais accoucher d’un monde potable ? Aucune inquiétude, Nintendo est arrivé à concocter un logiciel capable de séduire tout le monde, même les joueurs pour qui création rime avec corvée. À plusieurs reprises et depuis bien des années, la firme de Kyoto a montré qu’elle avait envie de faire appel à la créativité de ses fans qu’il s’agisse de l’artistique Mario Paint, de la suite Mario Artist ou encore de l’exaltant Wario Ware D.I.Y. : Do It Yourself. En confiant les clés de ce qui a fait (et fait encore) le succès de Super Mario, à savoir un level-design de génie avec des bases solides, Nintendo prouve tout simplement que l’on peut créer de grandes choses en utilisant des outils simples à maîtriser. Il ne faut d’ailleurs même pas 2 minutes avant de comprendre comment fonctionne Super Mario Maker et réaliser ce que l’on peut en tirer.

Évacuons tout d’abord une frustration, à savoir l’impossibilité de créer un monde dans son intégralité. Maker est un éditeur de niveau au sens strict du terme, c’est à dire que chaque création se conçoit et se joue à part, on ne peut donc pas mettre en place un enchaînement entre plusieurs de nos niveaux. C’est dommage, surtout que cela bloque quelques idées inspirées de la progression classique que l’on retrouve dans les Super Mario. Autre inconvénient, qui pourra surtout poser problème à certains joueurs, c’est la volonté de Nintendo de restreindre l’accès aux outils d’édition. Super Mario Maker débute avec l’accès immédiat à 2 univers sur 4, ceux de Super Mario Bros. et New Super Mario Bros. U, mais les skins de Super Mario Bros. 3 et Super Mario World ne se débloquent qu’avec le temps. Même topo concernant les éléments (bonus, ennemis, pièges, et éléments de plateforme) puisque seule une poignée d’entre-eux sont proposés de base, le reste ne se débloquant qu’au fil des minutes passées dans le jeu et du temps qui défile. Alors forcément, on est un peu frustré au début de devoir créer un niveau avec si peu d’éléments, mais cela aide clairement à mieux se rendre compte que les possibilités sont déjà nombreuses et que l’ensemble s’utilise aisément.

Une fois le skin de base du niveau sélectionné, de multiples arrière-plan sont proposés (air, souterrain, eau, etc.). Il suffit ensuite de choisir l’icône d’un élément de la barre d’outils, de le glisser dans l’air de jeu et de le lâcher à l’endroit souhaité. C’est avec cette mécanique toute simple que l’on commence à placer des éléments de décor, à intégrer des ennemis et à imaginer ce que doit être le niveau Super Mario dont on a toujours rêvé. On se surprend alors à donner naissance à un stage correct en moins de 5 minutes, quelques minutes supplémentaires étant suffisantes pour tenter quelques combinaisons/situations loufoques mais totalement possibles (des ailes sur une fleur, quatre Bowser géant devant le drapeau de fin, des Lakitus qui tombent des pièces par dizaines, etc.). Au-delà du fait que ces fameux éléments ne se livrent tous qu’au fil des sessions de jeu, c’est surtout l’imagination du joueur qui va apporter ses limites à la création dans Super Mario Maker tant l’éditeur offert est d’une simplicité et d’une efficacité extrême. Le coup de génie dans cela, c’est que chaque background dispose de son alter-ego selon l’univers choisi et il en est de même pour n’importe quel élément que l’on intègre dans notre création. Même les musiques s’adaptent à ces changements, des modifications qui ont la bonne idée de se faire à la volée.

Let’s play

Si malgré tous les efforts de Nintendo l’aspect création de Super Mario Maker n’arrive pas à vous convaincre, et ce serait bien dommage, il reste toute la partie jeu. Le soft intègre ainsi un mode Défis des 10 Mario (accessible hors ligne) proposant de venir à bout de huit niveaux choisis aléatoirement, parmi des créations faites en interne, avec seulement 10 vies au compteur. Le plus intéressant reste toutefois le mode Défis des 100 Mario (connexion obligatoire) qui nous proposent cette fois pas moins de 100 vies pour surmonter 8 (en Facile) voire 16 (Normal et Expert) niveaux imaginés par les joueurs du monde entier et sélectionnés, là encore, de manière totalement aléatoire. Si les difficultés les plus basses sont un excellent moyen de se rendre compte du génie créatif des fans de Mario, et de prendre du plaisir, tout simplement, que dire des niveaux qualifiés d’Expert où ce même génie se mêle habilement au sadisme et à la malice ? Dans ces cas-là, on regrette amèrement l’absence de checkpoints. Une telle fonctionnalité n’est en effet pas disponible dans Maker et c’est peut-être ce que l’on déplore le plus tant on peut devenir fou à force de recommencer encore et encore un stage. Notons tout de même que si un niveau se retrouve en ligne dans Super Mario Maker, c’est qu’il a forcément été joué et terminé au moins une fois par son géniteur. Une manière intelligente de s’assurer que chaque niveau proposé peut être bouclé.

C’est surtout l’imagination du joueur qui va apporter ses limites à la création dans Super Mario Maker.

Reste qu’aussi corsées soient-elles, certaines créations sont tout bonnement hallucinantes et beaucoup ont déjà eu droit à leur moment de gloire sur Youtube, souvent avec un personnage autre que Mario à l’honneur (il suffit d’utiliser un amiibo pour obtenir le visuel d’un personnage et les sons qui sont liés à son univers). La preuve, s’il en fallait une, de la redoutable efficacité des outils proposés par Super Mario Maker. Bien sûr, cela n’empêche pas les purges et les ratés, mais la plupart des niveaux joués apportent plus de satisfaction que d’embêtement. Et puis il faut bien avouer une chose : se lancer dans une partie sur Super Mario Maker en se disant que l’on va forcément découvrir quelque chose de nouveau à chaque fois, c’est un sentiment assurément grisant. On n’imaginait pas forcément fêter le 30ème anniversaire de Super Mario de cette manière, mais on ne peut que saluer ces têtes pensantes de chez Nintendo qui ont eu l’idée et l’envie de partager une part de leur histoire avec nous.

Mention HIT jeuxvideo24, les meilleurs jeux

LE VERDICT
CHEF DE CHANTIER
8
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Passionné de jeux vidéo depuis qu'il est en âge de tenir un pad, adepte de la news publiée 24h/24 et du test relu 10 fois avant publication. Également râleur pro et (trop) gros consommateur du café.

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