Test de Shiren The Wanderer : The Tower of Fortune and the Dice of Fate (PS Vita)

Le test a été réalisé à partir d’une version dématérialisée sur PS Vita.

Maître de son destin

Uniquement disponible sur PS Vita, Shiren The Wanderer : The Tower of Fortune and the Dice of Fate est le cinquième opus de la saga, version Plus remise au goût du jour du jeu paru initialement sur DS. Il permet d’incarner Shiren qui, en compagnie de son furet Koppa, arrive un beau jour dans le petit village d’Inori. Les deux compères vont rapidement faire la connaissance de Jirokichi, un jeune homme dont la bien-aimée, Oyu, est tombée gravement malade et dont la mort est imminente. Afin de la sauver, Jirokichi décide d’aller rencontrer Reeva, déesse du destin. Mais le périple n’est pas de tout repos puisqu’il faut parcourir plusieurs tours, toutes plus dangereuses les unes que les autres puisque regorgeant de monstres et autres pièges. C’est donc tout naturellement que Shiren et Koppa vont lui proposer de l’accompagner dans son voyage. Le trio rencontrera même plus tard d’autres amis qui leur proposeront leur aide, comme Tao – moyennant finance -, Gen, Okon ou encore Kojirouta, qui disposent tous d’attaques spécifiques (à distance grâce à un boomerang, combat rapprochéen se transformant en monstre, etc.).

Si Shiren the Wanderer 5 Plus ne brille pas spécialement par son scénario, il baigne toutefois dans une ambiance 100% nippone qui plaira sans aucun doute aux amoureux du Japon ancestral. Shiren fait ainsi clairement penser à un rônin – un samouraï sans maître -, et le village de Nekomaneki, situé aux pieds des tours, regorge de bonsaïs, cerisiers en fleurs, temples bouddhistes et autres statues de chats porte-bonheur (les maneki-neko). Au-delà de cet aspect purement esthétique, les nombreux PNJ rencontrés dans les tours n’hésitent pas à faire part au joueur de leurs réflexions philosophiques sur le destin ou encore les conséquences de leurs actes, là encore toutes droit tirées de la culture japonaise. Les créatures ne sont pas oubliées, à l’image de ce pauvre petit renard pris dans un piège. Faut-il le libérer ou le laisser à son terrible sort ? La réponse semble évidente mais, dans le folklore japonais, les renards sont des animaux fourbes qui n’hésitent pas à jouer de mauvais tours aux humains. Forcément, avoir cet élément en tête oblige à réfléchir à deux fois à la question, surtout au regard de la difficulté imposée par le titre de Spike ChunSoft.

Le chant des Shiren

Shiren the Wanderer 5 Plus est impitoyable et risque de perdre en chemin pas mal de joueurs, surtout ceux qui n’ont pas l’habitude du genre. Rogue-like oblige, ce titre propose donc des donjons générés aléatoirement et divisés en plus ou moins d’étages qu’il s’agit de parcourir. Chaque étage regorge de pièges, monstres, objets et PNJ, et il faut donc avancer avec prudence si l’on veut garder Shiren en vie le plus longtemps possible. Le tout se déroule au tour par tour : chaque action du héros, que ce soit marcher, attaquer, parler à quelqu’un ou encore utiliser un objet utilise donc un tour. Les ennemis sont soumis au même régime, et ils n’attaquent pas tant que Shiren ne bouge pas. Ce qui est bien pratique lorsque la situation devient tendue et que le joueur doit prendre son temps afin de décider quel tactique mettre en place. Si ce n’est pas trop le cas durant les premiers combats, Shiren pouvant se débarrasser des monstres en deux ou trois coups d’épée, surtout quand il est accompagné, la difficulté grimpe rapidement. Il convient alors de faire attention où l’on pose les pieds à cause des pièges et de mettre à profit tous les objets ramassés pouvant être utiles.

Shiren The Wanderer 5 Plus est impitoyable et risque de perdre en chemin pas mal de joueurs.

Et les objets, ce n’est pas ce qui manque. Des dizaines et des dizaines d’items variés sont disponibles, sans compter que certaines pièces d’équipement peuvent être fusionnées entre elles pour en créer de nouvelles. Il y a par exemple les herbes aux multiples vertus (curatives, faisant grimper de niveaux…), les sceptres magiques pouvant par exemple infliger des dégâts de foudre ou envoyer un ennemi à l’autre bout de l’étage, des parchemins aux utilités variées (améliorations, bonus, attaques…) ou encore des pots qui peuvent servir à se cacher ou à conserver de la nourriture qui, autrement, pourrit. La nourriture représente d’ailleurs un élément très important puisque, en plus de ses points de vie, Shiren doit surveiller sa jauge de faim. Lorsque celle-ci est vide, sa vie descend doucement mais sûrement, il s’agit donc de lui donner rapidement un onigiri ou une pêche pour remédier au problème. Bref, avec tous ces objets, le joueur est en apprentissage constant et il faut déjà plusieurs heures de rodage avant d’espérer savoir utiliser correctement un bon nombre d’éléments… Et le pire, c’est que plus le joueur progresse et plus il se rend compte que de plus en plus d’opportunités s’offrent à lui, avec par exemple le système de pièces d’équipement scellées ou maudites qui reste assez flou pendant les premières heures. Malgré un aspect forcément ultra répétitif, le titre parvient donc tout de même à proposer régulièrement des nouveautés plus ou moins bienvenues.

L’apprentissage dans la douleur

Ainsi, passés les premiers donjons, Shiren arrive dans un village perdu au milieu de nulle part. Ce petit village représente une étape dans la progression puisqu’il inclut alors de nouvelles fonctionnalités. Il devient par exemple possible d’effectuer, moyennant argent, des  »tags » sur les pièces d’équipement qu’il possède. Cela lui permet d’être sûr et certain de les garder, et ce même s’il meurt durant son aventure. Car, évidemment, si Shiren meurt dans un donjon, il perd tout, argent comme objets, et retourne à la case départ. Et comme si ce n’était pas suffisamment punitif comme ça, il retourne au niveau 1 et ce peu importe l’expérience gagnée durant son aventure. Perdre Jirokichi durant l’aventure est également extrêmement pénalisant : si le joueur ne possède pas d’objet de soin à lancer sur sa tombe histoire de le ressusciter, il faut retourner à la case départ puisqu’il est impossible de progresser sans lui… Mais Shiren the Wanderer 5 Plus sait aussi se montrer clément, en conservant l’expérience gagnée par les personnages accompagnant le héros, en proposant une banque et une option de stockage des objets dans le village de Nekomaneki ou en permettant au joueur d’apprendre des capacités utilisables durant la nuit.

Au-delà d’un certain point, les donjons disposent en effet d’un cycle jour / nuit. Si durant la journée tout se passe de la même manière, c’est une toute autre histoire durant la nuit. Les monstres voient leur défense et leur attaque boostées – il est ainsi possible de mourir en un seul coup dans ces cas-là, et la vision est limitée. Il s’agit donc d’utiliser à bon escient les capacités spéciales apprises en amont pour infliger le plus de dégâts possible, et d’être doté d’une torche pour y voir un peu plus clair dans l’obscurité. Sachant tout de même que le héros fait dans ces cas-là une cible privilégiée, à plus forte raison s’il rentre dans ce que l’on peut sans peine appeler  »les salles de la mort », puisque remplies à ras bord de monstres surpuissants… Même si Shiren the Wanderer 5 Plus n’a pas franchement besoin de ça tant la mort est de toute façon omniprésente. Les férus du genre tout comme les néophytes devront périr un bon nombre de fois, avec tout ce que ça comporte de frustration. Mais malgré tout, l’envie d’y retourner encore et encore est bel et bien là. Car la difficulté du titre de Spike ChunSoft n’est jamais injuste, elle oblige juste le joueur à apprendre ses mécaniques et à les maîtriser s’il désire aller jusqu’au bout de l’aventure. Et même au-delà, car de nouvelles tours proposant des challenges spécifiques se débloquent une fois le générique de fin passé. Des challenges que l’on n’hésite pas franchement à relever tant le tout se montre extrêmement addictif.

La difficulté du titre de Shiren The Wanderer 5 n’est jamais injuste, elle oblige juste le joueur à apprendre ses mécaniques et à les maîtriser.

Tower of Fortune Ascension

Finalement, le plus gros point négatif de ce Shiren the Wanderer 5 Plus est sa réalisation. Si son ambiance sonore est plutôt sympathique – et là encore très japonisante -, ses graphismes à la Super Nes risquent de ne pas plaire à tout le monde (malgré de jolis sprites), d’autant plus que les donjons ne proposent pas d’environnements variés. Shiren est assez lourd dans ses déplacements et l’interface est pour sa part vieillotte, surtout quand il s’agit d’aller chercher un objet dans le sac. Il faut alors ouvrir le menu, puis un sous-menu et encore un autre pour choisir quoi faire avec l’item en question : l’utiliser, le jeter, le voir en détails, etc. Ce qui amène d’ailleurs à un autre problème du titre de Spike ChunSoft, à savoir qu’il est intégralement en anglais. Sachant que le joueur a tout intérêt à lire la description de chaque objet avant de l’utiliser (histoire notamment de ne pas tomber sur de mauvaises surprises), autant dire que ceux qui ne maîtrisent pas totalement cette langue rencontreront une difficulté supplémentaire… Quant aux fonctionnalités de la PS Vita, elle ne sont pas utilisées à l’exception du multi, avec notamment la possibilité de demander de l’aide à un autre joueur si (ou plutôt quand) on a le malheur de mourir dans un donjon.

LE VERDICT
BONNE FORTUNE
7
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