Test de Quantum Break (PC, Xbox One)

Le test a été réalisé à partir d’une version dématérialisée sur Xbox One.

Le temps passe…

Jouer avec le temps, ce n’est pas forcément une bonne idée, surtout lorsque l’on ne maîtrise pas totalement la machine que l’on utilise. Paul Serene (incarné par Aiden Gillen, le  »Littlefinger » de Game of Thrones) et son ami Jack Joyce (Shawn Ashmore,  »Iceberg » dans X-Men) vont rapidement le comprendre puisqu’ils sont à l’origine de la fracture, une rupture progressive de l’espace-temps provoquant de plus en plus d’interruptions, après une expérience ayant mal tourné. Et comme si ça ne suffisait pas, les deux amis développent par la même occasion des pouvoirs temporels suite à leur exposition aux chronons, la différence étant que Paul est propulsé dans le passé là où Jack reste dans le présent. Ce dernier va donc tout faire pour réparer la fracture en compagnie notamment de son frère Will (Dominic Monaghan, un hobbit du Seigneur des Anneaux), mais il est vite confronté à une puissante société baptisée Monarch et dirigée par son (ancien) ami Paul, qui semble pour sa part vouloir laisser le temps se fracturer plutôt que d’utiliser la technologie capable de sauver le monde dont il est en possession. Point fort des autres titres Remedy Entertainment, le scénario déçoit un peu ici tant il est convenu, même s’il se laisse tout de même suivre grâce à des personnages travaillés, un rythme globalement soutenu et une mise en scène léchée. En revanche, on n’échappe pas aux clichés liés aux voyages temporels, ni à certains éléments propres au genre bien que quelques rebondissements viennent pimenter le tout. Dommage, un peu d’originalité n’aurait pas fait de mal.

L’aventure de Quantum Break se divise en cinq actes dans lesquels le joueur contrôle Jack, entrecoupés de courts moments baptisés jonctions. Ces phases sont bien différentes puisqu’elles permettent de se mettre dans la peau de Paul pour, après une cinématique, faire un choix crucial censé influencer sur le reste du scénario. Par exemple, il peut être demandé de choisir entre tuer une militante anti-Monarch et donc se mettre à dos le public, ou au contraire l’utiliser pour propager une rumeur néfaste à Jack, au risque de faire fuiter des informations cruciales. Le choix ne se fait pas à l’aveugle puisque le joueur a droit à un court aperçu de ce qui l’attend s’il choisit l’une ou l’autre des possibilités. Une idée intéressante mais, en pratique, ces choix ne bousculent pas réellement la trame principale du titre. Les modifications seront visibles dans certaines scènes – du jeu comme de la série télévisée – avec par exemple un personnage en moins. Dommage, car l’élément qui aurait pu offrir une vraie rejouabilité au titre de Remedy Entertainment montre bien trop vite ses limites. C’est ensuite après chaque jonction que se lancent les épisodes de la série télévisée. Pas forcément extraordinaire ni indispensable, cette dernière vient tout de même enrichir le background de Quantum Break puisqu’elle propose de suivre l’histoire en compagnie d’autres personnages qui ne sont pas forcément au courant de tous les enjeux connus du joueur. Ce dernier peut d’ailleurs passer les épisodes s’il le désire, au risque toutefois de louper certains passages qui sont ensuite suggérés dans le jeu. Mais le plus gros problème de la série vient du fait qu’elle soit streamée et que donc, forcément, ceux ayant une connexion modeste risquent de passer de longs moments à attendre la mise en mémoire tampon… sauf s’ils décident de télécharger un pack de 75 Go, tout de même.

Time Lords

Mais si la narration occupe une place importante dans ce Quantum Break, il n’en reste pas moins un TPS. Un third person shooter assez classique d’ailleurs, si l’on met de côté les pouvoirs de Jack, mais suffisamment efficace pour rendre les phases de gunfights agréables. Le système de couverture automatique fonctionne globalement plutôt bien, de nombreux éléments du décor peuvent être utilisés comme explosifs et le challenge est là. Les pouvoirs du héros ajoutent un vrai plus et sont aussi variés que sympas à utiliser : il est ainsi possible de bloquer le temps pendant quelques secondes pour prendre un ennemi à revers, figer des ennemis d’une zone donnée dans une bulle qui peut exploser, accélérer pour s’éloigner d’un soldat un peu trop collant ou encore activer une super vision permettant de voir les positions des ennemis et autres objets utilisables. Chaque pouvoir peut être amélioré et doit bien entendu se recharger, histoire de ne pas rendre le tout trop facile, et c’est un réel plaisir d’alterner entre chacun d’entre-eux pour venir à bout d’une situation compliquée. Malheureusement, on le répète, le tout reste très classique et les affrontements se ressemblent finalement tous, d’autant plus que les ennemis ne varient que trop peu. On se retrouve alors rapidement à utiliser les mêmes tactiques, encore et encore. Une fois de plus, c’est dommage, car on a réellement l’impression que les idées n’ont pas été assez creusées par le studio finlandais. Un souci qui se ressent également durant les quelques phases de plates-formes franchement dispensables qui nécessitent la plupart du temps de remonter quelques secondes dans le passé afin de remettre un objet, nécessaire à la progression, à sa place. Des moments pas bien folichons donc, qui donnent l’impression d’avoir été posés là dans l’espoir de sortir le joueur de sa routine gunfights/cinématiques.

Si sur le fond Quantum Break laisse souvent un arrière-goût d’inachevé, il se rattrape tout de même sur la forme.

Si sur le fond Quantum Break laisse souvent un arrière-goût d’inachevé, il se rattrape tout de même sur la forme. Visuellement, le titre de Remedy Entertainment est franchement bluffant : que ce soit la modélisation impressionnante des visages, les animations assez naturelles des personnages, les différents effets visuels liés aux coupures du temps ou aux pouvoirs de Jack, les effets d’ombre et de lumière ou encore la direction artistique globale, tout ou presque est réussi. Évidemment, on n’échappe pas non plus à quelques soucis, comme un affichage parfois tardif de certains éléments ou encore des temps de chargement un peu trop longuets. Certains bugs sont également à déplorer (l’un d’eux cause un freeze de la console). Il n’y a donc plus qu’à espérer qu’une mise à jour viendra rapidement corriger ces quelques problèmes. Flatteur pour la rétine, le jeu l’est un peu moins pour les oreilles, avec des doublages français de qualité variable et une bande-son pas forcément inoubliable. Pas de quoi gâcher l’expérience, s’étalant d’ailleurs sur un peu moins d’une dizaine d’heures en ligne droite. Les collectionneurs y passeront pour leur part quelques heures de plus, Quantum Break regorgeant d’éléments à dégoter, allant des discussion à écouter aux mails plus ou moins longs à lire. Si la plupart sont en lien direct avec le scénario, d’autres prennent plutôt la forme d’easter eggs toujours sympas à trouver.

LE VERDICT
PASSE-TEMPS
6
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