Test de Pokkén Tournament DX (Nintendo Switch)

Ce test a été réalisé à partir d’une version dématérialisée sur Switch.

Un Sacha sachant chasser ne chassera pas

Pour celles et ceux qui l’ignoreraient, exit la chasse au Pokémon : Pokkén Tournament DX propose une approche moins habituelle pour un jeu de la série. Pour vous donner un indice, le jeu est d’ailleurs appelé Pokémon Tekken en Allemagne. Les plus perspicaces auront donc compris qu’il s’agit ni plus ni moins que d’un jeu de baston mettant en scène des personnages issus de la série éponyme. A ce sujet, le roaster est quasi le même que celui de la version Wii U, à 4 exceptions près puisque le titre vient chercher quelques combattants dans la version arcade (dont le superbe Darkrai, sans doute l’un des plus difficiles à maîtriser mais ô combien vicelard avec ses techniques à base de vampirisme). Le jeu ajoute également un petit nouveau inédit, Archéduc, sorte de Brutalibré en plus classe : la bestiole possède de nombreuses attaques rapides et virevoltantes ainsi que la possibilité de stagner en l’air avant de fondre sur l’adversaire. Effet garanti !

A côté de cela, on peut regretter que le titre ne propose pas plus de Pokémon connus du grand public et certains choix, comme par exemple Cradopaud, sont clairement discutables. On se fait aussi « arnaquer » de deux personnages puisque Pikachu et Mewto sont disponibles en deux versions qui ne diffèrent que trop peu dans le style. Pokkén Tournament DX propose un mode solo qui vous demande de choisir un Pokémon favori et de vous hisser grâce à lui dans le top des champions d’arènes, le tout sur fond de trame mystérieuse avec l’apparition d’une jeune femme encapuchonnée qui se bat avec Dark Mewtwo. L’occasion de parcourir trois séries de matchs au sein de la ligue de Ferum, plus une quatrième une fois la victoire assurée. Cela permettant de monter facilement le niveau du Pokémon favoris et d’upgrader au choix son attaque, sa défense, sa synergie ou sa compétence de stratégie. Un tableau des défis propre à chaque arène permettra de gagner de l’XP pour améliorer son personnage.

Pour sa part, le mode online permet d’affronter les joueurs dans des salons organisés par régions et par niveaux, ce qui est une bonne chose. La portabilité de la console permet aussi de dégainer les JoyCon pour des parties nomades même si la jouabilité n’est pas au top dans cette configuration. Le jeu permettant néanmoins d’adapter les vues de l’arène pour chacun des joueurs, ce qui est plutôt une bonne chose mais fait clairement souffrir la console en mode portable lorsque l’écran est divisé en deux. Notez que des combats en 3v3 sont possibles, ce qui est plutôt amusant et dans l’esprit des combats de la série/manga. Enfin, le principal ajout de cette version Deluxe réside dans un mode défi quotidien qui vous impose chaque jour un ou plusieurs combats avec un Pokémon imposé également. L’occasion de booster d’autres stats que celles de votre animal de compagnie favori.

En deux deux J’Tekken

Côté baston, Pokkén Tournament DX souffle le chaud et le froid. Le chaud tout d’abord car le système est original et se présente comme un mix entre Naruto Ninja Storm et Tekken. Présenté comme cela, il y a de quoi se demander ce que l’on fume sur jeuxvideo24 (uniquement de la WidGamer on vous rassure…) mais on se donne une chance de vous expliquer. Les combats alternent entre deux phases. Chaque round commence par une phase pendant laquelle le déplacement sur l’arène est libre. On tourne, on danse, on esquive et surtout on spam le bouton permettant d’envoyer des attaques à énergie ou à distance jusqu’à déclencher certains coups qui font basculer le jeu dans une phase de « duel » beaucoup plus classique, à la Tekken. On se retrouve ainsi en scrolling horizontal dans une action plus commune mais aussi plus directe puisque les deux combattants sont relativement proches. Bien entendu, certaines prises font basculer à nouveau le jeu en mode Naruto Ninja Storm, c’est à dire en arène « libre ». On passe ainsi son temps à passer de l’un à l’autre, ce qui déroute très clairement au début et peut casser le rythme des affrontements. Ce parti pris reste néanmoins original et deviendra tactique in fine puisqu’en fonction du style de son Pokémon, il sera préférable de rester à l’écart (Darkrei par exemple ou même Dracaufeu) ou de rester au corps à corps (Braségali, Lucario et surtout Mackogneur en tête). Certains Pokémon comme Pikachu s’en sortent facilement dans les deux phases.

Ce que l’on apprécie aussi, ce sont ces combats qui peuvent devenir très intenses surtout lorsque les deux protagonistes commencent à maîtriser les soutiens et les synergies. En effet, avant chaque combat, il faut choisir entre 16 binômes de Pokémon supports qui pourront déclencher, une fois une jauge pleine (plus ou moins vite selon les duos et les capacités du Pokémon), un effet passif ou actif : rendre des PV, paralyser l’adversaire ou simplement lui balancer une attaque de zone ou plus concentrée. La synergie s’obtient quant à elle en tapant ou en se faisant taper : elle permet à la fois de faire entrer son Pokémon en mode « super sayen » et de déclencher une attaque plus puissante aux dégâts beaucoup plus importants. Le must étant de l’utiliser en mode finish.

Côté froid, toutes ces caractéristiques sont en pratique limitées : les Pokémon possèdent peu d’attaques (5-6 chacun) et on se retrouve vite à toujours faire la même chose et dans le même ordre. Les arènes manquent également d’espace et ne sont absolument pas interactives, ce qui fait un peu de peine en 2017 dans un jeu de baston. Enfin, le rythme des affrontements reste globalement assez mollasson et surtout freiné par les incessants changements de phase. Dommage mais c’est vrai que passer de la beta de Dragon Ball Fighter Z à Pokkén Tournament DX fait très très mal… ou même plus simplement et sur la même console, de Dragon Ball Xenoverse 2 au titre de Nintendo. Bref niveau baston on a vu mieux.

Activation du mécanisme Lémantique

Les amateurs de la série Pokémon X/Y auront ici reconnu la phrase répétée à chaque épisode par Lem pour signifier qu’il va utiliser une invention à la technique foireuse et qui finira toujours par exploser : c’est le cas de Pokkén Tournament DX qui souffre très clairement d’une réalisation en demi-teinte. Si la version Wii U n’était déjà pas bien belle, cette version Switch est à peine plus glorieuse. L’affichage en 720p propose un frame rate constant en solo et en duo, à condition de ne pas splitter l’écran. Il n’en reste pas moins que les textures sont baveuses de près comme de loin et que l’aliasing pique très fort les yeux. La modélisation des Pokémon reste heureusement très correcte mais l’avalanche de pixels qui déferle sur le joueur fait beaucoup de tort au titre. Regardez simplement la queue de Pikachu pour vous en rendre compte…

LE VERDICT
D'LA POKEBALL
6
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Gamer depuis sa plus tendre enfance. A fait tout son skill sur Quake 3 mais n'a plus progressé depuis. Best ratio sur BF1 ever. Geek de tout un tas de trucs inutiles et coûteux. Type sympa, quand même.

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