Test de Mount & Blade : Warband (PS4, Xbox One)

Le test a été réalisé à partir d’une version physique sur PlayStation 4.

Mount et merveilles

Mount & Blade : Warband propose au joueur de vivre sa propre expérience, forgée de la manière dont il le désire. Cela commence donc forcément par une longue phase de personnalisation pendant laquelle il s’agit de choisir son sexe – sachant que le début de partie sera plus compliqué si le héros est une femme, son background, son apparence ou encore ses aptitudes via des points à attribuer dans différentes catégories (force, santé, etc). Une fois la chose faite, le joueur se retrouve lâché dans l’immensité du titre avec un vague objectif : unir toutes les peuplades locales, qui ne cessent de se faire la guerre depuis déjà bien trop longtemps. Et il y a du boulot, car le joueur ne contrôle pas ici un super soldat ou un héros aux pouvoirs extraordinaires, mais une personne tout ce qu’il y a de plus banale. Sans aptitude spécifique, elle peut donc devenir tout et n’importe quoi : un marchand ambulant, un pillard ou encore un guerrier qui, à force d’entraînement, parviendra à devenir de plus en plus puissant. Car même si le titre de TaleWorlds Entertainment propose un objectif final, ce dernier est totalement optionnel, et il est possible de passer plusieurs dizaines d’heure de jeu sans s’en occuper.

C’est là toute la force de ce soft qui combine plusieurs genres, dont le RPG et la stratégie : il laisse au joueur une liberté totale et propose de très nombreuses possibilités. Envie de devenir seigneur d’un petit domaine ? De nombreux choix s’offrent à vous : vous pouvez prêter allégeance au souverain local qui vous remerciera en vous donnant des terres après un certain nombre de batailles remportées, vous pouvez monter une armée et prendre le tout de force, vous pouvez épouser quelqu’un qui vous permettra de parvenir à vos fins… Bref il y a de quoi faire, même s’il faut s’accrocher, car Mount & Blade : Warband ne dévoile son potentiel qu’après plusieurs heures de jeu. Autant dire que ce départ laborieux, sans scénario qui plus est, a de quoi en décourager plus d’un. Et même si le joueur tient bon, il lui faudra tout de même de nombreux tâtonnements, et même plusieurs parties, avant d’enfin réussir à se forger une aventure qui lui conviendra totalement. Mais une fois la chose lancée, le côté totalement addictif de ce système pourra l’occuper pendant de très longs moments, à la manière d’un Minecraft qui peut sans problème dépasser la centaine d’heures.

Mount & Blade : Warband ne dévoile son potentiel qu’après plusieurs heures de jeu.

Game of Blades

Pendant ces dizaines et dizaines d’heures de jeu, de nombreux combats pourront être menés, seul ou à plusieurs. Mais avant cela, il faut tout de même passer par le tutoriel histoire de se familiariser correctement avec toutes les mécaniques du titre, la maniabilité n’étant malheureusement pas forcément au top. Le personnage peut ainsi s’équiper de différentes armes servant au corps à corps, comme des épées ou des haches, mais également d’armes à utiliser à distance, comme les arcs. Ces derniers sont d’ailleurs un peu plus délicats à prendre en main, puisque le côté réaliste voulu par les développeurs implique différents éléments à retenir lorsque l’on décide de tirer. Il est par ailleurs possible de s’équiper de pièces d’équipements histoire de devenir plus résistant et d’un bouclier pour se protéger, de donner des coups de pieds ou encore de monter à cheval. Les chevaux ne sont d’ailleurs pas de trop durant les affrontements à plusieurs car ces derniers se déroulent sur des terrains assez grands. Si au départ la taille de ces maps semble ridiculement vaste, puisque les combats n’opposent qu’une petite dizaine d’hommes, elle devient au bout de plusieurs heures plus logique, puisque le personnage embarque peu à peu avec lui de plus en plus de soldats, voire des armées entières (au risque de rendre le tout rapidement brouillon).

Les compagnons du héros peuvent d’ailleurs également s’améliorer : recruté au départ dans une taverne, un simple paysan peut ainsi gagner du galon et prétendre à des classes avancées. A condition évidemment qu’il reste aux côtés du joueur, ce qui se fait en échange d’argent mais également de nourriture, histoire de garder le moral des troupes au beau fixe. Lors des phases sur le terrain, que ce soit pendant ces batailles ou tout simplement lors d’une balade dans un village, le titre se parcourt en vue à la première ou à la troisième personne, au choix. En revanche, ce système change lorsqu’il s’agit de choisir où se rendre par la suite. Mount & Blade : Warband se met alors en pause et passe en vue du dessus sur la carte du monde (avec une vision plus ou moins étendue en fonction des points attribués durant la personnalisation). Le joueur peut alors choisir l’endroit où il désire se rendre et n’a plus qu’à regarder sa petite troupe se déplacer. Il lui faut toutefois faire attention à son environnement car les ennemis, comme les pillards ou les brigands, se déplacent en même temps et n’hésitent pas à venir croiser les armes. D’ailleurs, rares sont les voyages où rien ne se passe, puisque les événements ponctuels sont également assez fréquents, comme par exemple le pillage d’un petit village.

Medieval simulator

Bref, il n’y a pas grand-chose à reprocher à ce Mount & Blade : Warband sur le contenu qu’il propose : de nombreuses possibilités, une durée de vie folle ou encore une liberté totale offerte au joueur, à condition qu’il s’accroche pendant quelques heures pour  »rentrer dedans ». C’est plutôt sur l’aspect technique que l’on peut blâmer le travail des équipes de TaleWorlds Entertainment, qui ont exécuté ici un portage clairement fainéant. Et ce problème saute aux yeux dès le départ. Si l’on met de côté les graphismes franchement laids (et qui l’étaient déjà à l’époque de la sortie du titre sur PC), on se rend compte bien vite que l’interface n’a pas été optimisée pour le support console et que de nombreux bugs de collision sont de la partie. Les menus sont lourds, fastidieux et austères, tout comme les phases de dialogues qui proposent de très nombreuses possibilités de réponses. Certains textes, beaucoup trop longs (mais intégralement traduits en français), auraient mérité d’être quelque peu raccourcis, surtout que le titre ne propose aucun doublage (et quasiment aucunes musiques). Mais le plus gênant reste la maniabilité à la manette. Loin d’être exemplaire, elle rend la prise en main durant les affrontements assez délicate, surtout lorsqu’il s’agit de donner des ordres. Pire, certains menus n’ont même pas eu droit à une quelconque adaptation puisque le curseur doit se déplacer à la manière de ce qu’il se fait avec une souris… En terme d’ergonomie et de rapidité, on a déjà vu mieux.

LE VERDICT
GAME OF BLADES
6
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