Test de Seasons After Fall (PC, PS4, Xbox One)

Le test a été réalisé à partie d’une version dématérialisée sur PC.

Dessine-moi un renard

Dans Seasons After Fall les joueurs incarnent un petit renard qui, rapidement, se retrouve doté du pouvoir des saisons lui permettant de changer la météo à sa guise. Une capacité peu commune qui va lui permettre de se déplacer dans la forêt et d’aider, tour à tour, un esprit sylvestre et les quatre gardiens des saisons. Pour quelle raison ? Nous vous laisserons là le soin de le découvrir car en révéler davantage ruinerait les surprises concoctées par Swing Swing Submarine. Toutefois, il faut bien savoir que le jeu ne se contente pas de pousser le joueur d’un tableau à l’autre en enchaînant les énigmes sans rien amener. Sans être fondamentalement philosophique ni tomber dans l’intégrisme écologique, Seasons After Fall véhicule plusieurs messages forts qui, pour ne rien gâcher, sont accessibles à tous. Une qualité qui lui permet de s’adresser à un public relativement large surtout que, comme nous le verrons plus tard, son gameplay est, lui aussi, facile à appréhender. Seasons After Fall parle donc, d’une manière générale, du temps qui passe et donc, intrinsèquement, des différentes étapes de la vie, allant de la jeunesse à la mort, en passant par la vieillesse ou encore l’acquisition de la sagesse. Et comme le contexte s’y prête, on abordera aussi le sujet du respect de l’espèce animale qui, en poussant un peu plus loin, empiète légèrement sur le respect de l’être différent.

Libre à chacun de prêter attention ou pas à ces sujets de réflexion, toujours est-il que Swing Swing Submarine fait les choses bien en intégrant tout ça de manière intelligente dans une histoire magnifiquement racontée. Car plutôt que d’inonder le joueur d’informations à l’écran avec des dialogues sans fin, le studio s’est offert les services de narrateurs de qualité. Ainsi dès les premiers instants du jeu on retrouve la délicieuse voix d’Adeline Chetail, que les amateurs de Wakfu connaissent parfaitement, qui use ici de tout son talent pour incarner la voix d’un être immatériel plus vrai que nature. Toujours juste, dans le ton, elle donne vie de manière assez remarquable à cette entité qui nous suit dès nos premiers pas. Pour continuer dans le registre de l’audio, difficile également de passer sous silence l’immense qualité de la bande son. S’ils sont discrets, les bruitages sont en parfaite adéquation avec les tableaux que l’on traverse ainsi qu’avec la saison que l’on utilise. Pour donner une petite idée de la finesse du travail sur les effets, il est tout à fait possible de reconnaître les différentes saisons juste en écoutant le renard se déplacer. Difficile de faire plus immersif.

Seasons After Fall parle, d’une manière générale, du temps qui passe et donc, intrinsèquement, des différentes étapes de la vie.

Pour la musique, on retrouve ce cher Morrusque à la composition qui, cette fois-ci, a préféré user de ses connaissances en instruments à corde pour nous proposer des morceaux tout simplement somptueux. Généralement assez courts ils sont utilisés à merveille pour créer une ambiance unique dans les moments de contemplation tout en constituant un véritable élément de gameplay lorsqu’il s’agit d’attirer l’attention du joueur quand il arrive dans un lieu où quelque chose d’important est à remarquer. Enfin, impossible de clôturer ce chapitre sans parler de l’esthétique délicieuse de Seasons After Fall. Comme on avait pu le voir dans les trailers, c’est tout simplement magnifique avec des teintes parfaitement utilisées pour différencier chaque saison et un style tout en pastels du plus bel effet. Difficile donc de ne pas tomber sous le charme surtout quand les animations s’en mêlent pour donner vie à l’ensemble.

Vivaldi à la carte

Un tableau somptueux avec lequel on est évidemment invité à interagir. Comme expliqué précédemment, le petit renard, pour une raison bien précise, à la capacité de changer instantanément de saison. D’une simple rotation du stick droit on choisit la saison voulue et le décors s’en retrouve alors aussitôt changé. Plus que les modifications de couleurs et d’ambiance, ce sont ici les changements sur les éléments du décors qui nous intéressent. En hiver les lacs se glacent et sont plus faciles à traverser, les geysers, alors gelés, deviennent des plates-formes et aideront notre petit personnage à atteindre des sommets. En automne ce sont les champignons qui ouvrent leur chapeau et les branches d’arbres soulevées par le vent naissant qui joueront ce rôle. Au printemps certaines fleurs se gorgeront d’eau pour vider des étendues inondées (et ainsi dévoiler de nouveaux passages) pour la relâcher l’été venu. Simples et logiques, ces principes permettent de très vite comprendre comment progresser à travers les quatre grandes zones que proposent le jeu et on voit très rapidement comment chaque élément naturel peut agir sur le level-design. Une simplicité qui n’empêche pas le jeu d’offrir une certaine richesse au niveau des situations, car il est possible d’aller encore plus loin une fois que l’on comprend comment la combinaison des saisons entre elles offre de nouvelles perspectives.

Un geyser par exemple, peut être gelé en hiver. Mais en utilisant le printemps, l’été ou l’automne avant de le glacer, on peut moduler sa taille et donc, atteindre différentes hauteurs. On retrouve naturellement cette nécessité de combiner à travers tout le jeu et plus on avance dans l’aventure plus il faudra se remuer les méninges pour résoudre les énigmes en réussissant à se projeter dans ce que serait l’environnement dans telle ou telle condition. Attention toutefois, car pour profiter de cette richesse il conviendra d’avoir passer la première partie du jeu qui aboutit à la récupération du pouvoir des quatre saisons. Le début de l’aventure est en effet un peu moins palpitant, voire ennuyeux, puisqu’il n’est pas encore possible de jongler avec toutes les saisons. Car même si cette première partie permet surtout de mettre en place l’histoire et le contexte de Seasons After Fall, elle est malheureusement inutilement trop longue et pourrait décourager certains joueurs d’aller plus loin, ce qui serait fort regrettable. Une fois cette première heure passée, le jeu déroule tout son enchantement sans jamais vraiment fléchir. On va de surprise en surprise et, malgré des allers-retours imposés par les développeurs, les nouveautés font que l’on a bien du mal à s’ennuyer et avec une telle plastique il faut bien avouer que l’on n’a jamais pris autant de plaisir à rester coincé devant certaines énigmes.

Les moments de frustrations, rares au demeurant, cèdent très vite leur place aux nombreux plaisirs offerts par Seasons After Fall.

Reste que malgré tout Seasons After Fall souffre, à nos yeux, de deux défauts difficiles à ignorer même s’il ne gêneront pas forcément tous les joueurs. À commencer par ce manque de précision dans les déplacements du renard qui aboutit, bien trop souvent, à des séquences de saut un peu trop frustrantes, surtout lorsqu’il faut refaire plusieurs étapes avant de revenir là où l’on vient d’échouer. Alors bien sûr Seasons After Fall n’a rien du platformer qui mise tout sur la performance et les sauts millimétrés, mais il faut avouer que cette approximation génère une certaine crispation dans les passages où les sauts s’enchaînent les uns après les autres. Le second vrai problème vient de son manque de lisibilité qui, parfois, pousse le joueur à tourner en rond avant de remarquer, totalement par hasard, un détail passé inaperçu jusque là. Un problème que l’on rencontre dès la seconde partie du jeu lorsque, par exemple, le jeu passe en mode cinématique pour illustrer l’apparition d’un téléporteur permettant d’accéder à la zone suivante, sans vraiment nous montrer où il se situe. C’est d’autant plus rageant que le jeu nous force déjà à explorer, à plusieurs reprises, les mêmes environnements et que c’est précisément dans ces moments de redites que l’on peste le plus contre ces sauts ratés par manque de précision. Fort heureusement, on reste rarement coincé bien longtemps et ces moments de frustrations, rares au demeurant, cèdent très vite leur place aux nombreux plaisirs offerts par Seasons After Fall.

Mention HIT jeuxvideo24, les meilleurs jeux

LE VERDICT
BEAU TEMPS
7
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Passionné de jeux vidéo depuis qu'il est en âge de tenir un pad, adepte de la news publiée 24h/24 et du test relu 10 fois avant publication. Également râleur pro et (trop) gros consommateur du café.

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