Test de Shadow Tactics : Blades of the Shogun (PC, PS4, Xbox One)

Ce test a été réalisé à partir d’une version dématérialisée sur Xbox One.

Praise the Shogun

Pyro Studios et Commandos ça vous parle ? Une série qui a connu son apogée en 2001 avec Commandos 2 : Men of Courage qui reste, encore à l’heure actuelle, une référence d’un genre qui a disparu avec le temps. Ce genre, appelons-le sobrement Commandos-like, c’est un mixe entre infiltration et tactique avec une action en temps réel, une vue isométrique et des sauvegardes rapides à ne plus savoir quoi en faire. Le type de jeu dont seuls se souviennent les vieux de la vieille donc, ceux à qui les allemands de Mimimi Productions ont décidé de rendre hommage avec un Shadow Tactics : Blades of the Shogun qui reprend tout ce que l’on a aimé par le passé pour sublimer la formule avec ce qu’il faut de touches modernes.

Shadow Tactics met en scène un groupe de personnages qui n’ont a priori pas grand-chose en commun, si ce n’est qu’ils vivent dans un Japon du 17ème siècle où les conspirations poussent comme les fleurs de cerisier. Pour diverses raisons, on se retrouve ainsi avec une troupe menée par le samouraï Mugen au service de son Shogun et entouré du ninja Hayato, de la jeune voleuse Yuki, de la geisha tueuse Aiko ainsi que de l’ancien Takuma. Un casting qui a toute son importance puisqu’en plus de capacités qui sont propres à chacun d’entre-eux, les protagonistes révèlent toute leur personnalité au fil des 13 missions qui composent le jeu. On se surprend à s’attacher très vite à ce petit groupe et aux mésaventures qu’ils subissent, avec des dialogues très soignés et des cut-scenes simples mais à la narration bien menée.

Ajoutez cela à une ambiance globale aux petits oignons avec ce Japon de l’époque d’Edo où les imposants palais côtoient les fermes modestes, les camps militaires et les petites bourgades, il n’en faut pas plus pour tomber sous le charme. C’est d’autant plus vrai que la palette d’environnements jouit d’un soin tout particulier avec des détails dont le rôle n’est jamais que visuel, tant les mécaniques du jeu profitent de cet excellent level design. Seule ombre au tableau, l’histoire de Shadow Tactics dont les principales péripéties et le dénouement sont cousus de fil blanc. Mais au regard du travail réalisé par Mimimi Productions sur tout le reste du jeu, il serait bien maladroit de s’arrêter à ça.

Un pour tous

Le level design de Shadow Tactics est excellentissime, on vous l’a déjà dit et on ne le répétera jamais assez tant les niveaux proposés dans chacune des missions sont incroyablement riches. De taille imposante, les environnements du jeu ont tous été conçus de manière à offrir au joueur un challenge bien présent mais toujours avec une foule de possibilités pour arriver à ses moyens. Des lieux dans lesquels les ennemis sont légions, des ennemis dont les actions et le champ de vision répondent à des timings bien précis mais qui n’hésitent pas à casser leur routine au moindre signe suspect comme un corps qui n’a pas été caché et des traces de pas dans la neige. Plus que jamais, le titre de Mimimi Productions nous oblige à ruser et à utiliser de la manière la plus subtile possible les spécificités de nos persos pour éviter que l’IA sonne l’alerte et que la partie devienne trop complexe à jouer. Oui, une alerte donnée ne signifie pour autant pas une mission qui tombe à l’eau, mais il est clair que les renforts déployés et l’attention dont redouble l’IA complique très sérieusement la tâche. Pour éviter que les choses tournent au saké, il faut donc faire appel aux compétences de chacun des héros.

Shadow Tactics donne parfois l’impression de nous faire flirter avec le glitch mais en réalité les développeurs nous laissent simplement exploiter des ingrédients qu’ils ont minutieusement peaufiné

Mugen, le samouraï, est capable de s’attaquer aux samouraïs ennemis en solo alors que ses compagnons doivent unir leur force pour y parvenir. Takuma doit par exemple tirer une balle avec son fusil pour obliger le samouraï en question à poser un genou à terre, ennemi que Yuki, Hayato ou Aiko peuvent ensuite achever avec leur arme respective. Mugen, toujours lui, est également appréciable par sa capacité à transporter deux corps ennemis en même temps, cela sans qu’il soit ralenti. Dans un jeu où dissimuler les cadavres est aussi important et où le timing pour le faire est parfois très serré, cela est appréciable. Hayato peut trimbaler un corps sans trop être ralenti, mais les deux donzelles ont beaucoup plus de mal à déplacer un cadavre alors que le vieux Takuma en est tout bonnement incapable. Outre son fusil à lunette, le vieillard est d’une aide précieuse avec son mignon tanuki qu’il peut placer où il veut dans un large rayon, cela dans le but d’attirer un ennemi qui va alors totalement se concentrer sur le gentil petit animal. Aiko n’est pas en reste côté distraction puisque si elle met la main sur un déguisement, elle a la capacité de tromper l’ennemi (sauf les samouraïs) et de capter son attention avant, pourquoi pas, de lui infliger un coup mortel de pince à cheveux. Yuki préfère quant à elle le couteau, mais elle est surtout équipée d’un piège qu’elle peut placer au sol pour tuer un ennemi sur le coup, notamment en l’attirant à l’aide d’un précieux sifflet.

C’est bien simple, chaque personnage a son importance et sa capacité incontournable pour mener à bien certaines missions, même si le jeu impose au départ de chaque niveau les héros qui vont être à notre portée ou non. Rares sont les missions où notre groupe est au complet, mais devoir gérer 3 ou 4 personnages dans de tels environnements est déjà suffisamment grisant pour nous combler.

Ninja Theory

Il ne faut également pas oublier le fait que certaines des actions ont une efficacité variée selon le type d’ennemi auquel on fait face dans le level design de Shadow Tactics. Par exemple, si le troufion de base se laissent relativement facilement duper, ceux qui portent un chapeaux de paille ne bougeront jamais de leur poste et n’accorderont que quelques secondes à peine à chaque distraction alors que les samouraïs, les plus coriaces, ne manqueront pas de fouiller recoins et buissons s’ils constatent la disparition douteuse d’un soldat. L’environnement joue lui-aussi son rôle dans le déroulement d’une mission avec des bruits de pas qui peuvent être fatales dans un flaque d’eau, une torche dont la lueur peut nous trahir en pleine nuit et des traces de pas dans la neige dont vous imaginez bien les conséquences s’ils sont repérés, entre autres détails capables de faire foirer une mission que l’on pensait mener à bien.

Tous ces ingrédients, l’équipe de Mimimi Productions les a conçus avec merveille et cela se ressent aussi dans l’approche « libre » qui nous est laissée pour mener à bien nos objectifs. Que ce soit pour la mort d’un ennemi, le vol d’un objet ou le transport d’un otage, il nous est proposé à chaque fois de multiples moyens de parvenir à nos fins sans compter sur des solutions moins officielles mais tout aussi efficaces. Shadow Tactics donne parfois l’impression de nous faire flirter avec le glitch mais en réalité les développeurs nous laissent simplement exploiter des ingrédients qu’ils ont minutieusement peaufiné. Au final le plaisir que ressent le joueur lorsqu’il accomplit sa mission est unique. Pour autant, chaque action dans le jeu est effectuée avec une tension palpable avec cette crainte constante de faire le faux-pas. La sauvegarde rapide est d’ailleurs l’allié le plus précieux de Shadow Tactics, quitte à saccader le rythme des sessions et à fâcher ceux que ça agace de devoir sauvegarder leur progression toutes les 30 secondes. On l’a déjà dit, il reste possible de continuer la mission si une alerte est donnée mais le jeu devient franchement trop compliqué dans un tel cas et seule l’approche discrète est finalement récompensée. Là encore, les joueurs qui pensaient pouvoir mettre un peu de bazar chez l’ennemi et multiplier les assauts se rendront vite compte que le titre n’est pas fait pour eux.

Un petit mot tout de même sur le gameplay au pad tout bonnement excellent, seule la gestion de la caméra étant parfois bien plus laborieuse qu’avec la souris. Le mode Ombre à activer en une touche, qui permet d’exécuter plusieurs actions de différents personnages en même temps, est le parfait exemple de cette jouabilité très bien taillée pour les manettes, comme si rien n’était capable de gâcher l’expérience proposée par Shadow Tactics.

Mention HIT jeuxvideo24, les meilleurs jeux

LE VERDICT
EMPEREUR
9
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Passionné de jeux vidéo depuis qu'il est en âge de tenir un pad, adepte de la news publiée 24h/24 et du test relu 10 fois avant publication. Également râleur pro et (trop) gros consommateur du café.

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