Test de No Man’s Sky (PS4)

Le test a été réalisé à partir d’une version physique sur PlayStation 4.

Les Mondes Parallèles

S’il y a une chose que l’on ne peut pas reprocher à No Man’s Sky et à ses géniteurs de Hello Games, c’est l’ambition dont fait preuve le titre. Il faut dire que pouvoir proposer une quasi-infinité de mondes aux environnements divers et variés, avec une faune soumise aux mêmes règles, ça a de la gueule sur le papier. Manette dans les mains, les yeux rivés sur l’écran, l’idée est franchement toujours aussi séduisante. Peu importe la première planète sur laquelle on arrive, on remarque une topographie variée avec des lacs, des îles, des massifs ou encore des grottes toujours bien placées, avec une certaine cohérence qui laisse croire que l’outil de génération procédurale fait admirablement bien son travail. Une fois l’exploration spatiale commencée et quelques autres planètes visitées, on se rend compte de l’efficacité d’un tel outil capable de proposer des paysages aléatoires toujours aussi cohérents. De nombreuses heures de jeu plus tard, la magie n’opère clairement plus autant. Comment en sommes-nous arrivés là ? Aussi impressionnante et efficace soit-elle, la génération procédurale façon No Man’s Sky montre ses limites. Si de nombreuses planètes émerveillent et surprennent agréablement par leur apparence, on ne compte plus les mondes d’une platitude sans nom que nous avons pu découvrir, ni les planètes aux paysages lunaires (parfois visuellement plus pauvres que des lunes elles-mêmes).

L’autre problème posé par le moteur de No Man’s Sky, c’est que les incohérences sont régulièrement de mise. On ne parle pas seulement des stations spatiales qui se ressemblent toutes, des abris de fortune toujours identiques ou encore des postes avancés là encore copiés-collés d’un monde à l’autre, mais plutôt du fait que ces éléments sont parfois posés dans un environnement sans logique aucune. Un abri censé être posé à terre mais qui ne repose que sur un petit bout de terrain et se retrouve principalement suspendu dans les airs, voilà un exemple de ce que la génération procédurale façon Hello Games n’arrive pas toujours à maîtriser. La palme de la déception revient tout de même à la faune, avec des animaux qui, trop souvent, s’apparentent à des essais infructueux de l’atelier des créatures de Spore. Pire, peu importe la taille et l’allure de la bestiole, toutes se coltinent les mêmes animations foireuses. Les problèmes de collision sont également légions, sans parler, de manière plus générale, des plantages dont nous gratifient le jeu (à l’heure où ces lignes sont écrites, seul le patch day one a été déployé).

On se dit alors que notre leçon de variété, nous allons réellement la prendre avec les ressources qui fourmillent sur les planètes. Manque de bol, ce n’est pas le cas. Certes, les arbres, les rochers, les fleurs et autres plantes ne se ressemblent pas forcément d’une exploration à l’autre mais peu importe le visuel, la forme, ce sont toujours les mêmes minerais que l’on récolte, les mêmes éternelles ressources essentielles à notre survie. Oui, en dehors de son côté exploration, No Man’s Sky est avant tout un jeu de survie, ce que nous avait promis Hello Games. Là encore le bât blesse puisque survivre s’apparente davantage à composer avec des inventaires foireux plutôt que de réellement gérer des ressources. Constamment, le joueur doit garder un œil sur les slots libres de son exo-combinaison et de son vaisseau, sous peine de ne plus rien pouvoir ramasser. Débute alors une mécanique redondante à base de ramassage et de vente, toujours dans l’idée de pouvoir ramasser davantage et de revendre encore plus. Dans quel but ? Gagner des unités, la monnaie universelle de No Man’s Sky, permettant de s’acheter un autre vaisseau (lequel aura peut-être plus de slots à disposition), de se procurer plus rapidement les ressources nécessaires à notre exploration ou même d’améliorer notre équipement, dont le multi-outil. Derrière ce nom d’une originalité folle se cache le pistolet fait-tout de notre personnage, indispensable pour récolter la matière première mais aussi pour se défendre des créatures hostiles. Malheureusement, l’utilisation de ce flingue rappelle les pires heures des FPS d’antan, rendant notamment les affrontements pathétiques à jouer. Bref, on récolte, on s’assure que notre combinaison est parfaitement opérationnelle, que le multi-outil est prêt pour la besogne, que notre vaisseau a tout ce qu’il faut pour voyager sans encombre et on recommence le processus une fois dans un système. Ce fonctionnement ne serait peut-être pas aussi lourd si l’interface du jeu, clairement pensée pour le PC, n’était pas aussi pénible.

Qu’il y a-t-il donc d’autre à chercher dans No Man’s Sky en dehors du simple plaisir de la contemplation ? On se pose encore la question.

L’odyssée de less space

La liberté toute relative de No Man’s Sky, elle ne peut donc se faire qu’en sacrifiant de nombreuses heures à de la récolte pas franchement passionnante. Oui mais voilà, impossible de renier cet immense plaisir que l’on a la première fois que l’on remet notre vaisseau en état et que l’on quitte notre planète « d’origine » pour s’envoler vers d’autres cieux. C’est ça, ce sentiment magique procuré par Hello Games, cette joie de savoir que l’on peut aller n’importe où, n’importe quand (ou presque, en prenant en compte les contraintes imposées par les fameuses ressources). Certains paysages carte postale que l’on découvre à l’atterrissage contribuent également grandement à l’affection que l’on peut porter au jeu, on se surprend alors à chercher le meilleur angle de caméra possible, la meilleure lumière, le plus beau panorama pour réaliser une capture d’écran que l’on s’empresse de partager avec d’autres explorateurs en herbe. C’est d’ailleurs la seule chose que l’on peut faire entre joueurs, l’idée de rejoindre un compagnon de route n’étant pas (n’étant plus ?) d’actualité ni même les rencontres aléatoires avec d’autres personnes, trop peu probables selon les développeurs du fait du trop grand nombre de planètes possibles (18.446.744.073.709.551.616, nous rappelle-t-on). Que dire également de la possibilité de scanner à tout-va plantes et bestioles pour ensuite les renommer ? Dans quel but s’atteler à cette tâche fastidieuse si aucun autre joueur n’est destiné à tomber sur nos découvertes ?

Qu’il y a-t-il donc d’autre à chercher dans No Man’s Sky en dehors du simple plaisir de la contemplation ? On se pose encore la question, malgré la présence d’une pseudo-histoire aux lignes bien floues. Rejoindre le centre de la galaxie, c’est donc l’un des rares objectifs que le jeu semble nous fixer, en plus d’une mystérieuse quête mystique hélas trop évasive. Ce sont pourtant ces maigres buts qui nous guident et nous font ressentir cet étrange sentiment, ce « je ne sais quoi » qui vous donne envie de continuer en sachant pertinemment qu’il n’y aura certainement rien au bout. On lui reproche bien des choses mais on l’aime tout de même un peu ce No Man’s Sky, même quand il nous jette à la tronche trois seules races à rencontrer dans tous les systèmes qui composent le jeu avec des PNJ dont il faut apprendre le dialecte au fil des heures pour, au final, se rendre compte que l’on retrouve les mêmes lignes de dialogues quelques systèmes planétaires plus loin. Dommage, ô grand dommage, que ces seules interactions que nous offrent le jeu avec d’autres protagonistes soient à peine dignes des « livres dont vous êtes le héros ». Reste la bande-son, qui participe de belle manière aux moments d’émerveillement, cette technique franchement si prometteuse et une plastique encore une fois bluffante à certains moments mais bien tristes à d’autres.

LE VERDICT
TROU NOIR
6
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Passionné de jeux vidéo depuis qu'il est en âge de tenir un pad, adepte de la news publiée 24h/24 et du test relu 10 fois avant publication. Également râleur pro et (trop) gros consommateur du café.

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