Test de Star Ocean : Integrity and Faithlessness (PS4)

Le test a été réalisé à partir d’une version physique sur PlayStation 4.

Fidel à la série ?

Star Ocean V narre les aventures de Fidel Camuze, jeune homme bien connu – et respecté – dans sa bourgade pour être le fils d’un grand militaire. Malgré tout, ce héros doit encore prouver qu’il mérite cet honneur et sa mise à l’épreuve arrive bien vite puisqu’une faction ennemie a décidé d’attaquer son village, qu’il se voit dans l’obligation de défendre. De fil en aiguille, Fidel et Miki, son amie d’enfance, vont rapidement faire la connaissance de Rélia, une mystérieuse petite fille rescapée du crash d’un vaisseau spatial. Une petite qu’il s’agit de protéger, l’incroyable pouvoir qu’elle semble renfermer attirant les convoitises de personnes mal intentionnées… C’est d’ailleurs grâce cette enfant que le scénario prend son envol, même s’il ne parvient malheureusement jamais à totalement passionner le joueur. Entre une histoire cousue de fil blanc, des rebondissements que l’on voit arriver de loin et des personnages tous plus clichés les uns que les autres, il est bien difficile de se passionner pour la trame de ce Star Ocean V. Des soucis qui ne sont pas aidés par une mise en scène à la fois très pauvre (les  »Actions Privées », censées permettre d’en savoir plus sur le background des personnages, se présentent simplement sous forme de phrases lâchées ça et là et rapidement oubliées) et très maladroite, la caméra n’étant pas toujours pointée vers celui qui discute durant une conversation – sans compter le fait que le joueur peut durant la plupart des cut-scenes déplacer le personnage et / ou la caméra… Bref, Tri-Ace a déjà fait mieux dans ce domaine là.

Les Star Ocean, tout comme les Tales of d’ailleurs, sont surtout connus pour proposer un système de combat dynamique, en temps réel, dans des arènes plus ou moins vastes. Ce cinquième opus ne fait pas exception à la règle et propose même des affrontements opposant de nombreux protagonistes puisque l’équipe du joueur peut compter jusqu’à sept personnages actifs. Des héros qui ont tous des jobs  »classiques » dans ce genre de jeux (le soigneur, le magicien, le guerrier…), mais qui peuvent ici être customisés grâce à l’ingénieux système de rôles. Ces derniers, interchangeables et cumulables, permettent en effet de booster certaines capacités passives tout en modifiant le comportement des personnages. Par exemple, si le joueur décide de donner le rôle de Soigneur à Miki – ce qui de toute façon coule de source au bout d’une poignée de combats à peine, cette dernière se concentrera sur les soins, qui seront de meilleure qualité et utiliseront moins de points de mana. Un guerrier doté du rôle de Tueur de Plantes infligera pour sa part de plus gros dégâts aux plantes, tout en réduisant ceux qu’il recevra de ces ennemis particuliers, et ainsi de suite. Ces rôles peuvent par ailleurs être améliorés via les points de compétence (gagnés après les affrontements), tout comme les capacités (attaques spéciales, sorts…), histoire de faire évoluer les personnages en parallèle des niveaux qu’ils gagnent grâce aux points d’expérience. Une vraie bonne idée donc, qui permet au joueur de profiter d’une aventure plus personnalisée.

Star déchue

Les plus patients parviendront même sans aucun doute à se composer une équipe surpuissante voire invincible, histoire de pouvoir faire face à toutes les situations. Non pas que ce Star Ocean V soit particulièrement difficile, même s’il propose parfois quelques pics de difficulté absurdes, mais simplement parce qu’il faut constamment voler au secours d’une I.A. complètement stupide. Tous les compagnons de Fidel ont en effet des tendances suicidaires et n’hésitent pas à foncer dans la mêlée, même si un ennemi prépare un coup surpuissant et qu’il ne leur reste presque plus de points de vie. Résultat, il faut constamment utiliser des items de soin – heureusement très nombreux – pour leur refaire gagner un peu de vie ou de magie, puisque les magiciens ont également une certaine tendance à utiliser principalement les sorts qui entament le plus leur jauge de mana. Les ennemis sont pour leur part bien plus malins et n’hésitent pas à se ruer à plusieurs sur un héros en difficulté. Ce qui est d’ailleurs d’autant plus vrai lors des (rares) passages où le joueur doit protéger un personnage en particulier. Durant ces phases, ce personnage à protéger ne se bat pas mais se retrouve tout de même entouré par tout un groupe d’adversaires qui n’ont d’yeux que pour lui… et qui ne font même pas attention aux héros qui s’activent pour faire chuter leur barre de vie à zéro. Désolant pour un titre sortant en 2016… Et ce n’est malheureusement pas le seul reproche que l’on peut faire au système de combat ici proposé. On peut par exemple citer le trop faible nombre de raccourcis pour les attaques spéciales (quatre en tout : deux pour attaquer de loin, deux pour le combat rapproché), la caméra, trop proche des personnages, qui ne sait jamais où se planter et passe son temps à tourner sans s’arrêter, ou encore le trop grand nombre de combattants et d’effets visuels à l’écran, qui rendent le tout bien souvent brouillon et peu lisible.

Entre une histoire cousue de fil blanc, des rebondissements que l’on voit arriver de loin et des personnages tous plus clichés les uns que les autres, il est bien difficile de se passionner pour la trame de ce Star Ocean V.

Difficile dans ces cas là d’établir des stratégies valables mettant à profit le système de pierre-papier-ciseau permettant de faire plus ou moins de dégâts en fonction de l’adversaire. En dehors de certains combats qui demandent un peu plus de technique, notamment ceux contre les boss, le joueur passe donc le plus clair de son temps à marteler les mêmes boutons pour éliminer les ennemis les uns après les autres, voire à utiliser sa jauge de furie lorsqu’elle est suffisamment remplie. Au moins, le tout se montre fluide, et ce peu importe le nombre de sorts lancés en même temps. L’engagement d’un combat se fait également tout en fluidité puisqu’il n’y a aucune latence entre les phases d’exploration et les phases d’affrontement : il suffit, sur la map, de courir vers un groupe d’ennemis et le combat se lance immédiatement. C’est d’ailleurs également vrai pour les scènes de dialogues, qui se fondent elles aussi dans les phases d’exploration, ce qui a le mérite de ne pas casser le rythme. Même si, malgré tout, quelques courts temps de chargement sont parfois à déplorer, notamment lorsque le joueur rentre ou sort d’une ville. Un élément qui pourrait ne pas être si gênant que ça… si les aller-retour imposés n’étaient pas aussi fréquents. Que ce soit pour l’histoire principale ou les quêtes annexes peu passionnantes, les héros doivent en effet visiter plusieurs fois les mêmes endroits.

Un océan désertique

Si cette manière de faire est déjà assez frustrante en soi, elle le devient encore plus lorsque l’on sait que le tout peut se boucler en une petite vingtaine d’heures en ligne droite… Difficile donc ici de voir autre chose que du remplissage destiné à faire quelque peu augmenter une durée de vie qui aurait, en dehors de ça, été rachitique, surtout pour un titre de ce genre qui avoisine en général plutôt les 30 ou 40 heures. Au moins, les différents décors de ce Star Ocean V s’offrent le luxe d’être assez diversifiés, plutôt jolis dans l’ensemble et bénéficient d’une direction artistique plutôt réussie. Un bon point, même si le tout est affreusement vide, ce qui contraste avec la taille des environnements : si l’on n’échappe évidemment pas aux longs couloirs, de nombreuses zones se montrent assez vastes, tout comme les différentes villes du titre… et pourtant, les PNJ et autres groupes de monstres pourraient presque se compter sur les doigts de la main. Un manque de finition qui, là encore, fait franchement tâche pour un titre de 2016. Les musiques souffrent également de ce côté cheap puisque, peut-être par manque de temps ou de moyen, Tri-Ace a recyclé une grosse partie des pistes des épisodes précédents, et ce sans forcément passer par la case remixage. Les fans se consoleront tout de même avec des voix de qualité, anglaises ou japonaises au choix, et des textes en français.

LE VERDICT
EAU TIÈDE
5
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