Test de Star Wars Battlefront (PC, PS4, Xbox One)

Le test a été réalisé à partir d’une version dématérialisée sur PC.

« J’ai un mauvais pressentiment »

Vivre dans un jeu vidéo les batailles les plus populaires de l’univers Star Wars, un fantasme que les fans tentent d’assouvir depuis la sortie en 2005 du premier Battlefront. Généralement fidèles à l’univers de la licence mais pas toujours réussis, les titres se sont succédés jusqu’à arriver en cette fin d’année 2015 et un épisode pris en charge par Electronic Arts et DICE. Mais on est bien loin de ce que nous proposent habituellement le duo rattaché à Battlefield puisque Star Wars Battlefront ne cache pas son intention, celle de plaire à un maximum de joueurs qu’ils soient habitués ou non aux shooters en multi. Rappelons-le, cet épisode ne daigne pas proposer un mode campagne qui aurait pu nous proposer de revivre les scènes clés des films concernés (les épisodes IV, V, VI et le nouveau volet à venir, Le Réveil de la Force), mais seulement des joutes à plusieurs sur des maps inspirées par les longs métrages en question. Il est toutefois possible de jouer en solitaire à ce Battlefront, mais uniquement au travers de Missions pas franchement folichonnes. Dans un premier temps, l’idée est de nous proposer quelques tutoriels où les bases du jeu nous sont soumises avec plus ou moins de subtilité. Des bases qui s’assimilent en quelques minutes seulement, tant le gameplay mise tout sur l’accessibilité et le fun immédiat.

Une fois l’échauffement terminé, les Missions se déclinent dans un mode Survie classique à difficulté évolutive, avec des ébats prenant place sur l’ensemble des événements présents dans le jeu. Des challenges qui ne sont intéressants qu’en difficulté maximum et aux côtés d’un ami, ces derniers étant en effet jouables en coopération. On préférera plutôt s’attarder sur l’autre partie des Missions : les Batailles, jouables en solo ou à deux. Il s’agit là d’incarner un soldat lambda ou un héros puis de décimer le camp adverse en un minimum de temps, à l’aide des jetons à ramasser sur les corps des ennemis tués. Grisant le temps de la découverte, on se lasse rapidement de ces combats même s’ils ont le mérite de mettre en scène les personnages clés de la saga et que, il faut bien l’avouer, le plaisir est bien là de pouvoir incarner Han Solo, Boba Fett ou encore de sabrer tout le monde en tant que Dark Vador. Ces Missions ont aussi comme « avantage » de permettre de cumuler des Crédits, la monnaie virtuelle au cœur de Star Wars Battlefront indispensable pour débloquer de nouvelles armes et des bonus. Mais on s’en doutait, l’essentiel du jeu se trouve dans sa section Multijoueur avec des parties capables d’accueillir un maximum de 40 joueurs.

Piou piou

S’il n’excelle pas avec ses Missions, c’est peut-être parce que Star Wars Battlefront mise gros sur son Multijoueur. Voilà en tout cas ce que notre naïveté nous laissait croire, mais à l’heure du bilan notre enthousiasme en a pris un petit coup. Sur le papier, la présence de neuf modes de jeu laisse pourtant penser que le programme est copieux. De Suprématie à Attaque des Marcheurs en passant par Escadron de Chasseurs, Escarmouche, Cargaison, Zone de Largage, Course au Droïde, Traque du Héros et Affrontement Héroïque, en voilà quelques appellations bien clinquantes qui donnent franchement envie de plonger dans le grand bain. Seulement voilà, la grosse majorité de ces modes s’apparente soit à du deathmatch par équipe, soit à de la capture de zone. DICE a beau avoir ajouté une petit touche Star Wars à l’ensemble (les drapeaux sont remplacés par des modules de données, les zones à capturer prennent la forme de droïdes ou de capsules de largages, etc.), c’est bien peu pour nous donner l’impression d’avoir à faire à quelque chose de vraiment rafraîchissant. Certes, on ne demandent pas à Star Wars Battlefront de réinventer la poudre, mais un peu plus d’audace n’aurait pas fait de mal à un titre qui peine à faire preuve d’originalité. Difficile également de se satisfaire des combats aériens tant la jouabilité manque de précision. Des affrontements à bords de multiples vaisseaux extrêmement dynamiques, certes, mais qui souffrent d’un manque de précision et surtout font preuve d’un grand classicisme.

Star Wars Battlefront a au moins un mérite : celui de procurer un fun immédiat.

Tous les modes du Multijoueur ne laissent heureusement pas cette impression amère, la Suprématie en tête avec ses batailles sur des cartes de grandes tailles où soldats, héros et véhiculent se côtoient dans un cocktail d’action bien loin d’être déplaisant. Même constat avec l’Attaque des Marcheurs même si, malgré les ajustements apportés depuis la bêta, l’équilibre semble encore bien discutable entre les deux camps. Enfin, les parties impliquant directement Luke, Leia, Boba Fett, l’Empereur et les autres sont peut-être celles qui sortent le plus du lot, ne serait-ce parce qu’elles permettent à tous de devenir, le temps de quelques instants, ces héros/vilains que l’on connaît tant. Mais peu importe les modes, Star Wars Battlefront ne se montre jamais réellement capable de nous procurer ce petit brin de folie que l’on espérait tant. Du coup, il y a cette désagréable sensation de tourner rapidement en rond avec les environnements proposés : Tatooine, Endor, Hoth, Sullust et Jakku (planète incluse dans le premier DLC du jeu, « offert » à tous les joueurs). On est heureux de retrouver certains lieux mythiques de la saga, mais l’ingéniosité du level-design des maps ne suffit pas à cacher leur faible nombre. En couplant cette impression à des modes de jeu qui font globalement dans la redite, le titre de DICE ne se montre jamais capable de nous tenir en haleine sur de longues sessions.

Ewoks vs Empire

Autre problème qui peut pourrir une soirée en ligne dans ce Battlefront, l’équilibrage sur bien des aspects. Armes (ce maudit DL-44…), personnages et même jouabilité complète selon les modes de jeu, le déséquilibre est flagrant lors de certaines parties pour ne générer que frustration chez les joueurs qui en font les frais. On peut également remettre en cause le système de cartes mis en place, un système d’expérience du pauvre qui permet de débloquer au fil des heures de nouvelles armes et de l’équipement. Le problème est que le nombre d’armes à dégoter est limité et que les joueurs qui cumulent davantage d’heures de jeu peuvent mettre la misère à d’autres joueurs non pas par leur seul talent, mais parce qu’ils ont accès à un meilleur arsenal. Idem avec l’équipement, les joueurs découvrant Star Wars Battlefront ayant l’obligation de se contenter d’un faible bonus face à certains utilisateurs plus anciens, avantagés sur le terrain car mieux équipés en gadget. Et après une bonne trentaine d’heures de jeu, vous constaterez comme nous que les armes/équipements utilisés en jeu sont très souvent les mêmes, illustrant le peu de possibilités offertes et l’incapacité qu’a le jeu à se diversifier. Leur utilisation s’avère heureusement un peu plus satisfaisante, des mains personnalisables que l’on peut sélectionner avant chaque respawn et que l’on gère très aisément.

Aussi déroutant soit-il, Star Wars Battlefront a au moins un mérite : celui de procurer un fun immédiat. Agaçant sur la longueur, ennuyeux parce qu’il tourne un peu en rond et parce qu’il révèle de petits défauts au fil des heures, le titre de DICE fait tout de même partie de cette catégorie de jeux que l’on peut lancer le soir en rentrant d’une dure journée de travail, le temps de 2-3 parties. Son gameplay clairement orienté arcade et grand public y est pour beaucoup, la prise en main étant immédiate avec un dynamisme bien présent. Il ne faut que quelques secondes pour plonger au cœur de l’action et se défouler sur les forces ennemies, une approche bien différentes des autres productions du développeur suédois mais qui trouve ici son sens. Un peu plus de subtilité et de profondeur n’aurait cependant clairement pas fait de mal, sans doute ce qu’il manque pour permettre au jeu de capter notre attention sur la longueur.

Beau comme un Wookie

Si Hoth a déjà révélé toute sa splendeur lors du bêta-test, que dire du reste des environnements de Star Wars Battlefront ? Endor émerveille avec sa forêt luxuriante et ses effets de lumière saisissants, l’hostilité et la chaleur de Tatooine crèvent l’écran, la mystérieuse Sullust intrigue autant qu’elle séduit alors que Jakku illustre avec perfection toute l’ampleur d’un conflit dont on connaître bientôt la suite. On peut encore chanter des louanges sur le level-design, insister sur l’agencement réussi des cartes ou même parler des menus très classes, mais évoquons plutôt la baffe procurée par l’aspect technique du jeu. Beau comme un dieu et optimisé avec une justesse presque parfaite (malgré la présence de quelques bugs largement relayés par la communauté), le jeu est une vitrine parfaite pour l’esthétique de la saga Star Wars et offre un rendu fidèle, enivrant et captivant des batailles qui nous émerveillaient lorsque l’on a découvert les films pour la première fois. Une ambiance réussie à laquelle toute la partie sonore de ce Battlefront n’est pas étrangère, les sons et musiques inoubliables étant au rendez-vous pour notre plus grand bonheur. Cette plongée admirable dans l’univers de Lucas se ressent également lors des fameux dogfights, des parties où l’on prend presque un plus grand plaisir à être spectateur qu’acteur.

LE VERDICT
PIOU PIOU
6
PARTAGER
Article précédentLEGO Dimensions
Article suivantHalo 5 : Guardians
Passionné de jeux vidéo depuis qu'il est en âge de tenir un pad, adepte de la news publiée 24h/24 et du test relu 10 fois avant publication. Également râleur pro et (trop) gros consommateur du café.

Laisser un commentaire